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Tout amoureux de Jackie Chan sortira de Rush Hour 3 gêné. Son duo avec Chris Tucker n’a jamais été aussi nul et si peu convaincant malgré toute l’auto persuasion déployée par la série depuis le début et qui ici ne fait plus illusion.
C’est triste, encore, de voir à quel point tout ici se force ou s’oblige presque par devoir à dupliquer le patron de la série, sans la remettre en question, alors que pourtant depuis le début ça ne marche pas, ou rarement. On a un peu de peine pour Jackie Chan (dernier héritier de Buster Keaton et Gene Kelly), qui s’épuise dans quelques cascades minables que Ratner ne sait pas filmer (le final sur la tour Effel, immense gâchis), comme toujours, ce qui est un peu le problème. Pour le reste, c’est toujours plus ou moins la même chose, une histoire de triade bidon qui nous mène cette fois à Paris, des courses poursuites quasi ininterrompues (jusqu’à se perdre dans la continuité des scènes), un méchant qui s’avère être le frère de Jackie, et la fille du premier épisode qui se fait de nouveau kidnapper (on croule sous les idées de scénario). Nos compères laissent toujours un bordel inimaginable partout où ils passent, on tente encore de faire croire à leur amitié et leur complicité par-delà les différences culturelles, et les blagues à deux balles, jamais drôles, fusent comme elles peuvent.
Le pire dans Rush Hour 3, c’est pas son rythme exténuant où chaque scène tente de faire oublier la précédente dans un tourbillon d’action et de comédie peu inspiré, ni la pauvreté de ses poursuites à la Rémy Julienne avec ces éternels motards en combi noir, c’est tout ce que Ratner met de français dedans. C’est cette scène affligeante de l’interrogatoire d’un chinois parlant français traduit par une bonne sœur, ou pire que tout, Yvan Attal, qui perdant toute dignité s’égare dans le rôle d’un chauffeur de taxi débile : d’abord anti-américain grotesque et hystérique, il finit par s’y croire à fond et accompagne Chan et Tucker dans leur enquête. Le regard mi-indulgent mi-navré que posent sur lui les deux acteurs en dit long, comme un gros malentendu qui finalement habille la série. A chercher l’excès en se reposant sur une toute petite idée du buddy movie qu’il ne cherche jamais à développer, Rush Hour est devenu une caricature du genre et de lui-même dans ce troisième épisode. Qu’il semble venir d’un autre temps ou qu’il tente de renouer avec l’esprit des grands numéros d’acteurs tout en reposant sur une quasi mécanique industrielle pourrait charmer, mais on est chez Brett Ratner, tout est grossier.
Rush Hour 3
De Brett Ratner
Avec Jackie Chan, Chris Tucker, Yvan Attal, Noémie Lenoir
Sortie en salles le 17 octobre 2007

Illus. © 2007 Metropolitan Filmexport