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Année 1992

La main de fer a trouvé son gant de velours

Virtua Fighter 5

Combat - PS3 - Xbox 360 - Sortie en france le 23 mars/26 octobre 2007

La série des Virtua Fighter est connue avant tout pour sa précision chirurgicale. Considéré comme un jeu pour techniciens de la baffe un peu snobs, il bénéficie plus d’un succès d’estime que d’un succès public. Virtua Fighter 5, toutefois, rafraîchit la franchise en se rapprochant des néophytes sans s’éloigner des perfectionnistes. Une courbe d’apprentissage plus douce, des personnages plus flexibles sans bousculer les repères établis. VF5 pourrait bien enfin venir déranger Tekken sur le terrain du pugilat festif.

La quête de l’excellence et de la technicité dans les Virtua Fighter a mené peu à peu éloigné la série du grand public. Une dérive selon certains, un refus de la médiocrité selon les habitués.
Il n’en demeure pas moins qu’à force d’ajuster les timings et étoffer la palette des coups, le jeu aurait fini par ne plaire qu’à un petit groupe de furieux.

Le studio AM2 de Sega a ainsi décidé d’élargir le spectre de sa jouabilité, afin de rendre Virtua Fighter accessible sans niveler le gameplay par le bas. Concrètement, cela signifie qu’ils ont dynamisé des affrontements u demeurant statique par des coups plus agressifs, et réglé le timing des esquives en simplifiant leur exécution. Des ajustements apparemment mineurs mais qui changent radicalement le potentiel de certains personnages.

Les néophytes rentrent ainsi plus facilement dans le système de mindgame, ainsi que dans les phases attaque/défense qui règlent l’intensité des échanges de coups.

Ces modifications ne se retrouvent pas que dans les points de détail. Certains personnages comme Brad Burns l’adepte de Kick Boxing, voient leur combo de base passer de 3 à 5 coups, les puissantes prises de Goh Hinogami le judoka ont plus de portée et sortent plus facilement.
Etant les deux personnages les plus récents, ce sont ceux sur lesquels les changements sont les plus flagrants.

Mais cela se retrouve chez des vétérans comme Lion Rafale, dont le Mantis Kung Fu devient encore plus vicieux. Les joueurs expérimentés apprécieront les réglages, les débutants découvriront un jeu plus flexible et visuellement gratifiant au moindre mouvement exécuté.

Virtua Fighter 5 est en effet visuellement impressionnant. Comme elle semble loin l’époque des combattants en parpaings. Les mouvements mécaniques et fébriles sont aujourd’hui des attaques sèches, des coups qui portent. Les corps se déplacent en harmonie avec le style d’art martial pratiqué. La fluidité des mouvements est telle qu’on a souvent l’impression d’assister à des chorégraphies préenregistrées, tant certaines postures semblent naturelles.
Les deux nouveaux personnages de cet opus, Eileen, et le luchador El Blaze sont des combinaisons subtiles de spectaculaire et de précision.

La rupture avec l’austérité passée se fait vraiment sentir. VF5, ne se contente plus d’être efficace, il se veut maintenant plastiquement audacieux.

Malgré un aspect de viande sous cellophane pour certains personnages, l’effet est bien moins flagrant que sur VF4 où ils luisaient comme des Playmobils huilés.

Les textures des tissus sont précises et les imprimés sont chatoyants, les grains de peau sont fins. On dénote une tendance à porter de la soie chez une bonne partie du casting, mais les effets de brillance tranchent avec d’autres matières mattes.

Il est étrange de constater que la conversion issue de l’arcade est parfaite, au sens propre. La carte Lindbergh sur laquelle tourne VF5 est moins puissante qu’une PS3 ou une 360 et l’on regrette un peu que la transposition ait été aussi littérale, sans améliorations qui auraient utilisé le potentiel des machines.

D’ailleurs, qu’apporte cette version console par rapport à l’arcade ? Tout d’abord un Dojo pour l’entraînement, qui gère de nombreux facteurs paramétrables, mais surtout le mode Quest.

Dans ce mode, on va de salle en salle d’arcade sur une carte pour affronter des adversaires toujours plus forts, en essayant de remporter au passage des tournois et de l’argent virtuel. Ces crédits servent ensuite à acheter des objets bonus pour customiser son combattant fétiche. Si l’on compte les deux costumes supplémentaires déblocables et les 17 personnages, il y a de quoi faire.
C’est un peu jouer à la Barbie avec une poupée de JCVD.

Ceux qui prennent le train des VF en marche n’y prêteront pas attention, mais ceux qui se sont arraché les cheveux dans VF4 Evolution remercieront l’équipe AM2 d’avoir supprimé le gain d’objets rares via des duels aux conditions absurdes.

Le véritable intérêt du mode Quest, c’est qu’il propose une courbe d’apprentissage douce adaptée au joueur. Par rapport aux versions antérieures de ce mode, il est plus facile de trouver un rival précis pour compléter sa liste, et l’éventail des niveaux de joueurs dans chaque salle est plus large. On n’entre pas directement dans la fosse aux lions.

De plus, l’ordinateur "choisit" vos adversaires, en essayant de trouver des joueurs de niveau semblable ou légèrement supérieur, afin de vous tirer vers le haut sans pour autant vous mettre face à un challenge insurmontable.

S’inspirant des RPG, la montée en niveau est plus transparente qu’auparavant, avec une petite jauge qui s’affiche en bas de l’écran avant chaque combat. De même, les duels d’examen pour passer au rang supérieur peuvent se faire avec n’importe quel ennemi vous donnant un quelconque gain d’expérience. C’est autrement moins fastidieux qu’avant.

Globalement assaini, le mode Quest est le véritable outil d’apprentissage de Virtua Fighter 5. Alors qu’il n’était qu’un prétexte aux bons joueurs pour devenir excellents dans les épisodes précédents, il prend enfin les débutants sous sa coupe.

C’est en cela que VF5 se montre plus aimable et moins élitiste. Il ne fait pas que préserver les élites, il s’efforce maintenant de les former en devenant pédagogue.

La durée de vie énorme du jeu se voit sensiblement plus grande sur Xbox 360, dans le sens où elle dispose d’un versus online. Les lags sont parfois présents, provoquant cette damnée demi-seconde de retard qui vous avait déjà rendu fou sur les contres de Dead or Alive 4, mais le plus souvent, le tout a été très bien optimisé et on a la même expérience de jeu que sur un duel offline.

Techniquement toujours aussi rigoureux, graphiquement très réussi, Virtua Fighter 5 est paradoxalement l’épisode de la désinhibition. Cela se retrouve aussi bien dans les nouveaux personnages que dans l’accompagnement des débutants. Virtua Fighter 5 a décidé de s’ouvrir et de démocratiser l’excellence.

Une intention louable qui en fait actuellement le meilleur jeu de combat next gen. Tout simplement.

Virtua Fighter 5
Développeur : Sega-AM2
Editeur : Sega
Sortie en France : PS3/Xbox 360 - 23 mars/26 octobre 2007


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Rémi Vermont - 12 décembre 2007

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