Les élections municipales approchant, Facebook qui n'est pas encore très politique en France, ou l'est parfois avec fantaisie, devrait voir candidats et militants investir le réseau plus activement…
Pour les municipales de 2008, Bertrand Delanoë dispose, malgré un groupe d'opposants assez actifs, d'une longueur d'avance avec le groupe de soutien qu'il a créé et des comités dans chaque arrondissement, ainsi que de nombreux groupes d'amateurs du Vélib' (1717 membres pour Vélib' attitude). Les Verts ont également un groupe pour les élections dans la capitale. Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, utilise Facebook et répond personnellement à ses contacts. A Bordeaux, un groupe a été créé par le PS pour couvrir l'actualité des municipales.
Les réseaux sociaux ne sont pas encore un intense lieu de débats pour les prochaines élections, mais au vu du buzz généré par le phénomène et de la façon dont ces sites sont devenus incontournables outre-Atlantique, cela ne saurait tarder.
En Grande-Bretagne les Libéraux Démocrates préparent un programme électoral de troisième voie enrichi des contributions postées sur le profil du député Steve Webb. Ce dernier a invité ses 1900 amis à donner leur avis sur les politiques à mener outre-Manche : « Si vous pouviez ajouter un élément au manifeste des Lib Dems, lequel choisiriez-vous ? ».
The Brice Hortefeux appreciation society
La communication politique en ligne s'avère être un univers aussi impitoyable qu'hors ligne : le QG de John Edwards a été vandalisé par des opposants dans Second Life et celui du Front National bombardé de cochons roses. D'innombrables vidéos sont postées par des détracteurs sur YouTube ou Dailymotion (l'épisode des 35 heures pour les professeurs avait coûté cher à Ségolène Royal), et les ennemis se réunissent sur Facebook avec autant d'ardeur que les amis, en témoignent les 397 425 membres du groupe One Million Strong Against Hillary.
Le réseau social accueille aussi les fantaisies, plus ou moins amusantes, des internautes. Ainsi les groupes politiques ne sont pas toujours très sérieux : Ségolène Royal is fucking hot, Mieux vaut Knut l'ourson que Ségolène Royal, Pour la reconversion de Nicolas Sarkozy en convoyeur de pompes funèbres, the Brice Hortefeux appreciation society (ironique ?) ou le Mouvement Révolutionnaire d'Unité Chiraquienne…
Certains sont, plus gravement mais inéluctablement, le fait d'extrêmistes et posent problème, à l'image de ce groupe anti-Islam.
Le site peut aussi être à l'origine de mésaventures comme celle qu'a connu Rudolph Giuliani le jour où sa fille Caroline a rejoint le groupe de soutien à Barack Obama. Information pas dramatique en soi mais immédiatement connue des membres du groupe qui l'ont relayée avec plaisir. L'ancien maire de New York avait réagi en disant respecter la vie privée de ses enfants avant tout.
Le reporter américain Ben Smith, qui suit la campagne démocrate, explique par ailleurs comment l'usage généralisé de Facebook peut nuire au secret des sources : il est ainsi possible de consulter les listes d'amis de journalistes ou de membres des équipes de campagnes pour identifier les "entourages", les "sources proches" qui divulguent un certain nombre d'informations et pourraient ne plus le faire par crainte de représailles.