Ci-dessous, le programme d'Olivier Besancenot et le Manifeste de la LCR, qui vise à "répondre aux nécessités contemporaines du combat pour une alternative socialiste".


- Venez en débattre sur le forum Présidentielles 2007
- Cette page fait partie des textes de référence rassemblés par Fluctuat.net de façon non partisane pour documenter la Présidentielle 2007.

Programme de la LCR :
(à lire aussi, le Manifeste de la LCR, téléchargeable en PDF)

Introduction

Au printemps dernier, le mouvement massif de la jeunesse pour le retrait du CPE a marqué une nouvelle crise sociale et politique en France. Après la victoire du référendum, le 29 mai 2005, et la révolte des banlieues à l'automne 2005, ce mouvement a montré une nouvelle fois que la politique menée par M. Galouzeau de Villepin est illégitime et qu'il est désavoué. Comme seule réponse à ces désaveux, le gouvernement s'est entêté et a voulu passer en force pour imposer un véritable permis de licencier pour les moins de 26 ans. La mobilisation l'a mis en échec. Les effets des politiques menées par les gouvernements de gauche comme de droite sont désastreux pour un très grand nombre d'entre nous : précarité, chômage de masse, pauvreté, démantèlement des services publics, crise du logement...

C'est cette politique que nous combattons depuis de nombreuses années.

Le succès du 29 mai et de la mobilisation exceptionnelle contre le CPE nous montrent qu'unis nous pouvons être assez forts pour faire reculer le gouvernement. Mais pour mettre un véritable coup d'arrêt à ces attaques libérales, il ne suffit pas d'organiser des journées d'actions nationales ou même d'obtenir des succès partiels. Nous devons construire un mouvement d'ensemble capable d'affronter directement le patronat et de remettre en cause l'ensemble des politiques libérales. Ce mouvement d'ensemble ne pourra aboutir que s'il se fonde sur des exigences précises et radicales, faisant écho aux luttes sociales. Nous devons, pour cela, tracer la voie d'une rupture, d'une autre politique fondée sur la satisfaction de nos besoins sociaux fondamentaux.

Cette voie n'est évidemment pas celle prise par la droite, ni celle des gouvernements de gauche qui se sont succédés en France et en Europe et ce n'est pas celle proposée aujourd'hui par la direction du parti socialiste et ses différents candidats à la présidentielle de 2007. L'emploi, le pouvoir d'achat, le logement, les services publics, les mesures frappant la jeunesse sont des questions brûlantes pour lesquelles nous avançons des propositions. Celles-ci s'inscrivent dans une politique globale qui doit assurer le droit à la santé, à la retraite, à un environnement qui respecte notre cadre de vie, une réelle égalité des droits des femmes et les populations issues de l'immigration.

Sur l'ensemble des ces questions, nous avançons des revendications, des propositions sous forme d'un plan d'urgence pour répondre aux besoins immédiats. Ces mesures nécessitent de changer le rapport de force pour aller chercher l'argent où il se trouve : dans les poches des patrons et des actionnaires !

C'est autour de telles exigences que devraient pouvoir se réunir dans une même force politique toutes et tous les militants qui se battent chaque jour dans les entreprises, les quartiers, les syndicats et les associations pour transformer la société, résister à l'injustice. Cette force anticapitaliste permettrait enfin de disposer d'un outil politique fidèle aux intérêts des salariés et de la jeunesse.

Remettre en cause les règles du capitalisme, le pouvoir de la bourgeoisie à contrôler le monde est la condition essentielle pour imposer une politique réellement à gauche et répondant aux aspirations du plus grand nombre.

Ce qui fait le quotidien de chacun de nous sont des choses simples :
- Nos conditions de logement, de travail lorsque nous en avons un, de transport ;
- Ce que notre salaire nous permet de nous procurer comme nourriture, comme biens et services indispensables ;
- Notre santé, celle de nos proches et les moyens de la préserver ou de la recouvrer par l'accès à des services de soin ;
- La scolarité, si nous avons des enfants en âge de l'être ;
- La sécurité de nos conditions de vie, le respect par l'Etat, les institutions et ceux qui nous entourent de notre dignité et de nos droits, quel que soit notre sexe, notre origine, notre orientation sexuelle et nos choix de vie.
- Enfin notre place dans la société, le droit que nous avons de nous exprimer, de ne pas nous voir imposer, souvent en notre nom, des choix contraires à notre volonté, dans l'entreprise, le quartier, la ville ou le pays.
- Le temps, le temps dont nous voulons disposer pour nous épanouir, pour que la vie ne soit pas que la succession répétitive d'une litanie cruellement résumée il y a déjà longtemps « transport, boulot, dodo ».

