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Petite histoire de l'electronica (2/7)
La science acoustique pose dès la fin du 19ème siècle les prémices de la musique électronique. Un genre qui ne se définit nullement par sa mélodie mais par l'usage qu'il fait du support enregistré.
L'expérience acoustique commence avec les découvertes quasi-simultanées du téléphone de Graham Bell (1876, sous le nom de Vibraphone), du phonographe de Thomas Edison (1877) et de la bande magnétique par les nazis, en 1935. Si l'on ajoute à cela l'apparition des premiers instruments électroniques (le Teleharmonium de Thaddeus Cahill (1897), rapidement suivi par le Theremin du russe du même nom (1919) et l'importance théorique du manifeste L'Art du Bruit de Luigi Russolo (1913), on peut rapidement esquisser une histoire des musiques électroniques de ses origines à nos jours.
La découverte de ces différentes technologies signera la fin de l'innocence et l'entrée dans l'ère de L'oeuvre d'art et de sa reproduction, pour reprendre une fameuse formule de Walter Benjamin, qui deviendra le titre d'un de ses plus célèbres essais. En effet, sans les supports d'enregistrement, et de diffusion, que furent le microsillon, et plus tard la bande magnétique, le français Pierre Schaeffer n'aurait jamais pu établir sa théorie sur L'art des sons, ni donner naissance à la musique concrète. Nous n'aurions pas pu profiter des Expériences acoustiques de François Bayle, de Iannis Xenakis, de Bernard Parmegiani, de Michel Chion et de Christian Zanesi. De son côté, Karlheinz Stockhausen n'aurait pas non plus établir le Kontakt dans les années 70, avec la jeune scène kosmische et krautrock féru d'électronique, représenté par Can, Tangerine Dream, Neu!, Cluster ou Klaus Schulze.
Mais surtout, sans la découverte de ses procédés de stockage et de diffusion - auxquels vinrent s'ajouter des inventions dans le domaine de l'électronique (le synthétiseur, puis le sampler) et de l'informatique (l'ordinateur et le personal computer). Jean-Michel Jarre aurait ainsi certainement manqué d'Oxygène, le disco n'aurait pas fédéré toute une génération autour du rythme, et ni Kraftwerk, ni l'EBM, ni la musique Industrielle, ni le hip-hop, la house ou la techno n'aurait vu le jour.
Cette très courte histoire des musiques électroniques en forme de name dropping, n'a qu'un but : faire comprendre l'importance du support acoustique, en tant que base et facteur d'expérimentation dans l'histoire de la musique du siècle dernier. Cet héritage, les artistes de l'electronica l'on parfaitement appréhendé. Au contraire de leurs prédécesseurs hédonistes du disco et de la house, qui sans ces supports n'auraient jamais vu le jour, ils en usent, le pillent, lui rendent hommage et le détournent, mais n'oublient jamais sa base... le support enregistré (vinyle, bandes, CD, DAT ou disque dur), à la fois bibliothèque, source d'inspiration et instruments.

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