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Pourquoi Buffy est une excellente série (2/3)
Ce qui attire en premier chez Buffy, c’est son aspect ludique. En bon produit des années 1990 (époque de l’apogée du sample, des Simpsons et d’une pop-culture fascinée par rien plus qu’elle même), la série joue d’une connaissance partagée avec le téléspectateur de toute une série de codes et de conventions qu’elle inverse, détourne ou re-contextualise dans une approche post-moderne et/ou déconstructrice.
L’autre manipulation des genres est sexuelle. D’abord dans l’évident message féministe de l’inversion des genres à la base de la série : Buffy la combattante, Willow sa meilleure amie intello et Xander, l’ami-amoureux un peu inutile. L’image de l’héroïne qui plante son pieu dans les hommes (les femmes vampires sont rares) est on ne peut plus parlante à ce titre. Au fur et à mesure que la série avance les choses se compliqueront : Willow deviendra le premier personnage principal lesbien de la télévision américaine, Buffy devra assumer le rôle de mère vis-à-vis de sa petite sœur… C’est surtout dans les relations successives de Buffy avec les hommes que seront développées toutes les implications de sa position de femme de pouvoir. A ce titre la sixième saison est la plus intéressante puisque centrée sur une relation abusive décrite avec une lucidité digne des moments les plus troubles de Six Feet Under.
L’une des plus grande qualités de Buffy cependant, celle qui pouvait intriguer le zappeur américain dubitatif, l’accroche qui nous manquait en France, ce sont les dialogues. Ils sont très drôles, produits visibles d’années de développement d’un artisanat scénaristique hollywoodien, mais aussi très particuliers : plutôt que de courir après les derniers tics de langage des jeunes californiens, Whedon et ses scénaristes inventaient pour eux une langue toujours mouvante faite de références culturelles plus ou moins obscures, de noms propres transformés en noms communs, de noms communs en adjectifs, de slogans en expressions. Cette inventivité linguistique permanente et ce sens du mot juste sont malheureusement la plupart du temps intraduisibles (ou en tout cas n’ont pas été traduits) et sont tant au cœur de toute la démarche de Whedon que les anglophobes ne comprendront sans doute jamais vraiment cette série.
© Fox
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