Dans chacun de ces domaines, on pourrait penser que nous vivons dans une société à même de nous apporter bien être et sécurité.

Force est de constater que c'est l'inverse. La situation s'aggrave pour l'immense majorité d'entre nous, non pas par fatalité, mais par une suite de choix économiques, sociaux, politiques qui méprisent nos besoins pour correspondre aux intérêts d'une minorité...

I. Défendre et étendre la protection sociale

Peur de perdre son emploi, peur de la maladie et de ne pas pouvoir se soigner correctement, peur de vieillir dans la misère... L'insécurité sociale est le « carburant » du libéralisme débridé. Cette peur alimente le marché juteux, des assurances et autres fonds de pensions qui exclut celles et ceux qui ne peuvent pas payer et sont réduits à l'assistance et la culpabilité.

A l'inverse, nous défendons une protection sociale solidaire, élargie pour toutes et tous, dans laquelle chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.

Partie socialisée, mise en commun, de notre salaire, la protection sociale ne peut être gérée que par les salariés eux-mêmes. La dissociation entre part salariale et part patronale n'a servi qu'à introduire le patronat dans la gestion des caisses où il n'a rien à faire.

Les moyens existent pour combler tous les fameux « trous » dont les gouvernements nous rebattent les oreilles à longueur de temps pour justifier les attaques anti-sociales, en :

- Augmentant les salaires, donc aussi les cotisations sociales

- Réduisant le chômage (100 000 chômeurs en moins c'est 1 milliard d'euros en plus pour la protection sociale)

- Supprimant toutes les exonérations de cotisations qu'elles portent sur les bas salaires ou sur les différents modes de rémunération mis en œuvre par le patronat pour échapper aux cotisations : épargne salariale, participation, intéressement, primes « Villepin », stock options...

Le droit à la santé donc l'accès aux soins gratuits pour tous

- Abrogation des réformes libérales, du plan hôpital 2007, de la tarification à l'activité, suppression du forfait hospitalier, des montants non remboursables

- Remboursement intégral de tout médicament mis sur le marché

- Fin de l'organisation libérale de la médecine de ville et du paiement à l'acte

- Un véritable service public des hôpitaux, nationalisation des cliniques privées, suppression des lits privés dans les hôpitaux

- Nationalisation de l'industrie pharmaceutique et de la recherche avec la mise sous contrôle public.

Le droit à la retraite

- Annulation des mesures Balladur de 1993, de celles sur les caisses complémentaires de 1996, de la loi Fillon de 2003

- Un seul régime de retraite, 37,5 annuités, et droit à retraite pleine et entière garantie à 60 ans et moins pour tous les métiers pénibles

- Taux de remplacement à 75 % du dernier meilleur salaire, et en tout cas pas de retraite inférieure au Smic, indexation des pensions sur les salaires

- Prise en charge de la dépendance et du 4e age.

La protection contre le chômage

Le chômage est aujourd'hui le risque le plus mal traité. Pour nous il doit pourtant être partie intégrante de notre système de sécurité sociale avec une branche chômage qui garantisse le maintien du salaire en cas de perte d'emploi.

Les moyens pour élever les enfants et pour l'autonomie des jeunes

- Allocation égale pour chaque enfant dès le premier et quel que soit le rang

- Allocation pour les jeunes pour étudier et être autonomes (51 % des étudiants sont salariés, 100 000 vivent en dessous du seuil de pauvreté).

II. Un vrai emploi, un vrai salaire

La baisse du chômage dont se prévaut le gouvernement est un tour de passe-passe statistique puisque les chiffres officiels du chômage diminuent alors que le nombre de salariés disposant d'un emploi n'augmente pas. Le chômage reste un chômage de masse qui touche encore près de 3 millions de personnes.

