Pelouse de Saint-Cloud jusqu'au 1er avril 2007, puis en tournée
On les a connus en plein ciel, avec leur premier spectacle « Arts sauts » ; ils sont passés sous bulle et metteur en scène avec « Kayassine » ; leur troisième spectacle sera leur dernier : « Ola Kala » fait une dernière halte à Paris, pelouse de Saint Cloud, à deux pas du chapiteau d'Alexis Gruss, dont le cirque national a fêté ses trente printemps... Chronique, et interview vidéo avec l'un des co-fondateurs : Stéphane Ricordel.
Pas de metteur en scène pour ce « Tout va bien » (traduction de l'expression grecque « Ola Kala »), mais on sent toute l'expérience accumulée au cours des treize années d'expérience et de tournées. Savaient-ils, en créant, que cette production serait la dernière ? En composant les trois parties de ce spectacle, l'une esthétique, l'autre toute en prouesse, la dernière enfin davantage axée sur les personnalités de chacun des interprètes, pensaient-ils mettre en point final à cette exploration du trapèze et des spectacles qui peuvent en résulter ?
Toutes les pistes
Le dispositif en croix offre, il est vrai, des possibilités intéressantes, des changements de direction en vol permettant la chorégraphie. Les ballets autour des pôles, au rythme des cordes live ; les images fugaces dans les nappes de lumière ; les contre jour sur le duo de filles au trapèze ou sur le solo au tissu ... autant de marques d'une recherche sincère, de l'aboutissement et de la maturité d'expression d'un groupe hors du commun. Techniques, ils le sont quand il le faut ; sensibles, poétiques aussi ; drôles même, souvent. Car ces artistes-là sont des personnes avant d'être des instruments à fantasme (autant ceux du public que du metteur en scène d'ailleurs).
De l'art
Bien sûr, ils tombent, et c'est dommage. Cela n'arriverait jamais chez les Russes ou les Chinois, parfaites petites mécaniques, ivres d'entraînement. Bien sûr, ces derniers ont beaucoup évolué et peuvent présenter des numéros proches de la création contemporaine. Mais à quoi sert de comparer ce qui est incomparable ? Chez les Arts sauts, il s'agit d'écriture, dans l'espace, au souffle du son et de la musique créée pour et avec eux, là-haut, au fil de la vie. « Ola Kala » est une œuvre d'artiste, pas une succession de prouesses plus ou moins habilement enchaînées. Et l'on se dit, au fond du transat qui permet aux spectateurs de ne pas se briser la nuque à regarder continuellement en l'air, que là gît la différence entre cirque nouveau et cirque traditionnel. Ces deux-là, même s'ils peuvent se respecter et s'apprécier différemment, n'ont décidément pas les mêmes valeurs !

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