| . | Avatar |
| . | Max et les maximonstres |
| . | The Proposition |
| . | Qu'un seul tienne et les autres suivront |
| . | Yuki et Nina |
| . | Persécution |
| . | Mensch |
| . | RTT |
| . | Les critiques Cinéma |
Corée / 1996 / 1998 / 2000
Sortis groupés, les trois premiers films du coréen Hong Sangsoo à atteindre nos écrans ne forment pas à proprement parler une trilogie, mais il s'agit indéniablement d'un univers unique, non linéaire et perturbé, hanté par de nombreux morts et baigné d'un humour douloureux. Magnifiquement écrits, ils tracent un portrait de la Corée moderne à travers des personnages souvent très touchants, entre crise existentielle et plaisirs simples.
Le Jour où le cochon est tombé dans le puits
Corée / 1996 / 115'
Avec Kim Ui-seong, Lee Eung-Kyung, Park Jin-sung, Cho Eun-suk
Le Pouvoir de la Province de Kangwon
Le Pouvoir de la Province de Kangwon est, à l'opposé, le plus lumineux et « oxygéné ». A l'instar de ses personnages, qui vont se promener dans les beaux paysages montagneux de Kangwon, Hong déleste se libère un peu du pathos poids lourd. On suit ici trois jeunes filles en villégiature, parmi lesquelles Jisook, qui aura une aventure avec un policier rencontré là. Plus tard, mais en fait au même moment, c'est un jeune professeur qui se rend dans ces montagnes. Petit à petit, des liens se tissent entre ces deux histoires parallèles, en particulier la présence d'une femme, croisée dans les deux histoires, dont on apprendra l'assassinat par son mari. Une femme meurt, et l'on comprend qu'en fait Jisook vient tirer une croix sur sa relation avec le professeur, au même moment où celui-ci se prépare à changer de vie. Comment mieux relater de la séparation de deux êtres qu'en montrant la simultanéité de leurs deux existences, totalement indépendantes et indifférentes l'une à l'autre, même si l'une l'est plus que l'autre (des deux personnages, seule la jeune fille souffre...) ?
Le Pouvoir de la province de Kangwon
Corée / 1998 / 108'
Avec Baek Jong-hak, Chun Jaehyun, Im Sunyoung, Kim Yoosuk
La Vierge mise à nu par ses prétendants
La Vierge mise à nu par ses prétendants adopte une construction encore plus ambitieuse et complexe. Dans un premier temps, on découvre une jeune femme scripte, un peu draguée par le metteur en scène avec lequel elle travaille, mais qui sort avec un ami de celui-ci, riche commerçant d'art. Sa virginité la gêne, et elle remet sans cesse le moment du passage à l'acte, qui nous ramène au premier plan du film, où son amant s'entend dire qu'elle ne viendra pas. A partir de ce moment, le film recommence du début, amis dans une version alternée, où les désirs enfouis s'accomplissent, et où la vierge n'est plus si pure. S'agit-il là de la réalité et de son pendant fantasmé ? Hong Sangsoo ne veut pas trancher, et laisse l'alternative au spectateur. Si le dispositif amuse, la lenteur avec laquelle il se met en place et son aspect très répétitif ne parviennent pas à emporter totalement l'adhésion. Il y a quelque chose de roublard et de ludique dans la façon dont Hong utilise le cinéma, mais là, les personnages son assez peu touchants.
La Vierge mise à nu par ses prétendants
Corée / 2000 / 126'
Avec Lee Hunjoo, Jung Bosuk, Moon Sungkeun
Impression de perte, de chute
Dans ces trois films, l'impression dominante est celle de la perte, de la chute. Perte d'un amour ou de sa virginité, Hong ne semble s'intéresser qu'à la fin, la disparition des moments forts de la vie. D'où le sentiment de nostalgie et même de morbidité qui peut parfois imprégner ses longs plans fixes. C'est ce mélange de mort à l'écran et d'humour qui fait toute l'originalité de son cinéma, qui n'est pas vraiment facile d'accès, mais qui peut dégager un charme unique.
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z