Fictions ou documentaires, les cinéastes espagnols affichent une production abondante depuis la fin des années 1990 jusqu’à aujourd’hui. Comédie burlesque ou fantastique, fresques sociales : plusieurs courants sont représentés.

Dans la lignée de Pedro Almodóvar, le cinéma espagnol trouve un indéniable regain de vitalité.
Plusieurs cinéastes font leur apparition, avec des univers qui témoignent de la richesse des inspirations et des sujets. Alex de la Iglesia joue la carte de la comédie burlesque, Alejandro Amenábar celle du fantastique. D’origine chilienne, Amenábar arrive à Madrid à l’adolescence. Son premier film, Tesis, est salué par le public et la critique en 1996, puis vient Ouvre les yeux, sorti en 1998 avec Edouardo Noriega et Penelope Cruz, adapté à Hollywood par Cameron Crowe (Vanilla Sky) avec Tom Cruise, aux côté de Penelope qui reprend son rôle. Pendant ce temps il tourne en anglais : son film Les Autres, avec Nicole Kidman, connaît un succès international (2001). Il creuse à sa façon un sillon à succès dans les années 1970 et signe un film plus personnel et émouvant sur l’euthanasie, Mar adentro.
Des réalisateurs comme León de Aranoa ou Achero Manas se penchent quant à eux davantage sur les problèmes sociaux : violence, chômage… Julio Medem signe Tierra (1995), Lucia y el sexo (2000) qui se font aussi connaître hors des frontières.
Comme Almodóvar est le porte-flambeau de la madrilène, Bigas Luna (de son vrai nom Juan José Bigas Luna), lui, s’illustre comme le représentant de l’avant-garde barcelonaise. Ses principaux films : Jamon jamon (1992), Macho (1993), Le téton et la lune (1994).
Certains acteurs connaissent aussi une carrière brillante hors d’Espagne : c’est le cas de Javier Bardem ou d'Eduardo Noriega.
De cinquante films par an dans les années 1980, la production a atteint 150 films en 2006, dont une quarantaine de documentaires.

Illus.1 : Affiche de Jamon Jamon, de Bigas Luna (détail)
Illus.2 : Lucia y el sexo, Julio Medem

Nedjma Van Egmond


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