Droit à un emploi stable

Même si le CDI stable (hors CNE !) reste encore largement prédominant, tous les processus à l'œuvre concourent à renforcer la précarité et le maintien d'un chômage de haut niveau. Les emplois sont clairement devenus des variables d'ajustement pour les profits et aucun gouvernement récent ne s'est réellement opposé au droit régalien de l'employeur de licenciement.

L'intérim concernait 250 000 travailleurs en 1990, 650 000 aujourd'hui. On estime le nombre de chômeurs et de précaires entre 8 et 12 millions. Les luttes des dernières années et les réflexions des syndicats ont mis au cœur l'exigence du droit à l'emploi, la remise en cause du droit de licenciement, particulièrement scandaleux lorsqu'il concerne des entreprises largement profitables qui recourent à des licenciements pour convenance boursière.

Nous pensons qu'il faut clairement inverser la logique, en ne posant pas l'emploi comme une possibilité économique, mais comme un droit social. Cela impose de mettre la précarité hors la loi, mettre hors la loi tous ces emplois qui ne permettent pas de vivre de son salaire.

Le CDI stable et à temps plein comme unique contrat de travail. Le temps partiel ne peut être choisi que s'il n'est pas imposé à l'embauche et si le retour à temps plein peut être un choix automatique du salarié ( de la salariée, dans l'essentiel des cas). Re-qualification systématique des contrats précaires et des temps partiels

Interdire tous les licenciements

Tout licenciement abusif doit être déclaré nul de plein droit et se traduire par la réintégration immédiate du salarié concerné. Evidemment, le contrat CNE doit être abrogé.

Plus fondamentalement, il faut remettre en cause la logique même du licenciement, qui ramène, dans la pure logique libérale, le salarié à une variable d'ajustement.

C'est une incursion franche dans la propriété capitaliste à laquelle il faut procéder en mettant hors la loi le licenciement, en instituant la pérennité du contrat de travail, au-delà des changements de poste ou de qualification ; contrat de travail de la responsabilité totale de l'employeur, de la branche professionnelle ou du patronat local, au-delà des aléas de telle ou telle activité. A l'instar de ce qui concerne les personnels titulaires de la Fonction publique, le salarié doit avoir la garantie du maintien de son contrat de travail, de son salaire et de son évolution de carrière. Evolution technologique, formation, reconversion doivent se faire dans une stricte continuité de ce contrat de travail.

De tels choix ne peuvent être qu'imposés au patronat. Toute idée de seulement prolonger l'étude de solutions alternatives à des licenciements ne concerne que les licenciements collectifs faisant l'objet d'un « Plan de sauvegarde de l'emploi » (PSE :moins de 5% de l'ensemble des licenciements) et laisse finalement le patron seul juge et décideur.

- C'est donc bien l'interdiction de tous les licenciements que nous revendiquons, la mise hors la loi du licenciement en imposant le maintien du contrat de travail.

- Pour financer d'éventuelles défaillances à ces règles, un fonds de sécurité sociale professionnelle pourra être mis sur pied, financé par des cotisations patronales assises sur les salaires, et géré (comme devrait l'être l'ensemble de la Sécurité sociale) par des représentants des salariés.

En finir avec la pauvreté

Avec le chômage de masse s'est développée une pauvreté de masse. 7 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (selon les critères européens) soit un revenu inférieur à 890 euros par mois et par personne. 60 % d'entre elles sont des salariés.

1,2 million de personnes n'ont que le RMI pour vivre : 425 euros par mois. Le nombre de travailleurs pauvres ne cesse de croître. Le nombre d'emplois à bas salaires (moins de 980 euros par mois) aussi, 41 % en 1992, 50 % en 2001 .

De même l'emploi à temps partiel, 13, 1% en 1992, 16,5 % en 2003, avec le plus souvent des salaires bien inférieurs au Smic. La crise du logement frappe au premier plan les plus défavorisés. 29 % des SDF travaillent.

- Reconnaissance que quiconque ne peut vivre en dessous du seuil du SMIC. Il n'y a pas pour nous de « minima sociaux » acceptables sous forme de charité, cantonnant une partie de la population active dans une situation d'assistés. L'absence d'emploi est la responsabilité pleine et entière du patronat.

- Maintien, en cas d'absence d'emploi, d'une rémunération égale au salaire antérieur. Cela doit être la règle, ce qui implique que personne n'ait une rémunération inférieure au SMIC.

