| . | Entretien avec Air |
| . | Entretien avec Hecuba |
| . | Entretien avec Mayer Hawthorne |
| . | Entretien avec The XX |
| . | Entretien avec Joakim |
| . | Les interviews Musique |
| . | La nuit parisienne à l'agonie |
| . | Portrait vidéo d'un sosie de Michael Jackson |
| . | Expo Miles Davis en vidéo |
| . | Bruce Springsteen en 60 morceaux |
| . | De retour du festival Offset |
| . | Articles Musique |
Comment on devient un mythe...
Peut-être qu’elle souhaitait devenir marchande de fraises. Peut-être qu’elle rêvait de finir astronaute ou experte comptable. Mais un complot hippie détourna ses désirs, et Björk n’eut jamais la chance de connaître une vie peinarde dans un bureau climatisé en Islande.
Il était une fois dans une maison communautaire
Comme tout hippie respectable, le beau-père de Björk, Saevar Arnarson, vénérait la musique. Aussi Björk Gundmunsdottir, née le 21 novembre 1965 à Reykjavik, allait se retrouver rapidement immergée dans l’élément qu’un implacable déterminisme social lui imposerait. Elevée dans une maison communautaire où l’on écoute de la musique 24 heures sur 24, elle apprend le piano et le chant dès l’âge de cinq ans - rien d’extraordinaire, me diriez-vous. Mais quelques arpèges plus tard, l’Islandaise sort son premier album solo à l’age de onze ans ! Merci à beau-papa, à maman et à toute la communauté qui mettent la main à la pâte pour que le disque puisse voir le jour.
Le temps d’appartenir à trois formations punk-rock islandaises différentes (Exodus, Tippi Tikarrass, K.U.K.L.), Björk arrive à ses 22 ans et forme The Sugarcubes sur les cendres de K.U.K.L.. Le succès dépasse les côtes islandaises, et le monde entier peut savourer la fraîcheur de pop-songs composées non loin du cercle polaire… Hum hum, je fais de l’exotisme racoleur, parce qu’en fait l’album est produit en Angleterre, et le rêve principal des Sugarcubes est de devenir populaire, quitte à sacrifier ses origines pour devenir "un cliché vivant". Si leur premier opus, Living, est salué par la critique et le public, la suite sera moins avantageuse pour les petits morceaux de sucre. Qui sait ? Sans ce désaveu, Björk n’aurait peut-être jamais eu l’opportunité de chanter seule.
Héritage et prospection (Debut - Post - Telegram)
Désormais installée en Grande-Bretagne, Björk va produire deux disques incontournables, à la fois opposés et indissociables. Un expert en marketing n’aurait pu trouver de dénomination plus simplement géniale à cette entité bicéphale : Debut/Post. Aux atmosphères jazzy et dépouillées de l’intimiste Debut semble répondre l’exubérance de Post, disque urbain, éclectique et haut en couleur. Le premier est enregistré sous l’omniprésente houlette de Nellee Hooper (membre de la Wild Bunch, la plaque tournante du trip hop bristolien), le second fourmille d’invités et de producteurs en vue - Tricky, Graham Massey de 808 State, Howie B…
Par delà les différences formelles, un fond commun s’établit : de la techno de "Violently Happy" au trip hop malade de "Enjoy", les sonorités actuelles se mêlent aux hommages appuyés à la musique qui aura bercé la jeunesse de Björk. En vrac, relevons les arrangements néoromantiques ("You’ve Been Flirting Again", "Isobel"), le jazz sucré des comédies musicales des années 50 et de Nat King Cole ("Like Someone In Love", "It’s Oh So Quiet"), les musiques du monde (Talvin Singh aux tablas, les cordes de "Venus As A Boy" ou "Come To Me").
Mais surtout, Post a lancé les bases de l’album björkien : une collection de pop-songs modernes et bizarroïdes menées d’une voix souvent démonstrative, faite de cris, de susurrements, de modulations brusques. Le disque est le fruit d’une collaboration avec la crème des artisans électro du moment. Son design léché, décliné à l’infini, charrie la caravane de remixes qui accompagne chaque opus de l’Islandaise.

Illus. 1 : Pochette du tout premier album de Björk
Illus. 2 : The Sugarcubes
Illus. 3 : Disque d'or pour Post
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z