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Le web selon Sarkozy

"La France retrouve sur internet sa vocation de grand pays de débat démocratique"


Le web selon Sarkozy


Interview du candidat UMP

Par le développement des crédits pour la recherche et l'incitation fiscale à l'investissement, Nicolas Sarkozy entend faire d'internet un des quatre secteurs prioritaires de l'économie française.

1/ L'état doit-il avoir une politique spécifique pour internet ?

Bien sûr et prioritairement. C’est la responsabilité de l’Etat de faire en sorte que la France rattrape son retard en ce qui concerne les formations et le soutien aux entreprises technologiques, et consolide son équipement en TIC. Je veux équiper aussi vite que possible l’ensemble du territoire en Internet très haut débit et faire un effort massif de formation dans le domaine de la société de l’information sur la base d’une conférence annuelle des métiers et des filières. Je proposerai à nos partenaires de développer l’interopérabilité des matériels et des environnements informatiques à l’échelon européen pour ne pas être dépendants des technologies étrangères. Je pense qu’Internet doit être l’un des quatre ou cinq secteurs qui doivent devenir prioritaires dans notre effort de recherche. Enfin, je soutiendrai le développement du logiciel libre et je ferai tout pour encourager la création et le développement de PME innovantes dans le domaine d’Internet.

2/ Licence globale/licence légale: quel modèle pour la diffusion d'oeuvres numériques ?

La licence globale n’est pas une solution viable, non seulement parce que son montant ne sera jamais assez élevé, mais surtout parce que les artistes et les ayants droits veulent - à juste titre - être rémunérés selon leur talent et leur travail et pas de manière collectiviste. Aucun autre pays au monde n’a retenu cette solution. De nombreux modèles de diffusion des œuvres numériques sont en train d’apparaître, gratuites ou payantes, protégées ou non protégées, et c’est tout le sens de la loi DADVSI de permettre cette liberté et cette diversité d’offres, ainsi qu’une large diffusion de la culture et de la connaissance, tout en veillant au respect des choix des titulaires de droits. L’Etat a un rôle à jouer pour aider les industries culturelles à s’adapter aux nouvelles modalités de diffusion des œuvres.

3/En France l'Etat est assez interventionniste en matière de medias : quelle régulation envisagez-vous à l'avenir avec l'avènement des medias en ligne ?

Je préfère une évolution des compétences des régulateurs existants plutôt que la création de nouvelles structures de régulation qui viendraient complexifier l’environnement juridique actuel. Il est exact que la convergence numérique conduira le CSA et l’ARCEP à traiter un nombre croissant de sujets d’intérêt commun. Ces deux organismes ont déjà commencé à travailler ensemble, notamment par le biais de groupes de liaison. Il faut sans doute développer encore cette coopération informelle, mais je ne suis pas favorable à court terme à une fusion. En revanche, le processus de nomination des membres de ces organismes doit évoluer, pour permettre une association du Parlement au travers d’auditions et d’un droit de véto par des commissions compétentes des deux chambres. Pour les nominations les plus importantes au sein de l’Etat, la Représentation nationale doit pouvoir s’assurer de la compétence et de la hauteur de vue des personnes pressenties. C’est la démocratie irréprochable que je souhaite promouvoir.

4/ Sur le plan économique, comment favoriser l'émergence d'acteurs économiques français de premier plan, dans un secteur soumis par essence à la mondialisation?

En mettant en œuvre les mêmes méthodes que les autres : plus de moyens dans l’enseignement supérieur, la recherche, l’innovation, associés à des réformes de structures (autonomie des universités et financement de la recherche selon une logique de projets et non de structures) permettant de nous battre avec les mêmes armes que nos concurrents dans la bataille mondiale de l’intelligence ; des moyens et de bonnes conditions de travail pour nos chercheurs ; je souhaite que nos universités deviennent des incubateurs d’entreprises en permettant à nos étudiants, nos chercheurs, nos enseignants d’y déposer des brevets et d’y créer des entreprises en franchise d’impôts ; la France n’investit pas assez en matière de recherche et d’innovation sur les technologies de l’information et de la communication. Et pourtant, ce sont des centaines de milliers d’emplois qui sont à la clé. Je ferai donc d’Internet un des quatre ou cinq secteurs essentiels de notre effort de recherche ; j’ai l’intention de conforter notre industrie logicielle dans la diversité de ses applications, par exemple le jeu vidéo, et de ses modèles, qu’ils soient à code ouvert, ou non. L’excellence française de l’industrie logicielle souffre dans l’ensemble d’un manque de reconnaissance de ses besoins comme de ses capacités ; enfin, il faut faire rester et revenir nos talents et nos investisseurs par une politique fiscale adaptée (bouclier fiscal à 50% et possibilité de déduire de sa cotisation d’ISF tout investissement direct dans le capital de PME).

5/ Comment percevez-vous la percée du web dans cette campagne ? Comment envisagez-vous l'avenir des sites (officiels et blogosphère associée) que vous avez créés ?

La campagne a mis en évidence, comme prévu, le rôle d’Internet pour le débat politique. Dès 2005, j’avais cherché à favoriser ce débat en donnant les moyens aux adhérents de l’UMP d’y participer grâce à des outils en ligne tels que les blogs. Ces initiatives, controversées à l’époque, ont été largement imitées depuis. Je suis heureux que la netcampagne française, et en particulier mon site sarkozy.fr, ait été citée en exemple très récemment par une délégation américaine qui a déclaré vouloir en reprendre les éléments innovants. La France retrouve ainsi sur internet sa vocation de grand pays de débat démocratique. Ce mouvement ne s’arrêtera pas, et j’entends le soutenir avec, notamment, des actions permettant de moderniser l’accès en ligne au droit et au débat parlementaire ainsi qu’un dispositif comme la ePétition. Ma conviction est qu’il faut donner aux citoyens tous les moyens pour contribuer au débat et les laisser libres de choisir la forme sous laquelle ils voudront le faire.

Daniel de Almeida

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