Les années 80, celles de la fin des idéologies, du fric facile et du règne des apparences, marquent l’entrée de l’art contemporain dans l’ère du business. Toute vision progressiste de l’art disparaît, au profit de la réhabilitation systématique des courants précédents.

Atteignant les cimes du marché, l’art contemporain touche aussi le grand public. L’inauguration en 1977 du Centre Pompidou, dont une bonne partie est vouée à la promotion de l’art contemporain, en est le signe manifeste.

L’histoire de la peinture, le retour
A partir de la fin des années 70, face aux excès intellectuels de l’art conceptuel, on assiste à un retour aux formes traditionnelles de l’art : la « trans-avant-garde » italienne revendique le droit à une « trajectoire nomade » pour les artistes, d’un style à un autre, tandis que la « figuration libre » française (Robert Combas, Ben Vautier, Hervé Di Rosa, Gérard Garouste) et le « néo-expressionnisme » allemand (Anselm Kiefer, Sigmar Polke, Gerhard Richter, Georg Baselitz) ou américain (Jean-Michel Basquiat, Keith Haring) font largement appel à l’histoire de la peinture. En sculpture, des artistes britanniques et américains (Tony Cragg, Barry Flanagan), placent au cœur de leur œuvre la référence à l’objet, tandis que pour d’autres, tel Richard Serra ou Eduardo Chillida, demeure l’importance fondamentale du matériau et de la forme.

L’artiste nomade
Dès lors apparaît l’artiste nomade, libre de toute école et de tout courant, glanant ça et là, dans l’Histoire comme dans les cultures contemporaines, les ingrédients de son œuvre. L’Américain Jeff Koons est sans doute l’artiste emblématique de ces folles années 80 : utilisant d’abord pour ses sculptures les éléments les plus triviaux du quotidien, par exemple des aspirateurs superposés, il se fait connaître par le scandale de ses sculptures pornographiques ou kitschissimes, comme son fameux Puppy. En France, où la création contemporaine est plus réservée, Christian Boltanski fait resurgir dans ses installations, dont il est l’un des pionniers, la mémoire des enfances disparues, et assure, aux côté notamment de Cindy Sherman, l’avènement de la photographie au rang d’« art » contemporain.

illustrations : Jean-Michel Basquiat, Toxic, 1984 ; Jeff Koons,Pink Panther, 1988.

Magali Lesauvage




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