En tournée
Fragile plutôt que farouche, frêle et poétique plutôt que fragile, heureuse et émerveillée plutôt que frêle. Les adjectifs s'enchaînent, à l'image des tableaux de son spectacle, pour tenter de qualifier Aurélia T.

« Dans notre famille, nos rapports sont basés sur les projets que nous pouvons faire ensemble », confie Aurélia. C'est pourquoi, après des années passées de l'autre côté de l'Atlantique, elle a décidé de revenir en Europe, et de travailler avec sa mère, dont elle admire l'univers. « Je ne voulais pas rater cette chance. Nous en avions envie toutes les deux, au même moment. J'ai sauté sur l'occasion ».
Aurélia est née au beau milieu d'une tournée de ses parents. Toute petite, elle participait au spectacle avec son frère, puis elle a décidé de vivre dans une « vraie maison » et d'aller dans une « vraie école ». Rupture, qui se produit dans beaucoup de familles d'artistes. New York, boulots variés dans le milieu artistique, apprentissage du trapèze, de la danse, assistanat d'une comédienne, quelques numéros dans des cabarets ou avec les Tiger Lillies... Et puis, à l'orée de la trentaine, l'envie de Victoria.
« Au début, nous avons monté deux numéros, toutes seules, très vite, à la campagne. Elle a les idées, elle réalise les accessoires avec des bouts de ficelle, et moi je suis le fil de tout cela. » Tout en avouant qu'elle croise très fort les doigts pour que « tout tienne » chaque soir, Aurélia a les yeux qui pétillent lorsqu'elle parle de cet Oratorio. « Cela fait quatre ans que je tourne un peu partout dans le monde, que le spectacle évolue petit à petit, légèrement différent tous les soirs, en fonction des aléas. C'est tout ce que j'ai envie de faire pour le moment ; j'en profite au maximum ; j'aimerais que ce spectacle meure de sa belle mort, je ne sais pas quand. »
Aurélia, naturelle et généreuse comme sa mère (même s'il y a également une tendresse infinie entre son père et elle) ; légère comme une plume que le moins souffle de théâtre peut envoyer dans les cintres ; espiègle comme une enfant qui s'amuserait à jouer de bons tours aux adultes, en se cachant dans les endroits les plus improbables ...
Il y a bien un univers « Thierrée Chaplin » : celui de l'illusion, que chacun des membres de la famille s'approprie, et qui donne aux spectateurs l'envie d'en découvrir toujours plus. Les théâtres parisiens vont nous en donner à cœur joie, dans les semaines qui viennent. C'est suffisamment rare pour ne pas le rater.
L'Oratorio d'Aurélia jusqu'au 3 mars 2007 au Théâtre de la Ville
Création 2007 de la Compagnie du Hanneton (James Thierrée) du 16 au 30 mai 2007 au Théâtre de la Ville
Le Cirque invisible (Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée) au Théâtre du Rond Point du 17 avril au 6 mai 2007
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