| . | Entretien avec Patrick Huard |
| . | Entretien avec Rémi Bezançon |
| . | Entretien avec Albert Serra |
| . | Entretien avec Rachida Brakni |
| . | Entretien avec George Clooney |
| . | Toutes les interviews ciné |
| . | Le Silence de Lorna |
| . | Be Happy |
| . | Rien que pour vos cheveux |
| . | Star Wars: The Clone Wars |
| . | Un mari de trop |
| . | Toutes les critiques ciné |
| . | Les films de l'été |
| . | Palmarès Cannes |
| . | Histoire du cinéma mexicain |
| . | Super héros et cinéma |
| . | Cinéma et Rock'n'roll |
| . | Tous les dossiers ciné |
Du 1er au 30 avril, c'est à une programmation de films totalement inédits en France que nous convie la Maison de la Culture du Japon à Paris. Le japanophile qui sommeille en chacun de nous aura de quoi se réjouir. Après les classiques contemporains reconnus, place aux méconnus. Certains films ont déjà étés présentés lors de festivals internationaux, mais n'ont pas connu de distribution française. La majorité n'a tout simplement jamais été projetée en France. Quelques pistes à suivre pour les chercheurs de pépites rares.
A partir de là, on plonge dans un inconnu plus ou moins balisé. On remarque ainsi deux films récents de cinéastes dont les longues carrières se situent dans un genre propre au japonais, le roman porno. Masaru Konuma et Tatsumi Kumashiro sont ainsi d'anciennes stars du genre (Voir les chroniques de Désirs humides, Le rideau de Fusuma ndlr), et il est étonnant de les retrouver avec des films qui s'éloignent un peu de leur spécialité. Du premier, on pourra voir L'été de Nagisa (2000), qui avait été sélectionné au festival de Berlin en 2002. Le portrait a priori soft d'une jeune fille dans les années 60. Du second, on découvrira La tristesse d'un idiot (1994), un « polar yakusa érotique », dont l'acteur principal n'est autre qu'Eiji Okuda, réalisateur et acteur d' Une Adolescente, actuellement sur les écrans. L'histoire d'un yakusa et de ses femmes.
Quelques drames des années 80 nous permettrons de faire quelques rencontres croisées entre des cinéastes de studio en fin de carrière et de jeunes débutant grâce au circuit indépendant récemment crée. Ainsi, La rivière de boue (Kohei Oguri , 1981), l'un des premiers films « indépendant », récompensé au festival de Moscou en 1981, nous conte l'amitié de deux enfants qui vivent dans un milieu très pauvre (remember Mizoguchi ?). Toujours par un « jeune » cinéaste, Le jardin de Robinson (Masashi Yamamoto, 1987) s'intéresse à un problème plus proprement contemporain, puisqu'il traite de la délinquance des ados, entre drogue et violence. A ne pas rater, un film qui a réussi l'exploit de se faire un nom aux Etats-Unis : Comic Magazine (Yôjiro Takita, 1986), une critique acerbe des médias. La présence au générique de Takeshi Kitano y serait-elle pour quelque chose ? Réalisé cette fois par un « ancien », Sombre crépuscule (Shunya Ito, 1985) serait plutôt dans la veine d'Ozu, puisqu'il s'agir d'un homme un peu âgé, qui, ayant perdu son emploi, voit sa famille se réunir autour de lui.
Après les drames, les comédies, qui promettent de bons moment, quand on sait jusqu'où les Japonais peuvent étendre et distendre la notion d'humour. Tout d'abord, Le jardin secret (Shinobu Yaguchi, 1996) nous conte l'histoire d'une jeune caissière fantasque qui un jour se fait braquer. Par le réalisateur de Water Boys. Les disciples d'Hippocrate (Kazumi Omori, 1980) est un comédie qui se situe en milieu hospitalier. Rien que pour ça, on serait tenté. De même, Sumo Club (Masayuki Suo, 1992), comédie en milieu sumo, qui plus est classé meilleur film de 1992 par une revue de cinéma japonaise. Faisons confiance aux confrères. Probablement plus fin, Jeu de famille (Yoshimitsu Morita, 1983) est présenté comme une comédie satirique sur un adolescent revêche à l'éducation. Un « film marquant des années 80 » au Japon.
Passons enfin aux films de genre, qui nous ont révélé ces dernières années des auteurs japonais en pagaille. Le plus attendu est certainement Night in Nude (Takashi Ishii , 1993), puisque son réalisateur est loin d'être un inconnu (programmé au festival de l'Etrange notamment en 2001). Réalisateur de sombres films de Yakusa parmi les plus marquants de ces dernières années (Black Angel, Gojoe…), Ishii est un grand styliste de la violence, qui sait donner aux femmes des rôles mémorables. Ce sera ici sans doute le cas. Prix de la mise en scène au festival de Yokohama en 1994, Tokarev (Junji Sakamoto, 1994) nous conte l'histoire de la vengeance d'un père après l'assassinat de son fils. Noir de noir.
A ne rater sous aucun prétexte, Kamikaze Taxi (1995) nous permettra de découvrir Masato Harada , cinéaste aussi considéré que Kitano ou Kiyoshi Kurosawa dans son pays. Dans ce sombre polar, histoire de vengeance entre yakusas, on retrouvera l'acteur fétiche de "Kiyoshi Kurosawa, l'imposant Kôji Yakusho. La montagne de Marks (Yôichi Sai, 1995) est un polar sur les conséquences d'un crime caché 19 ans plus tôt par des notables. Et une bonne surprise est peut-être à la clé de La nouvelle de la classe (Nobuhiko Ôbayashi, 1982), film fantastique dans lequel deux adolescents voient leurs corps s'intervertir.
Voilà pour un bref aperçu du programme. L'intérêt d'une telle sélection étant de garantir la qualité des films, il sera difficile de choisir entre tous ces univers intrigants et inédits. D'où la nécessité de consulter le programme qui, au détour d'un titre, ou d'une photo, sera susceptible de déclencher la curiosité, élément moteur d'une telle manifestation. On ne saurait s'en priver.
Seconde étape du panorama du cinéma japonais
des années 80 et 90
A la Maison de la Culture du Japon à Paris
du 1er au 31 avril 2003
Nota : De nombreux films de cette sélection sont projetés en entrée libre - et gratuite - dans la limite des places disponibles. Consulter les séances sur le site de la Maison du japon.
| Panorama du cinéma japonais 80/90 >>>