ACCUEIL

/  

EURO 2008

/  

LIGUE 1

/  

LIGUE DES CHAMPIONS

Du côté des

Championnat de France 2006


Du côté des "autres"


Championnat de France

Le championnat de France de Ligue 1 n'en est qu'à son premier quart et déjà son issu ne paraît plus faire de doutes : il y a l'OL et les autres. Le point sur les poursuivants.

L'OM, seul outsider ?
Avec 6 succès remporté en 10 matchs, Marseille est la bonne surprise de ce début de saison. Le départ de Jean Fernandez et l'affaire Ribéry laissaient entrevoir le pire au mois d'août. Mais en s'appuyant sur un homme de la maison, Albet Emon, et en conservant l'essentiel de l'effectif, les dirigeants phocéens ont permis au club de réaliser un démarrage tonitruant avec des succès probants face à Rennes, Auxerre, Paris ou Bordeaux.

A quelques décisions d'arbitrage prêt, l'OM pourrait même titiller les Lyonnais à l'heure qu'il est. Mais voilà, malgré leur bonne volonté et le talent de Franck Ribéry et Mamadou Niang, les Phocéens comptent désormais huit points de retard sur leur rival après la leçon que leur a administré l'OL lors de la dernière journée. A défaut de s'imposer comme un favori pour le titre, Marseille s'est au moins positionné dans la course à la deuxième place.

Nancy et Toulouse, deux surprises qui confirment
Bien calés derrière le duo de tête, Nancy et Toulouse pourront-ils se maintenir longtemps dans le haut du classement ? Cela paraît peu évident. Mais en attendant, ces deux formations peuvent savourer un place largement méritée aux vues de leurs prestations. Intraitable à domicile, le Nancy de Pablo Correa surfe sur la dynamique de sa victoire en Coupe de la Ligue qui lui a permis de renouer avec son destin européen. Vainqueur flamboyant de Schalke 04 en Coupe de l'UEFA, l'ASN se base sur une défense imperméable (5 buts encaissés), un état d'esprit collectif irréprochable et quelques "patrons" comme Diakhaté, Gavanon, Puygrenier ou Zerka. Une équipe capable de souffrir et de faire souffrir, avec à sa tête un entraineur discret mais au talent reconnu par le milieu. Qui a dit le nouveau Lille ?

Plus surprenante encore, la 4e place de Toulouse, 16e l'an passé. Elie Baup criait à l'injustice il y a trois mois en découvrant le calendrier qui lui offrait de débuter par deux déplacements périlleux (à Bordeaux et à Lyon). Aujourd'hui, le coach à la casquette constate que ses joueurs ont passé un cap après une saison pourrie où leurs efforts ne furent pas récompensés. Car la bonne forme du Téfécé ne tient pas du miracle. Avec un groupe formé de jeune joueurs prometteurs (Ebondo, Emana, Mathieu, Mansaré, Elmander ont entre 22 et 25 ans) encadrés par quelques vieux roublard (Battles, Arribagé...), Baup a de quoi travailler sur la durée et envisager dès cette saison une place dans la première moitié du classement. Voire mieux.

En prime, le Téfécé peut se targuer d'être la seule équipe à avoir pris un point à Lyon depuis le début de la saison (1-1 à Gerland lors de la 2e journée). Respect.

Bordeaux, Lille et Lens déçoivent
Outre le réveil des Marseillais, les autres grosses cylindrées du championnat ont plus ou moins manqué leur départ. 13 longueurs derrière le leader, Bordeaux (5e) est loin "d'embêter Lyon" comme l'imaginait la recrue star des Girondins, Johan Micoud, lors de son arrivée. L'intégration du "Zidane de la Weser" a mis du temps à se dessiner et les points perdus au cours de ce premier quart du championnat seront très durs à rattraper alors que Ricardo doit jongler avec un effectif limité (merci, l'enveloppe de recrutement d'M6) et un calendrier autrement plus chargé que l'année dernière. Inquiétant, la meilleure défense du championnat 2005-06, avec 25 buts encaissés, a déjà pliée 14 fois sans montrer plus d'aptitudes offensives. C'est sans doute le prix de la mutation du jeu bordelais.