Augmenter les salaires

Mais au-delà, pour quelle raison accepterions-nous que le montant des salaires soit toujours calculé au plus juste alors que les profits explosent et que des dizaines de milliards d'euros valsent chaque jour dans les échanges d'action, dans des monopolys financiers d'achat et de revente d'entreprises, d'OPA qui sont toujours inamicales pour les salariés ? De 1980 à 1995, les patrons ont réussi à transférer 10 points de PIB ( autour de 160 milliards d'euros chaque année) de la poche des salariés à celles des patrons et des actionnaires. Evolution silencieuse, mais redoutable car elle s'est traduite par des profits colossaux pour quelques-uns et par une détresse quotidienne pour des millions d'entre nous.

- Le SMIC doit être relevé à 1 500 euros net mensuels, soumis à l'ensemble des cotisations sociales sur les salaires.

- Les salaires, dont le pouvoir d'achat a été érodé depuis de longues années, doivent être réévalués de 300 euros nets.

Ces deux mesures sont minimales pour que chacun puisse vivre décemment.

Certains experts et politiciens qui ne craignent pas les fins de mois difficiles diront que de telles mesures seraient mortelles pour la compétitivité des entreprises et accroîtraient le chômage. A cela nous répondrons que récupérer les sommes réservées aujourd'hui aux dividendes et à la spéculation n'a aucun effet sur la compétitivité...Par ailleurs, l'essentiel de nos échanges ont lieu au sein de l'Union européenne ou avec les USA, les différences très importantes de niveau de rémunération entre les différents pays de l'Union ou avec les USA n'a pas jusqu'à ce jour provoqué la mise au chômage des millions de Danois ou de Néerlandais, pourtant largement mieux rémunérés que les salariés français. Dans tous les cas, bien sûr, nous nous prononçons pour un SMIC européen correspondant dans chaque pays à un pouvoir d'achat similaire à celui de 1500 euros net en France...

Les inégalités de genre sont extrêmement profondes. Cette oppression des femmes (46 % de la population active) a pour conséquence de diviser les salariés et de parcelliser la classe ouvrière. C'est une arme du patronat pour dégrader la condition salariale dans son ensemble.

- Pour parvenir à l'égalité salariale, il faut une réévaluation obligatoire des salaires et des carrières des femmes salariées pour les mettre au niveau de salariés hommes du même niveau de qualification, ce qui impose de reconnaître les qualifications des métiers « féminins » ( notamment santé et éducation).

III. Travailler moins longtemps, moins durement, pour travailler toutes et tous

Pour le patronat, nous ne travaillons pas assez, il faut revenir sur les 35 heures, autoriser davantage d'heures supplémentaires et même « travailler plus pour gagner plus » !

Dans la réalité, certains et certaines travaillent trop, trop longtemps, trop durement, ils et elles s'usent au travail ; d'autres, ou les mêmes à un autre moment de leur vie, souffrent d'être privés d'emplois, ou de subir, comme c'est souvent le cas pour les femmes, un temps partiel imposé ne permettant pas d'en vivre.

Abolir le chômage par la réduction massive et constante du temps de travail

Malheureusement, à cause de la façon dont elle a été mise en œuvre concrètement, la réduction du temps de travail ne s'impose plus comme réponse évidente, ni au chômage, ni à l'usure au travail.

La flexibilité n'a cessé de se développer et elle a fait un bond en avant spectaculaire à la faveur de l'application de la loi Aubry 2 : horaires variables sans prévisibilité parfois d'un jour sur l'autre, augmentation du travail de nuit, du soir, du week-end.

Les gains de productivité ne doivent pas servir à augmenter les dividendes des actionnaires à une extrémité de la société et à faire augmenter le chômage et la précarité à l'autre extrémité, mais à travailler toutes et tous moins longtemps, moins durement.

- Réduction du temps de travail sans perte de salaire, sans flexibilité et avec les embauches correspondantes à 32 heures hebdo tout de suite pour toutes les entreprises et à 30 heures très rapidement ;

- Mise en place un dispositif de réduction du temps de travail automatique en fonction du nombre de chômeurs pour partager le temps de travail.

