Comme on atteint à la période de Noël le summum de misère télévisuelle où les programmes donnent envie de passer à l'acte quand on est déjà déprimé, il s'agit de trouver des alternatives.
Au temps des Oz, 24, Six Feet, The Shield et Dexter, la bonne série rose et bleue tout public, pas anxiogène, drôle si possible et obligatoirement légère a terriblement perdu de sa valeur. Pourtant entre deux scènes de torture et pour préserver ce qu’il nous reste de candeur, il serait bon de se revoir un petit Friends où la principale angoisse est de savoir si oui ou non Ross et Rachel finiront ensemble.
Top 5 des bonnes séries-pommade.


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1 - Friends
Ross, Chandler, Joey, Phoebe, Monica et Rachel, la bonne bande de potes inséparables qui vivent dans un monde où l’on ne travaille généralement pas sauf pour les besoins du scénario, où l’on s’aime, on se soutient et on est fidèle (sauf quand on est « on a break »), où rien n’est jamais grave pas même la mort - qui ne touche, comme il se doit, que les personnes âgées.
Une série où les larmes - d'ailleurs versées en cachette - ne sont que de joie : first kiss, mariage ou accouchement... Un monde où chacun, sous l’effet d’un petit coup de blues, a secrètement rêvé de vivre.
Friends : 1994-2004 sur NBC. Rediffusée sur Comedie.

2 - How I Met Your Mother
Le Friends des années 2000. C’est-à-dire un Friends où il serait plus question de baise que d’amour, où les personnages fument et boivent et évoluent dans un pub où les cendriers débordent, et non dans un « coffee house » aseptisé – un peu plus proches de nous somme toute. Mais malgré ce réalisme plus poussé, How I Met... reste une sitcom dénuée de toute angoisse, nourri d’anecdotes, de fêtes, de situations improbables et de conversations entre amis. Que du gentil.
How I Met Your Mother : 2005-… sur CBS. Diffusée en France sur Canal+

3 - Spaced
Ou les débuts de l’équipe infernale de Shaun of the Dead.
Série britannique diffusée sur Channel 4, qui n’a malheureusement duré que deux saisons, Spaced parle de tout et de rien, selon le principe de toute sitcom. Tim, dessinateur de BD jamais publié, et Daisy, journaliste (rarement) publiée dans des magazine minables, se font passer pour un couple pour obtenir un appartement. Entre en scène une belle brochette de losers qui évolue dans un univers geek plein de références cinématographiques, dans des scènes de pendaisons de crémaillère, de partie de paintball ou de concours de robots. Peu stressant.
Spaced : 1999-2001 sur Channel 4

4 - That 70s Show
Joies et peines de l’adolescence dans le monde bariolé des seventies. Ici, les personnages sont des ados avec leurs problèmes d’ados, mais dans une version de l’adolescence dont tout parent rêverait. Conquêtes difficiles voire impossibles, découverte du monde professionnel, contrariétés liées à l’autorité parentale, les personnages sont confrontés à une version atténuée de la dure réalité, empêtrés dans leur timidité et maladresse.
Leurs soucis semblent d’autant plus légers qu’ils sont ceux d’un autre temps, les années 1970, années psychées qui nous semblent désormais dorées.
That 70s Show : 1998-2006 sur Fox. Rediffusé sur NRJ12

5 - Spin City
Le cabinet du maire de New York ne semble a priori pas le lieu idéal pour planter le décor d’une sympathique comédie. Sauf si le maire en question est totalement neuneu et que ses adjoints sont globalement des bons-à-rien. C’était le principe de Spin City, staring Michael J. Fox (remplacé en cours de route par Charlie Sheen), dont l’originalité pour une sitcom est de se passer dans l’univers professionnel.
Comme dans chacune de ces séries, tout le ressort comique repose sur une galerie de personnages très travaillés bourrés de défauts mais jamais profondément mauvais. Moins gentillet tout de même que Friends – univers professionnel oblige – on n’échappe pas à un certain cynisme. Mais il est distillé à très faible dose, juste assez pour se marrer, sans jamais corrompre l’esprit, quand il devrait être en réalité le trait le plus marquant de la toile de fond de la série : la sphère politique. C’est notamment ce décalage qui fait de Spin City une bonne série-pommade.
Spin City : 1996-2002 sur ABC. Rediffusé sur France 4.

En bonus
L’anti-dépresseur old school : Magnum
L’anti-dépresseur en milieu dépressif : Scrubs
L’anti-dépresseur par effet d’opposition : Mariés deux enfants

Vanina Arrighi de Casanova




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