Assurément, Cinécittà, créé pour concurrencer Hollywood, joue un rôle considérable dans le développement du cinéma italien. Les studios mythiques, qui ont soufflé récemment leurs 70 bougies, doivent leur naissance au régime fasciste, soucieux de favoriser la culture populaire.

Le régime fasciste décide de favoriser la culture populaire et notamment le cinéma.
C’est dans ce contexte que naît Cinécittà en 1937. Dans la campagne du sud-est de Rome, surgissent, au milieu de nulle part, les studios mythiques dont Federico Fellini dira plus tard : « La première fois que j’ai entendu ce nom, Cinecittà, j’ai compris que c’est la ville où j’aurais voulu habiter, et qu’elle aurait fait partie de ma vie. Pour moi c’était l’endroit idéal, le vide cosmique avant le Big Bang. »
Leur inauguration a lieu le 28 avril 1937. On y trouve une école de cinéma, des locaux techniques et de décors… C’est là que, tout au long de ces 70 dernières années, près d’un millier de films italiens et internationaux ont été tournés et continuent de l’être : Ben-Hur (1959), La Dolce vita (1960), E la nave va (1983)… L’âge d’or se situe dans les années 1950 où plusieurs réalisateurs américains viennent investir les lieux.

Sous la houlette du fils du Duce, une compagnie réunit plusieurs artistes italiens, auteurs, réalisateurs, dont certains sont des opposants politiques. Parmi eux Federico Fellini et Roberto Rossellini, qui va s’illustrer brillamment dans la décennie suivante.
Après l’âge d’or, jusqu’aux années 1970, le site connaît des années douloureuses, avec une baisse drastique de la production. Il faudra attendre les années 1990 pour qu’il retrouve de son faste. En août 2007, une partie du site a été ravagée par un incendie : 4000 mètres carrés sont alors partis en fumée.
L’année 1937 marque aussi le début d’une brève période (jusqu’au début des années 1940) qui consacrera la mode des « téléphones blancs » ou telefoni bianchi, un terme péjoratif pour désigner des films à l’eau de rose, marqués par la présence quasi-systématique de ces objets - signes d’un certain luxe souvent dans de grands appartements - dans les scènes tournées.

Illus.1 : Quattro passi fra le nuvole, de Alessandro Blasetti (1942)

Nedjma Van Egmond




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