Tel un phénix, le septième art italien renaît sans cesse de ses cendres. A chaque fois qu’on l’a dit mort ou du moins agonisant, il a ressuscité, foisonnant. Il n’y a évidemment pas un, mais des cinémas italiens qui, selon les époques, ont embrassé tous les genres, du néoréalisme, emblématique, aux péplums, des westerns spaghettis aux comédies sociales dites « à l’italienne », évidemment.

Grâce à la proximité de la France, berceau du septième art, l’Italie s’engage très vite dans une vocation cinématographique. Turin est, comme Lyon, une place forte du cinéma qui compte, en 1910, rien moins que trois compagnies.

Le premier spectacle cinématographique est montré à Turin le 7 novembre 1896, peu après celui des Frères Lumière en France. La proximité de l’Hexagone, berceau du septième art, aura un rôle important dans la naissance du cinéma italien. Lyon et Turin développent des échanges assidus, réfléchissent en commun sur le développement de ce nouveau média, échangent leurs expériences.
Au début du siècle, Turin joue le rôle, avec Rome, de capitale du cinéma italien. Des acteurs français y prennent leurs quartiers, les réalisateurs s’y rencontrent. On compte en 1908 trois compagnies : l’Ambrosio de Turin, la Cines de Rome et l’Italia Film, qui seront suivies par d’autres, notamment à Milan. Parmi les films de prédilection du public italien, les films historiques, ou filoni. Ainsi Les derniers jours de Pompei en 1908 rencontre un grand succès. Quelques mélos sentimentaux émergent aussi. Mais le cinéma italien souffre de la concurrence américaine.

Illus.1 : Les Derniers jours de Pompei (version de Sergio Leone, 1959)
Illus.2 : La Presa di Roma, de Filoteo Alberini (1905)

Nedjma Van Egmond




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