Excitant ! Le virtuose Fabrice Luchini et un Sami Frey tout de tact sont tous les deux à l'affiche dans un exercice périlleux : la lecture de textes seul face au public. Qu'en pense celui-ci ? Comment s'en sortent nos deux bêtes de scène ?
Les Parisiens ne peuvent espérer voir « maître Lucchini » , aux prises avec Paul Valéry et consorts, avant le 20 mars prochain. Le Théâtre Paris Villette est archi complet ; c'est donc au Petit Montparnasse qu'il faudra s'entasser pour le voir occuper la scène de ses mimiques et de ses tics verbaux inimitables, à partir du 20 mars. L'exercice peut avoir du charme, si l'on y va pour voir une bête de scène, un spécimen rare, en perpétuelle auto-reproduction. L'homme a de la bouteille, le comédien du métier, pour ne pas dire des tours de vieux singe...
Totale retenue
Passer un début de soirée au Théâtre de l'Atelier en compagnie de Sami Frey est d'un tout autre style. Sans rien outrer, il s'impose, avec l'intelligence du texte et force sincérité (si ce mot pouvait avoir quelconque signification pour les « hypocrites » que sont les acteurs, dans leur définition étymologique). [people=samuel beckett]Beckett[people] souffrait, nous dit-on, quand il écrivit ce Cap au pire où il ne cesse de revenir sur la description de deux silhouettes dans la pénombre, jamais à son goût. Sami Frey, dans sa posture de lecteur, ne joue pas cette souffrance, palpable pourtant dans l'écriture. Il s'agace tout au plus, mais surtout il scrute, fouille, se retire, comme spectateur de sa démarche, perdu un temps dans ses réflexions sur ce qu'il en train de voir, de verbaliser...
Deux silhouettes dans la pénombre
Le dispositif scénique, ultra simple, permet cette intimité paradoxale et ultime : l'acteur est assis sur une chaise, vêtu de noir sur fond de pendrions sombres. Il lit le texte qui défile sur un écran d'ordinateur, posé dans une valise sur le sol, face à lui. Le regard vers le bas, visage dégagé, corps immobile traversé de brefs gestes de la main, comme impromptus, sont les signes lisibles d'une méditation sur l'acte d'écrire, de décrire.
Incomparables
Fabrice Luchini n'aime pas, paraît-il, que l'on compare son spectacle à celui de Sami Frey et à « une lecture ». Il a sans doute raison. L'oeuvre d'un acteur en totale possession de son art, qui sait ne plus s'encombrer d'artifices, qui sait ne plus en avoir besoin, est certainement incomparable. Trop rares sont ceux qui auront pu assister aux trente représentations exceptionnelles hébergées par le théâtre de l'Atelier, dont la dernière aura irrémédiablement lieu, nous dit-on, le 18 mars prochain. Alors, que ceux qui veulent vibrer en profondeur se précipitent dans le 18ème avant la date fatidique ; ils auront toujours le temps de se livrer au voyeurisme d'un histrion prolifique dans les semaines à venir. Luchini n'est pas près de quitter l'affiche, tandis que Sami Frey, lui, sait qu'il vaut bien mieux savoir se faire rare.
Sami Frey, lecture de Cap au pire de Samuel Beckett
Au théâtre de l'Atelier jusqu'au 18 mars
Fabrice Luchini, carte blanche (lectures de Rimbaud, Valéry et Flaubert)
Au théâtre Paris Villette et reprise au Petit Montparnasse à partir de mars 2007
Sur le web
ROCK || HIP HOP || REGGAE || ...
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Afficher par : naissance / nationalité / métier

|
|
|
|
|
Zoom sur
Pina Bausch / Carolyn Carlson / Jean-Luc Lagarce / Peter Brook / Tim Lott / Ariane Mnouchkine / Robert Wilson / Pierre Desproges / Samuel Beckett / Antonin Artaud / Bertolt Brecht / Eugène Ionesco / William Shakespeare
- festival artirock 13 juillet le cateau
- Comment Obtenir cette couleur ?
- recherche comédien(ne)s
- Festival Bancs Publics