A la fin des années 1950, le régime franquiste réduit en partie la censure et ouvre le cinéma national à des capitaux étrangers. Européens et Américains multiplient les tournages en Espagne. Pourtant, les spectateurs espagnols n’ont pas droit aux versions intégrales des œuvres, mais à des versions édulcorées.

Le nouveau directeur de la cinématographie appuie un courant néoréaliste, à ses risques et périls. Quelques films commerciaux connaissent le succès à l’étranger. A la fin des années 1950, Franco assouplit la censure et ouvre la voie à des coproductions avec des compagnies étrangères. Allemands, Italiens, Américains investissent le territoire pour des tournages de peplums et westerns spaghettis. L’Espagne leur fournit décor et main d’œuvre.
Créée par un Français mais vivant grâce à des capitaux et du personnel local, la société Eurociné donne naissance à des produits à bas coût mais à l’apport important, type séries Z, porno-soft, films d’horreur. Le marché français a droit aux versions intégrales, les Espagnols découvrent des versions plus softs, qui ne risquent pas de heurter la morale et surtout pas la censure franquiste : exit le sexe, exit la violence.

Parallèlement à ce cinéma commercial, quelques auteurs apparaissent. Le nouveau cinéma espagnol voit le jour. Carlos Saura émerge à la fin des années 1950, s’inscrivant dans une certaine tradition néoréaliste. Son premier film, Los golfos, applaudi au festival de Cannes, ne sortira en Espagne qu'en 1963.
Exilé au Mexique puis en en France, Luis Buñuel revient pourtant en Espagne, après 24 ans d’absence, pour y tourner Viridiana. Un événement ! Le film, qui obtient la palme d’or à Cannes en 1961 – ex æquo avec Une aussi longue absence - est pourtant interdit dans son pays jusqu’en 1977, deux ans après la mort de Franco.
Le réalisteur Victor Erice critique l’Espagne franquiste avec L’Esprit de la ruche (1973). Manuel Gutiérrez Aragon commence à percer. La fin de la dictature pointe le bout de son nez.

Illus.1 : Le Sadique baron Von Klaus, Jésus Franco (1962)
Illus.2 : L'Esprit de la ruche, Victor Erice (1973)

Nedjma Van Egmond


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