La dance music, souvent décriée, jamais égalée, va participee aux nobles heures de l'electronica, lançant des légendes telles que Boards Of Canada ou Two Lone Swordsmen.


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Nous connaissons tous, au moins en gros, l'histoire de la dance music. Au commencement était le disco, né dans les années 70 au sein des clubs gays afro-américains de New York. Puis apparut son évolution vocale, le garage, suivie par la house et enfin l'acid-house à Chicago, sans oublier les rythmes froids de la techno de Detroit, une autres ville paupérisée à la manière de Sheffield.

Ces styles extrêmement populaires, qui célèbrent l'art du pillage et l'hédonisme, régneront en maître sur les pistes de danse de la première moitiés des années 90, aux côtés de la jungle, du drum'n'bass, du gabber et du hardcore. Alors évidemment, autant l'avouer tout de suite, en 1992, Artificial Intelligence vol.1, la première compilation electronica d'un genre aussi baptisée "IDM" pour Intelligent Dance Music (expression malheureuse qui se voulait simplement un déni des musiques "dance" existantes), restera lettre morte pour beaucoup. Ce n'est que 3 ou 4 ans après, que le public réagira aux symphonies épileptiques de The Dice Man (futur Polygon Window puis Aphex Twin), UP! (un des pseudos de Plastikman), I.A.O (bientôt The Black Dog puis Plaid sans Ken Downie qui continuera seul), Speedy J ou encore Autechre.

Première compilation du tout jeune label Warp (pour We Are Reasonable People), Artificial Intelligence fait suite à des productions s'éloignant déjà des frontières de la dance-music, puisque les fondateurs Rob Mitchell (décédé en 2001) et son ami Steven Beckett officient au sein de la scène acid-house, depuis 1988. La force du label à l'époque, hormis la très forte identité sonore de ses artistes, est d'avoir immédiatement perçu l'essoufflement de la techno, dont les rythmes roboratifs et la multiplication des mêmes recettes à base de TB 303 et de TR 808, commence à produire plus d'ennui que de transe chez un public exigeant. Autre point fort : l'identité visuelle du label, devient aussi rapidement reconnaissable grâce à l'équipe de graphistes de Designers Republic. Enfin, les artistes siglés Warp semblent porteur d'une vision, si ce n'est d'une philosophie, qui séduira un public jusque là indifférent aux musiques électroniques, et tout du moins à la techno traditionnelle.

Des friches de Sheffield sortiront des formations emblématiques comme LFO, Sweet Exorcist) (alias Richard H. Kirk de Cabaret Voltaire), Disjecta, The Black Dog, puis plus tard Autechre, Plaid, Seefeel, Nightmares On Wax, Two Lone Swordsmen, et plus tard Boards Of Canada, un mystérieux duo découvert par le label indépendant Skam, également à l'origine de la découverte de Bola, le projet de Darrell Fitton.

Maxence Grugier




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