Jean-Louis Borloo a dû remplacer au pied levé Alain Juppé, qui avait réussi à s'imposer comme un interlocuteur valable.
A lui d'assurer le Grenelle de l'environnement, que certains résument déjà à un simple coup de communication.
Le départ d'Alain Juppé à l'issue des législatives a fait perdre en crédibilité le dynamisme du gouvernement en matière écologique. Associatifs, spécialistes et politiques s'accordent à dire, plus ou moins ouvertement, que le maire de Bordeaux était le seul à concilier une grande expérience des rouages de l'appareil d'Etat et une stature internationale, deux qualités essentielles pour mener une politique qui tient aussi bien à l'énergie qu'aux transports et évidemment à la coopération internationale.
Jean-Louis Borloo a frappé un coup symbolique en indiquant qu'il demanderait à l'Académie française de rédiger une charte des droits de l'homme et du développement durable.
Il lui incombe surtout d'assurer le processus communément baptisé Grenelle de l'environnement. Il est aidé dans sa tache par Nathalie Kosciusko-Morizet, une des rares à droite à bien maîtriser la question, et qui a indiqué que le rendez-vous pourrait accoucher de profonds changements, y compris fiscaux. " Alors que l'on veut plus de travail et moins de pollution, on taxe lourdement le premier et relativement légèrement la seconde. Le Grenelle de l'environnement devra faire émerger des solutions à ce sujet ", a t-elle préconisé.
Six groupes de travail et autant de missions ont donc été mis en place : lutter contre les changements climatiques et maîtriser l'énergie ; préserver la biodiversité et les ressources naturelles ; instaurer un environnement respectueux de la santé ; adopter des modes de production et de consommation durables (agriculture, pêche, agroalimentaire, distribution, forêts et usages durables des territoires) ; construire une démocratie écologique ; promouvoir des modes de développement écologiques, favorables à l'écologie et à l'emploi.
Las... Certains, à l'instar de Bernard Cressens, du WWF, membre du groupe de réflexion sur les questions agricoles, qui se plaint des manques du calendrier et de l'absence de groupe (pour l'instant) sur les bio-carburants ou les OGM. (voir video ci-dessous). Les Verts tenteront également de profiter d'éventuelles tensions afin de retrouver un souffle.