au musée Galliera à Paris
Gallierock ? Pas une rétrospective, mais une carte blanche donnée à Jean-Charles de Castelbajac. Une plongée dans son univers avec 160 pièces exposées, issues de sa collection et de celles du musée Galliera. Le créateur investit le temple de la mode avec un parcours rock, pop, coloré et diablement ludique.
Moderne… depuis 40 ans déjà ! Jean-Charles de Castelbajac a 57 ans (dont 40 ans de carrière) et des airs de grand gosse : c’est l’impression qui se dégage quand on voit ce que le créateur, aux manettes de l’expo Gallierock, en collaboration avec les commissaires Sylvie Lécallier et Laurent Cotta, a fait du vénérable musée Galliera. C’est la première fois qu’un musée français lui rend hommage, après la vaste rétrospective que lui a consacrée le Victoria & Albert Museum de Londres, en 2006. Ici, l’homme s’est franchement amusé. Comme il s’amuse depuis quatre décennies, depuis ce jour où il a taillé sa première veste dans sa couverture de pensionnaire. Le créateur visionnaire, résolument moderne depuis ses débuts (c’est dailleurs son credo, écrit en lettres noires sur fond vert fluo), n’a cessé de faire dialoguer les arts : mode et musique, art et design, avec un intérêt tout particulier pour l’histoire.
Infinité de combinaisons
Dès l’entrée de l’exposition, une salle dévolue au Rubik’s cube géant conçu par JC/DC – comme il aime s’appeler - pour la dernière FIAC. Du rouge, du vert, du jaune et du bleu qui se reflètent à loisir dans les vastes miroirs entourant la pièce. Et un objet qui symbolise le travail de Castelbajac : infinité de combinaisons avec composantes minimales : formes géographiques et couleurs vives.
Dans le cabinet de curiosités qui suit, le styliste met en scène sa passion de l’histoire avec des éléments qui l’ont marquée… à des degrés divers : une bonbonnière avec portrait de Louis XVI, un chasuble créé pour Jean-Paul II par Castelbajac en 1997, la robe de chambre de Napoléon 1er à Ste-Hélène… ou l’écharpe de Miss France 99, alias Mareva Galanter, alias sa compagne.
Panthéon éclectique
Eclairée par trois boules à facettes, la grande galerie est transformée en galerie de château rock, au bout de laquelle a pris place un trône kitschissime. Au rythme du parcours sonore de Kingju, qui oscille entre electro-hip hop et pop très eighties (en déclinant le mot Gallierock sous toutes ses formes), on découvre, sous des étendards, une sélection soignée de robes signées Castelbajac depuis les années 80. Robes objets et robes tableaux aux mille matières et couleurs, entre tulle vert fluo et soie noire, qui célèbrent son panthéon très éclectique : de Vanessa Paradis à Jackie Kennedy, de Jimi Hendrix à Marilyn Monroe, d’Harold Lloyd à Mickey Mouse. Des personnalités de la musique, du cinéma, de la mode ou des arts plastiques, qui passionnent le styliste. Dans la grande salle d’à côté, sous une vaste de toile de camouflage, un dialogue entre les créations phare de Castelbajac et des pièces issues de sa collection. Le manteau à nounours porté par Diana Ross et Madonna, la Kitty en robe bleu blanc rouge, la doudoune cubes, l’imper-cartes postales, ou le manteau à… 15 poches.
Le tout, comme autant de traces de ses joyeuses obsessions : détournement, accumulation et récup’ à loisirs. Et de témoins de son goût affiché pour l’extravagance glamrock et une mode ludique, sans cesse renouvelée. JC/DC ? Un créateur protéiforme, gentiment mégalo, mais qui se définit plutôt humblement comme « un artiste pop qui fait des robes ».
Gallierock - Exposition Castelbajac
Jusqu’au 29 juillet, musée Galliera, musée de la mode, 10 ave Pierre 1er de Serbie, Paris 16.
01 56 52 86 00.

[Illustrations :
- Portrait de Jean-Charles de Castelbajac (en 2e plan : Tableau de Bruno Peinado, 2001 d’après la pochette du disque Power Age du groupe AC/DC) © Etienne Clément
- Vues de l’exposition Gallierock de Jean-Charles de Castelbajac ; photos © C. Fouin courtesy Musée Galliera ;
- Logo JC de Castelbajac défilé A/H 1990/91 Carton d’invitation par Keith Haring © The Estate of Keith Haring New York.
Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont, Paris.]
Sur le web :
- le site du musée
- le site de JC de Castelbajac
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