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USA : le boom Obama

Social networking aux États-Unis


USA : le boom Obama


Le militantisme en ligne a outre-Atlantique une longueur d'avance : de l'association MoveOn dès 1998 à la campagne de Richard Dean en 2004, l'Oncle Sam innove en matière de politique participative sur Internet. Les réseaux sociaux permettent de franchir une nouvelle étape, vers plus de démocratie ou de communication, c'est selon, illustrée par le boom d'Obama sur Facebook.

Le Personal Democracy Forum, sur techPresident.com, mesure le soutien aux différents candidats à l'investiture pour l'élection présidentielle américaine de 2008 sur Facebook (via l'application US Politics), MySpace, YouTube et Technorati. Selon Andrew Rasiej, fondateur du site, les conversations sur la politique qui avaient lieu autour de la machine à café sont aujourd'hui boostées par les réseaux sociaux, à la fois chambres d'écho et porte-voix efficaces de l'opinion.


Le soutien aux candidats démocrates sur Facebook


Le soutien aux candidats républicains sur Facebook

Un sondage réalisé par le Global Market Insite auprès d'un échantillon représentatif de 2116 Américains a récemment montré que 17% d'entre eux, et 39% des 18-24 ans, ont consulté le profil d'un candidat sur un réseau social, notant que 62% de ces visiteurs ont plus de 30 ans. Cette étude met donc à mal deux idées préconçues : les jeunes internautes ne seraient pas intéressés par la politique et ils seraient les seuls à surfer sur Facebook ou MySpace. Concernant l'intérêt de la présence des candidats sur ces réseaux, 64% des sondés déclarent avoir l'impression de mieux connaître leur personnalité après avoir surfé sur leurs pages.
Stephanie Taylor, responsable éditoriale de Democrats.org et membre de l'équipe d'Howard Dean sur Facebook explique comment le profil du candidat permet de toucher la population universitaire notamment, difficile à atteindre via le marketing politique traditionnel. L'objectif est de construire une communauté autour d'intérêts communs et de valeurs partagées, puis d'organiser l'action politique, selon des méthodes qui vont évoluer à mesure que se développent les réseaux sociaux eux-mêmes.


One Million Strong for Barack

Ce sont sur les groupes créés par les internautes, plus de 500 pour Barack Obama comme pour Hillary Clinton, que l'on trouve le plus grand nombre de supporters. Le succès de certains est assez édifiant. Le jour de l'annonce de la candidature d'Obama à l'investiture, Farouk Olu Aregbe, étudiant de 26 ans, se connecte sur Facebook et crée le groupe One Million Strong for Barack. Cent personnes le rejoignent dans l'heure, 10 000 en moins de cinq jours, et 200 000 au bout de trois semaines. Ils sont aujourd'hui 343 419 membres.
Un autre groupe très important soutient le sénateur de l'Illinois : Students for Barack Obama, créé par Meredith Segal, 21 ans, en 2006. Devenu un organe politique structuré, il compte des dizaines de milliers de membres, des comités dans plus de 80 universités, un directeur des opérations de terrain, un directeur Internet, un directeur de l'équipe de bloggers et un directeur des finances. « Les jeunes sont sur Internet, c'est comme cela qu'on s'organise », déclare l'étudiante. Le groupe organise des manifestations qui réunissent plusieurs milliers de sympathisants, et auxquelles participe parfois Obama lui-même.
Les supporters postent des photos du candidat sur leur profil, mettent des liens vers les dernières informations de campagne, réagissent aux actualités et participent à des discussions qui se poursuivent 24 heures sur 24.


The Facebook Effect

Joe Trippi, fer de lance de l'e-campagne d'Howard Dean en 2004, est convaincu de la puissance des réseaux sociaux comme outil politique : "Il nous a fallu six mois pour créer une mailing-list de 139 000 personnes", quand 15 jours suffisent à leur rassemblement spontané sur Facebook. De plus, un post sur le "wall" d'un politicien (un module qui affiche sur le profil les derniers messages laissées par ses amis) est bien plus efficace qu'un email. Cela manifeste publiquement une opinion, qui est directement attachée à celui qui l'exprime. Et comble de la viralité, le message peut être communiqué simultanément à tous les contacts du réseau. Les nouvelles applications qui seront développées pour Facebook pourront améliorer et rendre plus dynamique l'interaction une personnalité politique et ses groupes de soutien.
Peter Levine, directeur adjoint du Center for Information and Research on Civic Learning and Engagement, prédit "the Facebook Effect" : « Tous les experts guettaient le premier candidat qui transformerait l'essai sur les réseaux sociaux. Le message d'Obama est attractif pour une certaine catégorie de jeunes gens. Il dit : "VOUS avez un rôle à jouer", et il y a un véritable appétit pour ce genre de messages », explique-t-il.
Un rôle que peuvent aussi jouer les groupes de pression, dont l'action trouve tout à fait sa place sur les réseaux sociaux comme Facebook. L'objectif est alors d'influer sur l'agenda politique, particulièrement en période de campagne.

En ce qui concerne la récolte de fonds, le Facebook Effect est moins flagrant. L'utilisation de Causes et Change.org, des applications tierces qui invitent ceux qui les rejoignent (de la même manière que les groupes) à donner de l'argent, ont permis à Barack Obama de récolter quelques malheureuses centaines de dollars. Les internautes seraient-ils radins ? Peu enclins en tout cas à ouvrir leur porte-monnaie pour les causes qu'ils soutiennent, comme en témoignent les faibles sommes récoltées par les associations les plus populaires telles Save Darfur.


Campagne 1.5 sur YouTube et MySpace

Sur le site du candidat démocrate John Edwards, une page est dédiée au social networking, avec des liens vers 23 réseaux différents. Tous ne présentent pas le même intérêt, et le web 2.0 n'est pas toujours synonyme d'une folle interactivité.

Le premier évènement de la campagne présidentielle américaine sur le web était l'organisation par CNN et YouTube de débats où une trentaine d'internautes ont pu poser des questions, sélectionnées par la chaîne d'information, aux candidats à l'investiture démocrate. L'interactivité n'était malheureusement pas vraiment au rendez-vous, avec l'impossibilité de rebondir sur les réponses et un discours toujours très formaté, une innovation technologique qui n'a donc pas tiré parti du caractère social de la plate-forme de partage de vidéos.
MTV et MySpace se sont associés pour une initiative similaire : un "dialogue présidentiel" en direct entre un candidat, filmé sur un campus universitaire, et de jeunes internautes. Ceux-ci pourront évaluer la performance des intervenants au moyen de sondages en temps réel, un petit plus sans grand intérêt. Les questions seront également filtrées par un groupe d’experts. John Edwards inaugurera la formule le 27 septembre prochain.
Ces opérations fleurent bon la récupération par les médias traditionnels, la télévision en l'occurrence, d'un phénomène qui risque d'éroder leur audience.

Jordan Ricker

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