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Les auteurs français phares de la rentrée
466 romans français à paraître. Et on se demande : mais d’où sortent-t-ils ? Elle bouge encore, la littérature française ? On a envie de dire que oui. Elle respire doucement, mais oui, elle vit.
Sans surprise
Les grosses machines à écrire, qui publie à dates régulières, semblent bénéficier d’un enrobage médiatique assez sucré, comme Christine Angot, Amélie Nothomb, Alice Ferney. On parle beaucoup aussi de Catherine Millet, que ses lecteurs connaissent très, très intimement (depuis La Vie sexuelle de Catherine M.), en fait savoir davantage encore chez Flammarion (Jour de souffrance).
La jeune Faïza Guène, est relativement mise en avant par son éditeur Hachette, au vu du succès de ses deux précédents romans.
Pour ne pas citer que des femmes, on signalera les romans très attendus de Jean-Paul Dubois (Les accommodements raisonnables, L’Olivier), d’Olivier Rolin (Un Chasseur de lions, Seuil) et de Laurent Gaudé, prix Goncourt 2004 (La porte des enfers, Actes Sud).
Un nom, un style
D'autres auteurs bénéficient d’une certaine renommée, et, fort de l'accueil critique de leurs ouvrages précédents, se voient d'ores et déjà décorés de la mention "valeur sûre". Gallimard en a quelques-uns en stock : Régis Jauffret par exemple s'est vu proclamé meilleur écrivain de la rentrée littéraire, déjà bien avant la sortie de son roman Lacrimosa. Et s'il est vrai que son ouvrage mérite effectivement des éloges, on regrette cependant la fâcheuse (et inévitable cependant) tendance des médias à braquer toujours leurs flashs en même temps et au même endroit.
Valentine Goby, Marie Nimier, Catherine Cusset, qui font moins de bruit, sont elles aussi précédés par une certaine réputation : elles reçoivent des prix, il est dit qu'elles ont leur style. Dans le même genre, François Vallejo livre un huis clos oppressant (Viviane Hamy).
François Bon brosse un portrait de Led Zeppelin, et il n'est d'ailleurs pas le seul à jouer rock'n'roll pour cette rentrée, rejoint par Ariel Kenig ou Amanda Sthers entre autres (voir le billet sur ce sujet).
Jean Echenoz, membre éminent du club Minuit, y publie un nouveau roman, Courir. Enfin, Alain Fleischer publie deux livres pour cette rentrée, Prolongations (Gallimard) et Le Carnet d'adresses (Seuil).
D’autres noms connus – qui font peut-être moins autorité dans le milieu – apparaissent chez des éditeurs non moins connus, comme Vincent Ravalec et Claire Castillon, tous deux chez Fayard. Olivier Poivre d'Arvor, sans son frère Patrick cette fois, signe chez Grasset un roman qui s'appuie sur un fait divers : le suicide à Paris de Li Mei, une sans-papiers chinoise qui pensait être poursuivi par la police. Chez Flammarion, dans un autre genre, on retrouve les jeunes beaux parisiens Florian Zeller et David Foenkinos.
Autour de ce beau monde, gravitent en électrons libres quelques auteurs plus ou moins remarqués depuis leur précédent roman, comme Céline Minard, qui revient avec un roman chez Leo Scheer, Bastard Battle, Antoine Piazza, dont le roman La Route de Tassiga (Rouergue) mérite que l'on fasse un détour, ou Mathias Enard dont l'oeuvre érudite, Zone, confirme le talent et l'ambition.
A suivre
Venons-en enfin aux premiers romans… là où tous les espoirs sont permis. Certains noms s'inscrivent dans les esprits, et font déjà espérer un prochain roman.
Aude Walker, chroniqueuse chez Tecknikart, livre un petit roman très à l’américaine, Saloon (Denoël), dans une prose assez agréable et efficace. Paul Melki, qui était déjà l’auteur de poèmes et d’une autobiographie, s’exerce au détournement dans Au Paradis de Candide (Calmann-Lévy), ou l’histoire d’un technicien de surface qui retrouve des pages manuscrites signées Voltaire. Laurent Nunez, déjà auteur d'un essai sur la littérature, passe de la théorie à la pratique avec Les Récidivistes (Champ Vallon), roman dans lequel il ne cesse de faire appel aux plus grandes voix de la littérature (Duras, Proust, Genet...).
Remarqué aussi, Tristan Jordis, qui a exploré un an durant l’univers des toxicomanes de porte de la Chapelle pour écrire Crack (Seuil). Tout de suite après, citons Enculée de Pierre Bisiou (Stock), le fondateur de la collection « Motifs » au Serpent à plume. Qu’on ne se laisse pas tromper par le titre, il ne s’agit là que d’une apologie de la sodomie. Ouf.
Sarah Chiche, qui dirige une collection à La Musardine, se lance elle aussi dans l’écriture (L’Inachevée, Grasset). Dans un tout autre genre, Jean-Yves Lacroix, libraire de son état, brouille le genre de la biographie en réinventant la vie d’Omar Khayyam, savant et poète perse du XIe siècle dans Le Cure-dent. (Allia).
Retenir enfin les noms de Tristan Garcia (La Meilleure part des hommes, Gallimard), qui aborde avec justesse la question de l'homosexualité, et de Pierric Bailly, (Polichinelle, P.O.L), dont l'écriture fait preuve d'un rythme devenu rare dans les romans bien français (le sien se déroule dans le Jura).
Pour cette rentrée littéraire, une apparente diversité de style très à la française... Le goût pour les camemberts bien odorants co-habite avec la tradition des grands parfums de luxe.
LES ROMANS FRANÇAIS DE LA RENTRÉE SUR FLUCTUAT
(publication hebdomadaire)
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