| . | Entretien avec Patrick Huard |
| . | Entretien avec Rémi Bezançon |
| . | Entretien avec Albert Serra |
| . | Entretien avec Rachida Brakni |
| . | Entretien avec George Clooney |
| . | Toutes les interviews ciné |
| . | Le Silence de Lorna |
| . | Be Happy |
| . | Rien que pour vos cheveux |
| . | Star Wars: The Clone Wars |
| . | Un mari de trop |
| . | Toutes les critiques ciné |
| . | Les films de l'été |
| . | Palmarès Cannes |
| . | Histoire du cinéma mexicain |
| . | Super héros et cinéma |
| . | Cinéma et Rock'n'roll |
| . | Tous les dossiers ciné |



Peut-on en vouloir à Sidney Lumet de nous faire un film aussi fatigué ? Non. Avec un scénario plombé, il parvient tout de même à arracher quelques instants de bravoure à ses acteurs. Maigre butin.
Alors qu’ils affrontent de graves problèmes de finance, deux frères décident de s’associer pour braquer la bijouterie familiale, tenue par leur vieille maman. Le grand frère intelligent confie la lourde tâche au petit frère stressé et limite neuneu, qui fait bien évidemment tout foirer. Une fois leur maman morte, les deux frères font ce qu’ils peuvent pour enterrer cette affaire, alors que leur père veut mener l’enquête.
Dans le genre film de hold up qui tourne mal, on aura vu mieux. On n’a qu’à penser à L'ultime razzia de Stanley Kubrick pour envisager à quel point ce genre de film peut s’ouvrir à des effets de mise en scène virtuose déclinant le système du compte à rebours, ou sur une lecture humaniste ou même moraliste. Rien de tout cela dans le 7h58 ce samedi-là, film flemmard de hold up raté. Et pourtant, des effets de mise en scène il voudrait y avoir, puisque le vieux et grand Sidney Lumet nous gratifie d’une construction en flash backs, fragmentant d’autant la résolution peu mystérieuse de son intrigue. Passées les vingt premières minutes, on se demande en effet l’intérêt d’une telle construction, puisque bien peu de mystère plane sur ce scénario mou. On voit bien par contre la tentative moraliste appuyée, du type « le crime ne paie pas », ou encore « une famille désunie conduit immanquablement à la faillite de chacun de ses membres ».
Devant la platitude de l’intrigue et la lenteur, certes appliquée, mais légèrement chlorophormisante de la mise en scène, le spectateur se raccroche tout de même à quelques branches. Les talents d’architecte d’intérieur mis à l’œuvre dans un sublime appartement où le grand frère retrouve son dealer. La plastique parfaite d’une Marisa Tomei bien rare au cinéma et bien inutilement et constamment dénudée ici. Ou encore des numéros d’acteurs aux limites du one-man show à Broadway, mais tout de même impressionnant : Ethan Hawke en idiot du village hystérique mérite son ticket pour Cube 3, le très bon Albert Finney joue parfaitement au père vengeur et l’immense Philip Seymour Hoffman rajoute un rôle de fou brillant et torturé à sa palette. Cela ne fait pas un film, mais comme chacun a droit à « sa » scène, on retrouve par brefs instants des éclats de la grandeur passée de Sidney Lumet. Un film pour les nostalgiques, en somme.
7h58 ce samedi-là
De Sidney Lumet
Avec Philip Seymour Hoffman, Ethan Hawke, Albert Finney , Marisa Tomei
Sortie en salles le 26 septembre 2007

Illus. © UGC Ph