Focus sur les temps forts du Festival TEMPS D'IMAGES 2007
Pour offrir des rendez-vous ludiques et susciter des rencontres inédites, ARTE et La Ferme du Buisson, scène nationale de Marne-la-Vallée, ont conçu TEMPS D'IMAGES afin de permettre aux publics d’être confrontés à des œuvres d’artistes émergents. Focus détaillé sur le programme foisonnant de cette édition 2007.
Offrir l’accès à la création contemporaine, de façon originale, est le credo de ces deux structures, qui avec le festival TEMPS D'IMAGES ont noué des fidélités avec des créateurs, des diffuseurs et des spectateurs partout en Europe. La vocation de TEMPS D'IMAGES est en effet de présenter aux publics la vitalité et le bouillonnement des arts de l'image et des arts de la scène, en provoquant des rencontres inédites entre les spectateurs et les artistes. En 2007, l’édition de TEMPS D'IMAGES à la Ferme du Buisson proposera de nouveaux rendez-vous inattendus, de ceux qui ont fait la renommée de la manifestation : spectacles vivants, chantiers, sortes de work in progress, projection de films, installations, sans oublier la Nuit curieuse. Sélection des temps forts de cette 6e édition.
Spectacles : incontournables images
Depuis toujours, Fanny Bouyagui bidouille ce que l’on appelle le multimédia. DJ, VJ installations, parcours individuels, brocantes d’œuvres réalisées en direct, défilés de mode : tout, elle a tout essayé. Mais toujours la tient au ventre le besoin de témoigner, de dénoncer. Cette fois encore, avec ce deuxième volet de Violences commerciales, elle s’attaque à l’impérialisme ambiant de l’image et de la violence qu’elle impose à la représentation de soi-même. Ce « conte moderne et électro », en prise directe avec la société, est une création pour TEMPS D'IMAGES.
Autre phénomène, aussi redoutable que les dictats du marketing, la « réalité virtuelle » ; celle que l’on trouve de plus en plus développée dans les jeux en ligne, celle qui fait croire à certains que mourir n’est rien, puisqu’à tout coup, on se relève… De récents comportements irresponsables d’adolescents prouvent qu’il ne s’agit pas là que d’une caricature, mais qu’en est-il pour les adultes ? Dans Comme Nancy aurait souhaité que tout ceci ne fût qu’un poisson d’avril..., le Libanais Rabih Mroué s’empare de cette pirouette technologique pour mettre en lumière la situation de son pays, déchiré par les conflits depuis les années 70. Au Liban, ce spectacle a failli être censuré et ne jamais voir le jour.
Autre réflexion sur la place de l’image dans le quotidien, KOD (Kiss of death) est l’occasion pour la chorégraphe belge Isabella Soupart (www) à la fois de dénoncer la chasse au sensationnel et de creuser la relation de l’interprète avec son image projetée. Le meurtre initial dans Hamlet lui sert de prétexte, de terrain pour explorer la folie de la schizophrénie et la machine du scoop dont s’abreuvent les paparazzi : « No picture ! ».

Chantiers : des « jams » sessions d'artistes
Depuis sa création, TEMPS D'IMAGES a souhaité offrir la possibilité à des artistes de se rencontrer librement, sans obligation de résultat. Des sortes de « bœuf », avec moyens techniques et accueil ad hoc à la Ferme du Buisson. De là naissent parfois des collaborations, parfois des amitiés, des inspirations : l’art est fait de rencontres.
Parmi les divers « couples » formés cette fois pour l’occasion, ceux de Birdy Nam Nam et Zur, et de Paulo Furtado, Joao Louro et Juliao Sarmento risquent de décoiffer. Le groupe ZUR (Zone Utopiquement Reconstituée ; www) est passé plusieurs fois au festival (lire notre compte-rendu de ZZZZZ présenté à la Ferme du Buisson en 2003) et excelle dans le collage-mixage-bouturage multimédia, mélangeant projections, jeu, installation, etc. La rencontre avec les DJ de Birdy Nam Nam (www) sera l’occasion de confronter les expériences, à base de matériaux différents.
Mélange également de sons et d’images pour le guitariste portugais Paulo Furtado et les plasticiens Juliao Sarmento et Joao Louro. Leurs univers étranges, fascinés par le flux omniprésent des images, renverront aux projections dont le musicien abreuve régulièrement ses spectateurs lors de ses concerts avec le groupe Wraygun.

Inattendus : la Nuit curieuse et la « Guérilla urbaine »
L’art sous un angle inattendu : dans la nuit, sur une table de massage ou sur une chaise de coiffeur … C’est tout cela qu’offrent les rendez-vous de la Nuit curieuse, où seront également présentés des spectacles et des chantiers, ainsi que des installations in situ de l'exposition « Guérilla urbaine ».
Cette exposition sera visible tout au long du festival. Régine Debatty , la commissaire de « Guérilla urbaine » - qui est par ailleurs éditrice du célèbre blog We make money not art (www) - , a souhaité rendre aux artistes les espaces habituellement occupés dans la ville par les publicités. Tigre galopant dans les rues, faune nocturne lâchée dans la cité, bulles messages apparaissant aux fenêtres, tout est bon aux créateurs pour réenchanter le réel.
Et en la matière, la Nuit curieuse ne lésine pas sur les moyens puisque ce sont carrément des « expériences de bien-être individuel » qui seront proposées, tout au long de cette nuit du 19 octobre. Eh oui, les expériences artistiques vues depuis un fauteuil de théâtre ou après une séance de massage thai, ce n’est pas tout à fait la même chose… Ah ! si tous les établissements culturels pouvaient systématiser ce service (au) public !

TEMPS D'IMAGES
Du 12 au 21 octobre 2007 à la Ferme du Buisson, scène nationale de Marne-la-Vallée, à Noisiel
Illustrations :
- Portrait de Paulo Furtado. Photo DR
- 1. kod d'Isabelle Soupart Photo © Sarah Van Marcke @ Outlandish
- 2. Dj set du collectif Birdy Nam Nam. Photo DR
- 3. Installation du collectif Guerilla urbaine. Photo © Frank Pichel
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