Fluctuat/Arts, culture, société, poil à gratter
• Musique • Cinéma • Livres • Jeux vidéo • Télé • Société • Arts • Scènes • Sortir

> newsletter | blog cinéma | forum cinéma | jeux | concours
dernière mise à jour le 12.02.12 à 14:57
x fermer Inscrivez-vous à la newsletter Flu :
Actu ciné
Films de la semaine
News cinéma
Prochainement
Photos cinéma
Box office
Entretiens
Entretien avec Matt Porterfield
Entretien avec Matt Porterfield
John C. Reilly à Cannes
Entretien avec Pierre Woodman
Jan Kounen et le chamanisme
Entretien avec Frédéric Sojcher
Interviews Cinéma
Critiques
La Désintégration
La vie d'une autre
La Dame de fer
Go Go Tales
La Taupe
Underworld: Nouvelle ère
Recherche bad boys désespérément
Hanezu, l'esprit des montagnes
Les critiques Cinéma
Dossiers
Histoire des vampires
Histoire des vampires
Harry Potter au cinéma
Nouvelle Vague
Histoire du cinéma porno
Festival de Berlin
Dossier Mesrine
Téléchargement de vidéo sur Internet
James Bond
Tous les dossiers Cinéma
Année 1996

La tragédie selon Woody

Woody Allen, tragédien

Du roi de la comédie au prince du tragique

Binoclard, excellant dans le rôle de lanceur de one-liners, Woody Allen s'est rapidement révélé, dès ses premières réalisations en 1966, comme le roi de la comédie intellectuelle, quitte à ne se limiter qu'à cela. En soignant ses répliques comme s'il s'agissait de vannes de stand-up, le cinéaste s'est introduit lui-même dans une boîte à rires trop petite pour y exprimer tous ses talents. L'expérience et le temps l'aidant pourtant à s'en extirper.

1. La tragédie selon Woody
2. Le tragique en images
Tragédie : œuvre théâtrale lyrique dont l'origine remonte au théâtre grec antique.
On l'oppose à la comédie…

La versatilité du comique

Le penchant d'Allen pour la tragédie est perceptible dès les bases de sa filmographie. Passionné par la littérature russe du XIXème siècle, il détournera l'épique Guerre et paix de Tolstoï pour en faire Guerre et amour. Fasciné par Ingmar Bergman (qu'il n'hésite pas à qualifier de génie au détour de dialogues), Allen réalise Comédie érotique d'une nuit d'été, référence à Sourires d'une nuit d'été du cinéaste suédois. En détournant des titres emblématiques d'œuvres reconnues pour leur sérieux et non leur humour, Allen touche déjà du doigt ce talent qu'il n'ose exprimer qu'à grand renfort de scènes burlesques. Preuve en est la course-poursuite surréaliste de Guerre et amour (vidéo 1) entre Allen et la Grande Faucheuse, introduite par un monologue des plus explicites quant à son intention comique ("Il ne faut pas voir la mort comme une fin mais comme un moyen très efficace de limiter ses dépenses"). S'il personnifie la mort déjà omniprésente dans la saga de Tolstoï, c'est pour mieux la tourner en dérision.
Pourtant, il plongera dans un changement de ton radical via des réalisations restant très bergmaniennes. C'est le cas pour Interiors où la nudité des intérieurs matérialise la froideur des sentiments et où les relations des trois sœurs relèvent davantage du règlement de compte que d'une joyeuse réunion de famille. C'est le cas encore pour September, huis-clos psychologique où les relations mère-fille meurtries de Mia Farrow et Elaine Stritch sont directement inspirées du Sonate d'Automne de Bergman.

La mort lui va si bien

Fort de ses récompenses fin seventies pour Annie Hall (Oscar du meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario) et Hannah et ses soeurs (Oscar du meilleur scénario original) dans lequel il ose même une joute verbale libératrice de Mia Farrow envers sa vraie mère, la comédienne Maureen O'Sullivan, Woody Allen s'approprie enfin le ton tragique qui l'obsède avant l'avènement des années 1990. Crimes et délits en sera le fer de lance. L'histoire de cet ophtalmologiste, Judah, ouvrant les yeux sur sa relation adultère (vidéo 2), permet à Allen de mettre son analyse de la psychologie humaine au service d'un scénario à tendance policière. Testant les frontières du Bien et du Mal sur son personnage principal qu'interprète Martin Landau, le réalisateur se détourne du héros névrosé qu'il incarne pour mettre sur le devant de ses scènes un homme de tous les jours basculant progressivement vers l'immoralité pour préserver ses acquis sociaux. La mort y est traitée de façon réaliste loin de la Grande Faucheuse burlesque de ses débuts. En filigrane, se dessine alors un thème souvent tabou de l'univers allenien : la violence. Cette chronique sociale lui permet de l'aborder de front et non de se prêter au jeu vaudevillesque du claquement de porte et du faux revolver sur fond de rires comme c'est le cas dans Meurtre mystérieux à Manhattan et Coups de feu sur Broadway.

