Les Simpson ont relancé la mode des séries animées au format sitcom. Il faut remonter aux Les Pierrafeu (1960-1966) pour trouver un équivalent à la télévision américaine. Les faibles coûts d'animation, l'audience jeune, les limites repoussées du bon goût ont donné d'excellentes raisons à d'autres chaînes de marcher sur les plates-bandes des Simpson.
Regards de travers sur près de vingt ans de cartoons.
Lancée en 1998 sur la Fox, Family Guy tourne autour de la famille Griffin : le père, Peter, la mère, Lois et les trois enfants, Meg, Chris et Stewie. Difficile de ne pas y voir une mauvaise photocopie de la famille Simpson. Les différences : un humour lourd, des blagues interchangeables, une absence complète de ligne narrative et la présence d'un chien, Brian, qui parle. Brian, voilà la grosse innovation des Griffin. Et, autant le dire, cela ne suffit vraiment pas à créer la moindre particule élémentaire d'intérêt. Au bout de deux saisons, la Fox a d'ailleurs annoncé l'arrêt de la série. Mais les pétitions des fans ont contraint la chaîne à signer une troisième saison. La série s'est ensuite arrêtée définitivement jusqu'à sa sortie en DVD : le succès de la vente a encouragé la Fox a relancé deux nouvelles saisons en 2004. Une sixième est en cours de production, la septième est d'ores-et-déjà prévue.
Le Prix d'excellence : South Park (South Park en VF)
La série de Trey Parker et Matt Stone, diffusée depuis onze ans sur Comedy Central, est la filiation la plus évidente et la plus réussie. Les méthodes de production sont différentes des Simpson : l'animation est réalisée aux Etats-Unis et il n'y a que deux auteurs majeurs à la série, les créateurs du show - alors que Matt Groening et James L. Brooks des Simpson n'ont pratiquement jamais signé un seul épisode. Avec South Park, Trey Parker et Matt Stone se sont placés exclusivement du point de vue des enfants. Cartman, Kyle, Kenny et Stan ont six ans, habitent South Park, petite ville du Colorado, et sont confrontés à tous les dangers possibles et imaginables, ce qui les obligent fréquemment à devoir montrer plus de maturité que leurs parents.
South Park ratisse large, bénéficiant de sa diffusion sur une chaîne câblée, qui lui permet d'être un peu plus vindicatif que son ancêtre de la Fox. Et si Bart Simpson peut mettre le feu à une maison ou voler dans un supermarché, Cartman, lui, mate des vidéos allemandes où sa mère touche intimement les parties génitales d'un poney. Tout va plus loin dans South Park, comme les décès réguliers de Kenny durant la première saison qui ne l'empêchent pas de réapparaître l'épisode suivant.
Certainement la série américaine la plus subversive, South Park n'a pas d'équivalent tant par les thèmes abordés que par la cruauté des situations. Ainsi, un gamin de la ville, Butter, passe un épisode entier avec une étoile de ninja dans l'œil gauche avant d'arriver enfin à l'hôpital où il est pris pour un chien errant. Toujours diffusé, South Park vient d'atteindre la saison onze. Même si Matt Stone et Trey Parker ont déclaré avoir perdu de l'intérêt pour la série, ils en restent les principaux contributeurs. Les derniers épisodes parodient les films à succès du moment, comme 300.
Le cas Mike Judge
Dans la dynastie des auteurs de séries animées, Mike Judge est celui qui aura dû le plus trimer pour arriver à se faire une place.
Matt Groening avait trouvé James L. Brooks pour se lancer, Trey Parker et Matt Stone ont été appuyés par quelques stars en vogue comme George Clooney, mais Mike Judge n'avait pas grand monde pour l'aider. Son premier essai, Office Space (transformé depuis en l'un des films les plus hilarants de l'année 1999) date de 1991. Sous la forme de saynètes de deux minutes, ce cartoon minimaliste raconte l'histoire de Milton, employé d'Initech, que son patron sadique, Bill Lumbergh, prend plaisir à harceler à longueur de journée. Mais, c'est avec Beavis and Butt-Head que la carrière de Mike Judge va vraiment décoller. La série, diffusée de 1993 à 1997 sur MTV, raconte l'histoire de deux adolescents attardés et cruels. Lorsqu'ils n'essaient pas de tabasser un voisin ou de s'attaquer à la tondeuse à gazon, ils regardent MTV, assis sur un canapé, et éructent quelques saloperies sur les clips du moment. Un film, pas vraiment fin, Beavis and Butt-Head Do America a vu le jour en 1996. Juste après, avec la complicité de Greg Daniels, ancien de Saturday Night Live et des Simpson, Mike Judge crée King of the Hill pour la Fox. Ici, il est toujours question d'une histoire de famille - sitcom oblige - mais dans l'univers des rednecks purs et durs des vrais texans. L'atmosphère est plus rude que celui des Simpson, les gags plus crus. La série se focalise sur les centres d'intérêts des bouseux ricains, à savoir le football américain et les armes à feu. Mike Judge en profite pour régler quelques comptes avec ses souvenirs d'enfance, puisqu'il a grandi tout près de Dallas. Toujours à l'affiche, la série atteint aujourd'hui sa onzième saison.
Auteur intransigeant, Mike Judge a tourné en 2005 le film Idiocracy pour lequel il est entré en conflit avec la 20th Century Fox.
Des Outsiders à la pelle
Dilbert (1999-2000)
Tirée de la BD de Scott Adams sur le monde de l'entreprise, Dilbert n'a tenu que deux saisons sur la chaîne câblée UPN. Elle a été diffusé en France sur Canal+.
Dr. Katz (1995-1999)
L'histoire d'un psychanalyste qui a pour patients des stars. On le voit discuter avec des malades, son fils, sa secrétaire et quelques-uns de ses amis. Série conçue sur le mode de l'improvisation, l'animation était minimaliste (le contour des personnages et de certains objets tremblaient, c'est tout), les thèmes inexistants. Très intrigante, elle aura duré six saisons. Diffusée sur Comedy Central à l'époque et sur Jimmy en France.
The Critic (1994-1995)
Al Jean et Mike Reiss, deux auteurs des Simpson, ont lancé The Critic en 1994 sur ABC (repris par la Fox en 1995). Produit par Gracie Films, comme les Simpson, la série racontait les problèmes d'un critique de cinéma, Jay Sherman, qui anime un show télé consacré au septième art sur le câble. Il déteste à peu près tous les films, a un fils, une ex-femme et une batterie de connaissances qu'il exècre pour la plupart. Remarquable pour la phrase-type du personnage principale : “Ça craint”, applicable à la lettre à cette série. Diffusée à l'époque sur Canal+ pour remplacer les Simpson.
Daria (1997-2002)
Une jeune fille intellectuelle, Daria, traverse les années lycée et plonge dans la désillusion la plus totale. La série est un spin-off de Beavis and Butt-Head (Daria y apparaissait régulièrement). L'émission a duré quatre saisons sur MTV, et Daria est devenue une icône pour les lycéens Freaks (ceux qui n'ont pas leur place dans l'univers quadrillé de l'école) américains.
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