Petite histoire du rock (12/12)
Le rock serait-il une cure de jouvence ? Robert Smith est à l'image du rock : adulte, androgyne, sévère, mais à jamais empreint d'une forme d'énergie adolescente.
Souvent tenu à l'écart des livres d'histoire du rock, trop singuliers peut-être ou finalement pas assez décisifs musicalement en dehors de leurs 3 ou 4 premières années de carrière, les Cure nous fournissent néanmoins l'image synthèse de ce que le rock a été pendant 50 ans. Le visage de Robert Smith est le visage du rock : adulte, androgyne, sévère, mais empreint, jusque dans sa déclinaison bouffie d'aujourd'hui, d'une forme de grâce et d'énergie adolescente.
Ce visage, parfois caché sous un maquillage grossier, recomposé au khôl et élargi par des cheveux emmoumoutés d'épis, exprime la distance au monde, l'appartenance à la sphère spirituelle arrachée à la pauvreté de la chair et du portefeuille, l'élan vers une divinité faite d'électricité, d'ivresse et d'idéal amoureux. C'est ce rattachement permanent au second âge de l'adolescence, celui où apparaît la tristesse, et sa prolongation au-delà du raisonnable qui fait l'originalité du rock et de la pop music.

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