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Période charnière pour l'histoire du cinéma japonais, les années 80 et 90 voient se croiser les derniers films des grands maîtres reconnus internationalement (Akira Kurosawa) ou des spécialistes (Kon Ichikawa ) et les nouveaux talents comme Takeshi Kitano, Kiyoshi Kurosawa ou Takashi Miike . Le panorama proposé par la Maison du Japon nous permet de percevoir de manière plus claire l'évolution d'une cinématographie sans cesse étonnante et, sans pour autant tomber dans l'exotisme, atypique. Entre inédits et révision de classiques, trois mois et plus de 50 films pour élargir nos horizons japonais.
Autre particularité du cinéma japonais : son immense productivité. La naissance de studios puissants a permis l'initiation puis la sécurité de création de cinéastes tels qu'Ozu, Mizoguchi ou Kurosawa. Piliers d'un cinéma varié, divisé en genres très appréciés comme le film de monstres (Godzilla), le film de femme ou de famille (Ozu), le roman porno (Konuma) ou le Pink Movie, l'épopée historique (ou Jidaigeki)... La Toei, la Toho et la Shôchiku, trois studios parmi les plus considérables en Asie, ont permis au Japon de produire certaines années presque autant de films que les Etats-Unis.
Si la Maison du Japon s'intéresse particulièrement aux années 80 et 90, c'est que celles-ci marquent un tournant important, la « mort » des grands studios. Succédant 30 ans plus tard à celle des studios hollywoodiens, la crise du système de production a mis fin au parcours tout tracé des assistants réalisateurs qui passaient automatiquement à la réalisation. Désormais, les productions indépendantes sont primordiales pour la reconnaissance de jeunes cinéastes. Primordiales et fragiles, d'où la diminution des films « à grand spectacle » comme pouvait en faire Akira Kurosawa. Retour aux films de genre plus à l'américain, aux séries B, aux histoires intimistes et low budget.
Dans ce contexte, la programmation du panorama est scindée entre les derniers films des maîtres reconnus, et la découverte des jeunes talents émergents, qui étaient parvenus ou non sur nos écrans de manière décousue et anachronique (les films de Kitano ont ainsi été distribués dans le désordre). Des premiers, on reverra avec plaisir Kagemusha d'Akira Kurosawa, La Ballade de Narayama d'Imamura ou Les Quatre sœurs de Kon Ichikawa.
Des seconds, on peut tout attendre. Pour ceux qui ne les ont pas vu, quelques films immanquables : Sonatine de Kitano, Moe no Suzaku de Naomi Kawase (la seule femme de la sélection), Cure de Kiyoshi Kurosawa , After Life d'Hirokazu Koreeda, Gemini de Tsukamoto, et les sublimes M/Other de Nobuhiro Suwa et Gojoe de Sogo Ishii . Et de bonnes surprises sont certainement à attendre de films tels que Tampopo de Juzo Itami (décrit comme un « western-spaghetti, thriller, parodie érotico-culinaire »), Ils ont peur de Makoto Wada, Ikinai de Hiroshi Shimizu ou Boys be ambitious de Kazuyuki Izutsu.
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