Télévision présente en masse dans les foyers italiens, fermetures de salles, baisse drastique de la production, le cinéma italien connaît une crise violente dans les années 1980. Pourtant à la fin de cette décennie, et au début des années 1990, plusieurs réalisateurs émergent. Nanni Moretti, puis plus tard, Gianni Amelio et Mimmo Calopresti, avec des univers forts et singuliers, et des carrières menée hors des frontières donnent des raisons d’espérer…

Fermetures de salles, explosion de la télévision, chute drastique de la production : le septième art italien est dans la tourmente dans les années 1980. L’actrice Léa Massari clamait, voilà quelques années, évoquant cette crise : « La cause c’est la télévision et la paresse, ce n’est pas Berlusconi ».

Pourtant, la décennie coïncide avec la découverte de nombre de réalisateurs possédant un univers fort qui leur est propre. Ils n’ont pas vraiment de traits communs. Giuseppe Tornatore nostalgise sur une époque révolue dans Cinéma Paradiso (1989). Nanni Moretti mêle observation des problèmes sociaux et politiques à l’exploration de ses angoisses existentielles métaphysiques. La messe est finie (1985), Palombella rossa (1989), Journal intime (1994) ou La Chambre du fils, palme d’or à Cannes (2001) comptent parmi ses chefs d’oeuvre. Le Caïman (2006) est une charge virulente contre Berlusconi. Chez Roberto Benigni, poésie mélancolique, burlesque et tragi-comédie se mêlent, comme dans La vie est belle (1997), qui lui vaudra sa reconnaissance internationale.

La fin des années 1990 et le début des années 2000 voient l’émergence d’une toute nouvelle génération porteuse d’un héritage mais désireuse d’indépendance. Francesca et Cristina Comencini (filles de Luigi), Mimmo Calopresti, Emmanuele Capriese, Gianni Amelio, Michele Soavi, Kim Rossi Stuart. Chacun oeuvrant dans un genre particulier : comédie ou polar, cinéma d’auteur intimiste ou continuation du néoréalisme. Avec Le Sourire de ma mère puis Le Metteur en scène de mariages tout récemment, Marco Bellochio aussi a signé de beaux films, après des œuvres moins inspirées. Il est largement permis à présent d’espérer en ce renouveau…

Illus.1 : Cinema Paradiso, Giuseppe Tornatore
Illus.2 : La Vie est belle, Roberto Begnini
Illus.3 : Le Caïman, Nanni Moretti (© Bac Films)

Nedjma Van Egmond




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