Comédie de mœurs tout autant que satire sociale, la comédie à l’italienne, fleuron du cinéma transalpin, apparaît dans la foulée d’un néoréalisme plutôt sombre. Plusieurs acteurs sont indissociables de ce genre-là, de Nino Manfredi à Vittoria Gasmann, de Toto à Alberto Sordi.

En réaction à un néoréalisme plutôt teinté de noir, apparaît ce que certains ont qualifié de « néoréalisme rose », un peu moins sombre, suivi de la « comédie à l’italienne ». Un terme qui ne faisait pas l’unanimité chez les metteurs en scène. Dino Risi s’interrogeait ainsi : « Pourquoi s’obstiner à dire comédie à l’italienne ? Les comédies faites en Amérique ne sont pas appelées à l’américaine ! »
Le genre, proche de la comédie de mœurs et indissociable de la satire sociale, marche sur les traces de la commedia dell’arte théâtrale, et n’hésite pas à faire exploser les frontières du bon goût ! Parmi les premiers à relire la réalité italienne à travers le filtre de l’humour, Renato Castellani et son Deux sous d’espoir, palme d’or à Cannes (1952).

Le genre se développe dans les années 1950 et 60 et poursuit sa mue dans les années 1970. On critique les mutations de la société, et le boom économique qui laissera place au désenchantement, on dézingue gentiment la petite et moyenne bourgeoisie, mais toujours avec humour. Plusieurs acteurs sont emblématiques de ce courant : Toto d’abord. Il incarne souvent l’Italien moyen, confronté au chômage, à la misère. Toto fait l’objet d’un hommage au festival de Cannes en 1966, avant de mourir d’une crise cardiaque l’année suivante. Autres figures, Alberto Sordi, Vittorio Gassman dans Le fanfaron (1962) et Les monstres (1963) puis Nino Manfredi et Ugo Tognazzi, tour à tour bouffons ou hâbleurs.

Côté réalisateurs, citons Mario Monicelli, créateur du Pigeon (1958), qui conte les frasques de losers pathétiques mais attachants, et Vittorio De Sica. Ou encore Luigi Comencini et Dino Risi. On doit au premier Pain, amour et fantaisie (1953) puis Pain, amour et jalousie (1954). Le second lui emboîte le pas avec Pain, amour, ainsi soit-il (1955). Vient ensuite Ettore Scola, d’abord scénariste puis réalisateur, qui s’illustre dans les années 1970. Parmi ses films : culte Nous nous sommes tant aimés (1974) et Affreux, sales et méchants (1976).
Dans les années 1980, les films de Fellini, Ginger et Fred et de Marco Ferreri I love you marquent la fin de la comédie à l’italienne.

Illus.1 : Le Fanfaron, Dino Risi (1962)
Illus.2 : Nous nous sommes tant aimés, Ettore Scola (1974)
Illus.3 : Pain, amour et fantaisie, Luigi Comencini (1953)

Nedjma Van Egmond




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