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A la croisée des mondes : la boussole d'or

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On a perdu le nord

Dernier avatar d’une longue série puisant son inspiration dans la littérature Fantasy, A la croisée des mondes a bien du mal à s’imposer. Malgré toute notre volonté et en gardant un esprit naïf, le film de Chris Weitz reste trop mal foutu et schématique.

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C’est pas qu’on se refuse à prendre le train en marche de la Fantasy démocratisée au cinéma depuis la popularisation du numérique, mais faut bien s’avouer que l’inégalité des productions laisse perplexe. Après l’évangéliste Narnia, le djeunz Eragon, le sympathique mais raté Stardust, voici donc A la croisée des mondes, tiré d’une trilogie de Philip Pullman publiée entre 1995 et 2002. Le film de Chris Weitz reprend le premier épisode, inutile d’espérer un dénouement, il faudra attendre la suite. Belle opération marketing où comme d’habitude tout repose sur un univers : ici un monde parallèle où la jeune Tyra, 100% british, part au pôle nord pour délivrer ses copains vilainement enlevés par une faction fascisante bien décidée à les rééduquer et surtout, les libérer de leur daemon, l’animal dont chaque personnage est affublé (une sorte de second moi). Heureusement, sa boussole d’or fait mieux que lui indiquer le chemin ou qu’une boule de cristal, elle dit la vérité. Pratique.

C’est connu, ce genre de littérature bouffe à tous les râteliers et s’en va butiner ses références au chevet des classiques (ici Blake, Milton, selon l’auteur), tout en reprenant leur intrigue sur des canevas éprouvés. Point d’étonnement donc à revivre des pans entiers de l’Histoire avec des figures interchangeables, là des gitans en résistants défenseurs de la démocratie, ici une armée fasciste dont la doctrine se définit par son refus d’ouverture vers d’autres mondes possibles (grâce à la Poussière, un truc cosmique ou mystique qu’on n’a pas tout compris), bref c’est du terrain conquis. Le film lui tente platement d’imposer son univers à coups d’expositions laborieuses et d’avancées narratives limitées à un statut épisodique. Outre le manque d’intensité du bidule (sinon une vague baston entre ours polaires), on s’étonne davantage de la relative laideur de l’image baignant dans une médiocrité visuelle peu inspirée. Pendant ce temps et devant les écrans bleus, les stars défilent chrono à la main : un peu de Daniel Craig , cinq minutes d’Eva Green, et Nicole Kidman, seule aberration du film. Maniérée au possible elle frise d’abord l’autodérision pour finir par insuffler une dimension psychologique faisant vaciller cette cathédrale numérique. On aurait pu aussi parler de Sam Eliott en Flying Marlboro Man, mais à quoi bon ?

A la croisée des mondes : La boussole d’or
De Chris Weitz
Avec Dakota Blue Richard, Daniel Craig , Eva Green, Nicole Kidman, Sam Eliott
Sortie en salles le 5 décembre 2007

Illus. © Metropolitan FilmExport

Jérôme Dittmar