Après deux exercices convaincants (2e et 3e), Lille était également attendu à un autre niveau cette saison. Puel a conservé ses cadres, viré un ou deux boulets et vu un phénomène apparaître dans son groupe (Kader Keita), mais là aussi les résultats tardent à venir. Si Lens (4-0) ou Bordeaux (3-0) ont subi la furia nordiste, Paris (1-0), Toulouse (1-3) où Lyon (4-0) ont mis en exergue l'inconstance des Dogues. Un constat qui ne doit pas réjouir l'entraîneur lillois, bien conscient que la force de son équipe tient plus dans la régularité de ses performances (et par conséquent des ses résultats). Mais il n'y a pas encore péril en la demeure.

Dans le bal des prétendants à la Ligue des champions, il ne faudrait pas non plus oublier Lens, 4e l'an dernier et passé à deux doigts de la 3e place qualificative pour le tour préliminaire de la Champions League. Porté par un Aruna Dindane de folie, leader du classement des buteurs avec 7 réalisations, le club nordiste a encore les moyens de venir jouer les troubles-fêtes. A condition de ne plus se faire remonter deux buts par des promus comme le week-end dernier à Sedan...

Auxerre, Rennes et Paris dans le ventre mou
Le nombre de déceptions étant généralement supérieur à celui des surprises, on ne peut être totalement étonné de voir un tel trio stagner en deuxième partie de tableau. L'AJA se remet comme il peut d'un après Guy Roux que Jean Fernandez semble tout de même mieux gérer que Jacques Santini. Rennes subit le contre-coup d'une intersaison riche en départ (Källström, Gourcuff, Freï...). Et Paris... fait du Paris. A la différence que la sempiternelle crise automnale n'a cette fois pas abouti sur le licenciement du coach, Guy Lacombe, mais d'un joueur, Vikash Dhorasoo, prié d'aller exercer sa liberté d'expression sous d'autres cieux. On verra dans quelques temps si ce changement de méthode donne plus de résultats. A noter que depuis la prise de fonctions de Guy Lacombe en décembre 2005, le PSG tourne à la moyenne mirobolante de 1,13 points par match...

Plus dure sera la chute...
Si cela peut rassurer les Parisiens et les autres, d'autres clubs rompus à la Ligue 1 font bien pire depuis le début de saison. Nice, Nantes et Monaco rêvaient d'Europe en juillet, les voilà qui occupent 3 des 4 dernières places du classement (avec Troyes), déjà condamnés à vivre une saison galère qui risque d'être fatale à l'une de ces trois équipes d'ici à la fin du championnat. Nantes et Monaco, en ayant viré leurs entraîneurs respectifs, ont-ils plus de chance de se maintenir que l'OGC Nice d'Antonetti qui passe ses nerfs sur les arbitres avec une mauvaise-foi à faire pâlir Jean-Michel Aulas et Pape Diouf ? Voilà le vrai suspens de ce foutu championnat de France.

Ça va durer encore longtemps ?
Dans ce contexte, certains observateurs n'hésitent pas à annoncer une poursuite de la domination lyonnaise pendant encore quelques saisons. Au jeu des droits télés, régis par la prime au vainqueur, et grâce à sa gestion intelligente, le club rhodanien a pris de l'avance sur ces concurrents. Quel autre club français aurait pu conserver Juninho, souffler Fred au Milan AC et compter aujourd'hui cinq internationaux français (Coupet, Abidal, Malouda, Govou, Wiltord) ayant participés au Mondial allemand dans ses rangs ?

Aux vues de ces finances et de son effectif à forte valeur marchande, Lyon n'est donc pas prêt de laisser son trône au premier venu. La direction ayant réaffirmé la prédominance du championnat comme objectif principal du club, la thèse d'un relâchement en Ligue 1 au profit de la Ligue des champions n'est pas non plus d'actualité. Alors, l'OL champion 6, 7 ou 10 fois d'affilée ? A l'heure qu'il est, difficile de prédire autre chose...

Rendez-vous à la trêve hivernale pour de nouvelles digressions sur le feuilleton de la Ligue 1.

* Après la défaite de l'Angleterre face à l'Allemagne lors de la Coupe du monde 1990, Lineker avait déclaré : "Le football est un jeu simple ; 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et les Allemands gagnent à la fin."

Edouard Orozco

<<< Lyon seul au monde   |