Quand le coup d'essai se fait coup de maître

Funambule, Allen semble tanguer sur le fil séparant la comédie de la tragédie et va jusqu'à matérialiser cette dualité en 2004 dans Melinda et Melinda (vidéo 3). Le traitement d'une même intrigue sous l'angle de la comédie et dans le même temps sous celui de la tragédie n'est certes pas novateur et fut même traitée en France dès 1952 par Julien Duvivier dans La fête à Henriette. Cependant, le film, s'il ne se révèle majeur dans la filmographie d'Allen, est du moins représentatif des deux tendances entre lesquelles il ne peut trancher et annonciateur du tournant cinématographique introduit par Match Point (vidéo 4). Proche de Crimes et délits, Match Point retrace l'ascension sociale d'un jeune ambitieux dont la moralité changera de camp pour préserver les apparences. En déménageant ses équipes à Londres, Allen redonne de l'énergie à son cinéma et une force à un film qui se veut une tragédie contemporaine. Comme Martin Landau et Jonathan Rhys-Meyers, Hugh Jackman agira également contre sa morale et en opposition avec son image de successfull man dans Scoop (vidéo 5). Par ses derniers films, Allen impose un nouveau genre de héros tiraillé entre le rôle social qu'il se doit de tenir et les principes moraux qu'il doit conserver. Il quitte la névrose pour parler d'une lâcheté d'obligation et non de nature comme c'était le cas pour le personnage de new-yorkais hypocondriaque qu'il incarnait lui-même. Gardant cette ligne conductrice, il signe avec Le Rêve de Cassandre (vidéo 6) l'aboutissement de cette appropriation réussie de la tragédie : la référence grecque se conjugue au poids des valeurs familiales pour une finalité meurtrière. Seule restriction, comme c'était le cas dans ses précédentes réalisations dites tragiques, le crime existe mais reste hors-champ. Une manière pour Allen de filmer la réalité sans la montrer tout à fait, comme s'il disait la vérité et s'en excusait juste après. Pudeur ou style, d'aucuns y verront une preuve assumée de ce brin de tragédie qui empare le cinéma allenien et s'installe sûrement dans sa mise-en-scène.

A l'heure où Bergman quitte les plateaux, Allen semble ne pas s'en libérer. A défaut de prendre une place, il se crée la sienne, le background de la comédie en guise de bagage pour mieux surprendre dans la tragédie et maîtriser un ton dont il a longtemps douté avoir la légitimité.


- Exprimez-vous sur le forum cinéma
- Lire le fil réalisateur sur le blog cinéma
- Lire les chroniques de Accords et désaccords, Escrocs mais pas trop, Le Sortilège du scorpion de jade, Anything Else, Melinda et Melinda, Match Point, Scoop sur le mag
- Flu old school : un article sur la folie chez Woody Allen

|   Le tragique en images >>>

Suivre @fluctuat
Vanessa Aubert - 07 mai 2008

• Les news d' Écrans, le blog cinéma
Jean Dujardin au Saturday Night Live avec Zooey Deschanel : le frenchie en fait-il trop ? Jean Dujardin au Saturday Night Live avec Zooey Deschanel...
On n'arrête plus Jean Dujardin. Actuellement en pleine...
Steve Carell et Keira Knightley rejouent Les Derniers jours du monde Steve Carell et Keira Knightley rejouent Les Derniers...
Présenté comme une "apocalyptic dramedy", Seeking a Friend for...
Jean Dujardin incarne tous les méchants hollywoodiens pour Funny or Die Jean Dujardin incarne tous les méchants hollywoodiens...
Alors que certains pouvaient encore douter de l'intégration...
Les meilleures casseroles comiques de Natalie Portman Les meilleures casseroles comiques de Natalie Portman
Après une pause liée à la naissance de son premier enfant en...
Jason Bourne sans Jason Bourne : la bande-annonce Jason Bourne sans Jason Bourne : la bande-annonce
Comment faire un épisode de Jason Bourne sans Jason Bourne...
• Diaporamas cinéma

Les scènes de vomis au cinéma

Les pornstars reconverties au cinéma

Les robots au cinéma

Les années Nirvana au cinéma

Star Wars : le tour du monde en affiches

• Nés aujourd'hui
Neal McDonough
Andrew Bryniarski
• Sur le forum Cinéma

musique du film 30 minutes maximumcourt métrage "l'Antre des ombres" Fanfilm...Moviesback > Quizz CinéCascade dans les films françaisComment faire de la figuration ?

• Deal du jour, avec Groupon
> tous les deals
  • J'en profite
• Restez connectés avec Fluctuat
RSS Facebook Twitter iPhone
Newsletter :





cinéma.fluctuat.net
Zoom sur

Natalie Portman
Natalie Portman
Matt Damon
Matt Damon
Robert De Niro
Robert De Niro
Robert Downey Jr
Robert Downey Jr
Terrence Malick
Terrence Malick
Andrew Garfield
Andrew Garfield
Les personnalités du cinema

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9

Afficher par : naissance / nationalité / métier
Dico des films
La Saison des goyaves
La Saison des goyaves
Barb Wire
Barb Wire
A belles dents
A belles dents
Regarde cette chanson
Regarde cette chanson
L'abécédaire des films

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9

Afficher par : genre / nationalité / année
Histoire du cinéma
Histoire du cinéma

- Histoire du cinéma anglais
- Histoire du cinéma de vampires
- Histoire du cinéma japonais
- Histoire du cinéma italien
- Histoire du cinéma coréen



Qui sommes-nous ? | Confidentialité | Mentions légales | Publicité | Partenariats | Presse | Index | index cinéma | Syndication RSS

Plan du site : Musique - Cinéma - Livres - Jeux vidéo - Télé - Société - Arts - Scènes - Sexe - Foot - Sortir - Forum

Fluctuat.net - Tous droits réservés. Un service édité par Doctissimo Network