Théâtre des Quartiers d’Ivry jusqu'au 20 mai 2007, puis en tournée
L’affrontement de deux familles pour un appartement ou la métaphore d’un Liban ravagé par la guerre. Willy Protagoras enfermé dans les toilettes, « tragédie colérique » est l’œuvre de jeunesse de Wajdi Mouawad. A voir au TQI dans une mise en scène de Magali Léris pour son bouillonnement et l’énergie généreuse de ses acteurs, malgré quelques moments de confusion.
Chez les Protagoras donc, tout fout le camp. Nelly, la fille a mis les voiles. Willy, le fils, s’est enfermé dans les toilettes, pièce commune aux deux clans devenus ennemis pour dire son refus de la vie telle qu’elle suit son cours : la seule liberté qu’il peut trouver est dans l’enfermement.
L’affrontement est cocasse, incongru. Les deux pères complotent, les deux mères guerroyent, l’une se planque, l’autre défèque sur le tapis, les enfants, indifférents au conflit, tentent de s’aimer ! Le rythme est vif, la langue virulente et foisonnante. Derrière un humour féroce, affleure la tragédie –c’est une des marques de fabrique de l’auteur-. La guerre civile à la hauteur de l’immeuble symbolise la véritable guerre qui décime le Liban. Et on retrouve là les thèmes de prédilection de Wajdi Mouawad, Libanais exilé en France, puis au Québec.
Instinct de liberté
On connaissait les superbes Littoral et Forêts (présenté à Malakoff en octobre dernier), qu’il avait lui-même mis en scène. On connaît moins ce Willy Protagoras enfermé dans les toilettes, œuvre de jeunesse qu’il qualifie lui-même de « tragédie colérique à 20 personnages ». Mouawad l’écrit à 19 ans.
« Vous ne toucherez pas à ce que j’ai de plus précieux, mon insouciance (…). Je vous hais », hurle son héros à la face de son entourage. De son adolescence finissante, il dit le monde des adultes tel qu’il le voit : égoïste et arrogant, calculateur et cynique.
On trouve dans ce texte les défauts tout autant que les qualités d’un auteur brillant de 19 ans. La fougue, la vitalité, l’ irrépressible instinct de liberté de Willy, le guerrier-poète. Son refus de toutes les concessions, sa pureté, son entièreté, son acuité déjà se confondent avec ceux de Wajdi. Mais il y a aussi quelques instants de confusion et l’opacité, la difficulté à dénouer le fil d’une langue abondante, parfois complexe.
Magali Léris prend le texte tel qu’il est et le rend lisible dans une mise en scène bouillonnante et rageuse, entre lumière et douce obscurité. Les panneaux mobiles, déplacés à vue par les comédiens figurent tour à tour l’immeuble, l’appartement des Protagoras et leurs toilettes, point névralgique de l’action.
L’entreprise est généreuse, pléthorique, diablement remuante jusqu’à son dénouement brutal. On le doit à un texte profond malgré ses maladresses, une mise en scène tout feu tout flamme et des acteurs résolument engagés.
Ils sont 18 sur scène. C’est énorme, et chacun apporte sa pierre à l’édifice, alors on s’offrira le luxe de les citer tous. Philippe Awat, Véronique Barrault, Renaud Bécard, Eddie Chignara, Stéphane Comby, Kim koolenn, Nanou Garcia, Marion Harlez-Citti, Jérôme Heuzé, Flore Lefebvre des Noëttes, Marina Moncade, Arnauld Mougenot, Fanny Paliard, Bruno Paviot, Agnès Proust, Prunella Rivière, Delphine Simon, Marie Vernalde.

Jusqu’au 20 mai, Théâtre des Quartiers d’Ivry (www) puis du 22 au 25 mai à la Comédie de Clermont.
Photos : Bellamy, DR.
Sur le web
ROCK || HIP HOP || REGGAE || ...
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Afficher par : naissance / nationalité / métier

|
|
|
|
| + | Des albums de Lil Wayne à gagner |
| + | Gagnez des Livres de poche et un sac de l'été |
| + | Surveillance : des places et des affiches dédicacées à gagner |
| + | Let's Get Lost : des places de ciné à gagner |
Zoom sur
Pina Bausch / Carolyn Carlson / Jean-Luc Lagarce / Peter Brook / Tim Lott / Ariane Mnouchkine / Robert Wilson / Pierre Desproges / Samuel Beckett / Antonin Artaud / Bertolt Brecht / Eugène Ionesco / William Shakespeare
- tableau blanc
- Vend 1 place pour Madonna
- Conservatoire... et à côté?
- festival arts du cirque: recherche artistes