Petite Histoire de la peinture classique (6/6)
En France, en Allemagne et en Angleterre, la réaction au rococo apparaît dès le milieu du 18e siècle, et a pour principaux acteurs les penseurs des Lumières. La peinture néo-classicique, incarnée en France par Jacques-Louis David, laissera place à la naissance du romantisme et au réalisme.
La Révolution française, période d’intransigeance morale et d’avènement de nouvelles valeurs, amplifie le phénomène. L’art doit être didactique et « élever l’âme » grâce à l’affirmation de la vérité et de la raison. Dans ce but, Jacques-Louis David se veut à la fois le légataire de l'art antique dont il assume la référence, et l'annonciateur d'une nouvelle ère où l'artiste s'implique directement et se met au service du politique.
L'art de David fait école
La rigueur de composition, la perfection du dessin et la valeur morale de ses œuvres vont guider toute une génération de peintres. Le plus important d'entre eux, Ingres, saura seul trouver une manière réellement singulière, et fera lui aussi des émules.
Le romantisme
Du sein même de l'école davidienne surgissent pourtant les origines du romantisme, avec Gros notamment. Né en littérature en Allemagne à la fin du 18e siècle, le romantisme constitue une réponse au culte de la raison et amène dans l'art, après les formidables bouleversements politiques du tournant du siècle, le thème du doute. L'artiste, sorti du carcan académique, acquiert son individualité propre en affirmant sa sensibilité, et devient conscient du monde. Goya en Espagne, puis Géricault et Delacroix en France, et Caspar David Friedrich en Allemagne, sont des maîtres de l'imaginaire pictural et ont pour point commun d'offrir au regard du public leur profonde intériorité, tout en s'attachant parfois à des sujets d'actualité. En Angleterre, William Blake décrit ses visions, tandis que Constable et Turner poussent l'école anglaise du paysage jusqu'à la perfection descriptive pour le premier, ou la violence suggestive chez le second.
Le réalisme
Cette fougue impétueuse va rapidement être contestée par les hérauts d'un réalisme sans concession, qui, à l'heure de la naissance de la photographie, en contestent le manque de sens et défendent la peinture comme le plus fidèle mode d'expression de la réalité. Gustave Courbet, à la suite de Millet, veut « faire de l'art vivant », et par la fraîcheur de sa palette et la recherche d'une certaine objectivité de vision, annonce l'œuvre de Edouard Manet et des impressionnistes.

Ingres, La Grande Odalisque, 1814, Musée du Louvre ; Francisco de Goya, Tres de Mayo, 1814, Musée du Prado]
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