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Petite histoire du cinéma italien (3/7)
Au sortir de la guerre, la trilogie de Roberto Rossellini (Remake, Rome ville ouverte, Paisà et Allemagne année zéro) marque la naissance du néoréalisme, forme emblématique du cinéma italien, marqué par un retour au réel, tant dans le choix des sujets, que des cadres et des acteurs.
Source inépuisable d’inspiration, les difficultés économiques et morales du pays. Outre la récurrence des sujets, parmi les constantes de ce courant : décors naturels, acteurs souvent non-professionnels et caméra à l’épaule.
Le sillon continue d’être creusé dans les années 1950, et ce cinéma qu’on a parfois qualifié de social est aussi un miroir. Les points communs des films néoréalistes sont tant liés au fond qu’à la forme. En se libérant de la guerre, l’Italie et ses cinéastes se libèrent aussi des conventions et contraintes narratives. Les réalisateurs néoréalistes inventent un nouveau langage : la représentation de la réalité prime sur la structure dramatique du film. Au montage forcené, ils préfèrent les plans-séquences et affichent une fibre presque documentaire. Il s’agit d’évoquer la vraie vie, parfois même en utilisant des gens de la rue plutôt que des acteurs professionnels.
Michelangelo Antonioni transforme le récit en actions désarticulées, il explore les temps morts du quotidien. Première grande œuvre, Chronique d’un amour, suivie de L'avventura (1958), L'éclipse ou La notte (1961). Filmant souvent sa femme et égérie Monica Vitti, il montre un monde moderne fait de solitude et d’incommunicabilité et aux thèmes sociaux et politiques, préfère les sentiments et les images.
Plus difficilement classable, et protéiforme, Pier Paolo Pasolini. Accatone (1961) semble appartenir au mouvement néoréaliste, tout comme Théorème (1968), œuvre phare. Il a souvent privilégié ce qu’il appelait « le cinéma de poésie » et le discours indirect libre.

Illus.1 : L'avventura, Michelangelo Antonioni (1958)
Illus.2 : Le voleur de bicyclette, Vittorio De Sica (1948)
Illus.3 : Rome, ville ouverte, Roberto Rossellini (1945)
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