Guy-Pierre Couleau met en scène la pièce de Camus à l’Athénée. Les justes, ou une bande de révolutionnaires bourrés d’idéaux mais pétris de contradictions, et de doutes. Un récit qui se passe en 1905, un texte écrit en 1949, et une actualité criante dans les questions posées : mourir –et tuer- pour des idées, est-ce bien la seule façon d’en être à la hauteur ?
En explorant leurs peurs et leurs doutes, leurs regrets et leurs rêves, il se penche sur la résistance et la révolte, à travers ces engagés pétris de contradictions. Un penchant amoureux ? « Nous sommes des justes, l’amour n’est pas pour nous », clame Dora. Ils rêvent d’un monde plus juste ? Ils inventent le meurtre, mais aussi le sacrifice pour atteindre leur idéal et tuent « pour que la terre, enfin, se couvre d’innocents ». Mais se fixent, dans leur folle entreprise, dans leur combat complexe, des limites. La générosité, la quête d’un monde meilleur pour tous ne va pas sans de cruels dilemmes.
Hier et aujourd’hui
Comme le dit Annenkov, la poésie est révolutionnaire. Donc les mots des armes. Et l’auteur, résistant pendant la guerre écrit la pièce cinq ans après. A double titre, il apparaît donc comme un compagnon de lutte de ses personnages. Proche d’eux, il n’élude pourtant ni leur noirceur, ni leur violence, de son écriture profonde. Résistants oui, terroristes aussi. Il disait vouloir « que batte sur nos scènes le vrai cœur de l’époque, espérant et déchiré ». Une interrogation traverse la pièce du début à la fin : jusqu’où peut-on aller pour une cause que l’on juge bonne ? Que l’on juge juste, précisément.
Près de 60 ans plus tard, le metteur en scène Guy-Pierre Couleau lui emboîte le pas. Il monte la pièce, cinglant écho à notre temps, avec une justesse brute. Et comme l’auteur, en empathie (sympathie ?) avec ces combattants. Dans un décor réduit à l’essentiel, plancher de bois, larges panneaux sombres en mouvement, riches lumières de Laurent Schneegans, les acteurs sont à l’unisson. Anne Le Guernec (Dora) manque de flamme, Frédéric Cherboeuf (Kaliaykev) est touchant en héros déchiré. Sans pathos excessif, la troupe emmenée par Couleau se retourne sur l’hier tout en éclairant l’aujourd’hui.

Les Justes d’Albert Camus, mise en scène Guy-Pierre Couleau, Théâtre de l’Athénée, jusqu’au 26 mai.
Crédit photos : Pierre Grosbois.
Sur le web
ROCK || HIP HOP || REGGAE || ...
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Afficher par : naissance / nationalité / métier

|
|
|
|
|
Zoom sur
Pina Bausch / Carolyn Carlson / Jean-Luc Lagarce / Peter Brook / Tim Lott / Ariane Mnouchkine / Robert Wilson / Pierre Desproges / Samuel Beckett / Antonin Artaud / Bertolt Brecht / Eugène Ionesco / William Shakespeare
- festival artirock 13 juillet le cateau
- Comment Obtenir cette couleur ?
- recherche comédien(ne)s
- Festival Bancs Publics