Impossible de départager Py, Caubère et Bob Wilson ? Impossible de comparer Cabaret, Beckett et Racine ? C'est que vous n'avez pas encore lu cette sélection des temps forts de l'année. Play !


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Trois événemenents
1. L'année Olivier Py
C'est l'année de toutes les consécrations pour le directeur du CDN d'Orléans, auteur poète, acteur, metteur en scène. On l'invite pour une « grande parade » au Rond-Point parisien, il clôt le festival d'Avignon avec un hommage à Jean Vilar et début décembre, le voilà nommé successeur de Jo Lavaudant à l'Odéon. Chapeau bas !

2. L'épopée Caubère
Clown brillant et acteur de tous les personnages qui ont peuplé sa vie, Philippe Caubère boucle sa superbe « autobiographie comique et fantastique » au Théâtre du Rond-Point. Un marathon de 18 heures, pendant quatre mois.

3. Broadway sur Seine
La grosse machine américaine fait son entrée en France. Et ça marche ! Efficace et bien huilée, la comédie musicale made in Broadway parvient à s'imposer aux Folies Bergère, malgré les idées préconçues... et le prix des places, rédhibitoire (entre 28 et 90 euros).

Sept pièces de théâtre

4. Les Illusions comiques de Olivier Py, au Roind Point
Le meilleur : Les Illusions Comiques d'Olivier Py (encore !), avec pour texte de la pure bombe théâtrale et pour interprètes des comédiens lâchés dans de véritables numéros d'anthologie. Un texte complètement mégalo et génial à la fois, une déclaration d'amour enflammée pour le théâtre, et un comédien extraordinaire Michel Fau qui nous offre des moments d'anthologie. Et le pire : Les Vainqueurs, neuf heures de supplice infernal. Le bien et le mal !

5. Quartett de Bob Wilson à l'Odéon
Mon premier présente des images saisissantes, mon second une esthétique des années 80 particulièrement réussie qui nous replonge dans l'univers de Heiner Muller. Mon tout offre la magie d'un voyage déstructuré en Wilsonie. Le spectacle de l'année 2007 peut-il être signé Bob Wilson ?

6. Bérénice de Jean-Louis Martinelli, aux Amandiers
Autre grand moment de bonheur théâtral ! Martinelli nous offre au théâtre des Amandiers le texte de Racine dans toute sa force et sa puissance. Une mise en scène épurée, un envoûtement de bout en bout.

7. Les Marchands de Joël Pommerat, à la Villette
Après la déception vécue devant Cet enfant au printemps, la joie de retrouver un Pommerat de tout premier cru à l'automne. Robert Hossein devrait venir prendre des cours : oui, réaliser un bon spectacle commenté de bout en bout en voix off, c'est possible !

8. Le Golem par Pseudonymo, au TGP Saint-Denis
Le théâtre Gérard Philipe a la bonne idée de nous faire découvrir la compagnie Pseudonymo, formée à l'art des marionnettes, qui revisite le mythe juif du Golem. La scène devient un lieu d'illusions magiques et nous offre des séquences oniriques mémorables.

9. Penthésilée/paysages, d'Aurélie Guillet au TGP Saint-Denis
Par delà la guerre, c'est une interrogation sur les liens entre l'intime et le politique que nous livre Aurélia Guillet, dans ce spectacle qui portait sur les nerfs de ses spectateurs, tellement il était chargé en émotivité.

10. Corps Otage de Jalila Baccar, mise en scène par Fadhel Jaïbi
Un des rares spectacles venus du monde arabe et que l'on peut voir à Paris, dans des lieux institutionnels, au théâtre de l'Odéon, en l'occurrence. À défaut de rendre espoir en l'avenir, ce spectacle était un grande leçon de mise en scène et le texte dialectisait le monde contemporain et l'histoire récente de la Tunisie. Pas démonstratif : lumineux !

Trois manifestations
11. Avignon consensuel
Après un festival 2005 chaotique, l'édition 2006 joue les valeurs sûres : Peter Brook, Bartabas, et le chorégraphe Josef Nadj en artiste associé qui réconcilie la Cour d'honneur avec son public. Le tandem de direction Baudriller-Archambault est donc reconduit par monsieur le ministre pour quatre ans...

12. Flamboyant Beckett
Pour célébrer le centenaire de la naissance de l'auteur irlandais, Paris Beckett propose 350 manifestations en Ile de France depuis septembre et jusqu'en mai. Les premiers spectacles dévoilés, de Fin de partie aux Dramaticules sont redoutablement réjouissants. C'est le moment ou jamais de plonger dans son humour faussement désespéré.

13. Le festival du Standard Idéal 2006 à Bobigny
Un cru particulièrement intéressant avec La Mouette, mise en scène minimaliste d'Arpad Schilling, Les Présidentes, de Jon Bosse, et mention spéciale Michael Simon, pour sa mise en scène de Drames de Princesses, dynamique et complètement déroutante. Des moments de pur théâtre. On en redemande, vivement 2007 !


Plus loin que loin de Zinnie Harris





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