Défendre le droit de toutes et tous au temps libre et personnel

La flexibilité dégrade les conditions de travail et déstabilise les conditions de vie, plus encore pour les femmes qui sont astreintes à une double journée de travail, et qui sont souvent en charge totale des enfants dans les familles monoparentales. Les facteurs de flexibilité s'ajoutent : 64 % des femmes travaillant la nuit sont assujetties à des horaires variables contre 31,7 % pour celles qui ne travaillent que de jour.

Les conditions d'emplois des salariés en temps partiel, sont rendues particulièrement difficiles : modification incessante d'horaires, fractionnement de la journée en plusieurs plages de travail, impossibilité de fait d'occuper un second emploi.

Le travail de nuit habituel concerne 7 % des hommes et 2.4 % des femmes en 2002 contre 4.7 % et 1.9 % en 1991.

- Réduire le travail de nuit aux postes indispensables pour la santé et la sécurité, et dans tous les cas le compenser par une durée du travail très inférieure et un départ en retraite anticipé ;
- Interdire les horaires flexibles et les heures supplémentaires ;
- Supprimer le temps partiel imposé par le passage à temps plein automatique sur simple demande des salarié-e-s ;
- Combattre l'allongement incessant du temps de transport domicile-travail ;

Combattre la double journée pour les femmes

La répartition des tâches domestiques entre hommes et femmes reste identique, depuis plus de vingt ans. Les femmes sont toujours chargées de l'entretien du foyer, des soins aux enfants et aux personnes dépendantes. Leur place dans le monde du travail reste déterminée par cette charge domestique.

- Partage des tâches domestiques entre hommes et femmes
- Services publics gratuits, de qualité, avec personnel mixte : défense des maternelles, crèches gratuites, amélioration en nombre et en qualité des maisons de retraite, de l'hôpital public...

Pour ne pas perdre sa vie à la gagner, Droit à la santé dans et hors des entreprises, pour une écologie sociale

La probabilité de décéder entre 35 et 65 ans est deux fois plus élevée pour un ouvrier que pour un cadre.

Non seulement, le travail capitaliste use mais il tue prématurément. En dépit du progrès médical technologique et scientifique et de l'augmentation globale de l'espérance de vie, les chiffres ne s'améliorent plus depuis 20 ans.

A bas salaire, mauvaises conditions de travail, mauvaises conditions de logement et d'alimentation, long temps de trajet domicile-travail.

Les enquêtes récentes du Ministère du travail mettent en évidence la dégradation des conditions de travail et l'augmentation des facteurs de risques : soumission du rythme du travail à une demande extérieure obligeant à une réponse immédiate, exposition au bruit, manutention de charges.

Entre 1999 et 2003, le nombre d'accidents du travail avec arrêt est passé de 711 035 à 721 227, le nombre d'accidents du travail graves de 46 085 à 48 774.

Le nombre de maladies professionnelles reconnues est passé de 15 554 en 1997 à 41 673 en 2002, le nombre de décès reconnus comme causés par des maladies professionnelles de 95 en 1997 à 410 en 2002. Ce dernier chiffre est pourtant totalement sous-évalué.

Le scandale de l'amiante est révélateur : plus de 100 000 morts sont attendus sur les vingt prochaines années !

La bataille pour un environnement sain commence à l'intérieur des entreprises. Le patronat et le gouvernement français se sont opposés farouchement à toute version contraignante du règlement communautaire REACH visant à évaluer et contrôler les produits et substances chimiques alors que 99 % des substances aujourd'hui mises sur le marché n'ont pas été évaluées.

Une bonne part de la dégradation des conditions de travail, du « harcèlement moral », provient des bouleversements entraînés par la réorganisation du travail lui-même, de la pression constante pour maintenir et accroître le niveau d'exploitation et des mutations d'un processus de travail qui combine individualisation de la gestion des salariés et mise en place d'un management agressif, ceci dans un contexte de dégradation des rapports de forces sociaux et de faiblesse du syndicalisme.

Face à tous ces risques du travail, les salariés précaires, intérimaires, sous-traitants sont les plus exposés.

Les risques au travail vécus par les femmes se cumulent. à la violence physique, psychologique et au harcèlement sexuel, il faut ajouter la violence par le travail : surcharge, cadences rapides, pression des supérieurs et de la clientèle, accroissement de l'emploi précaire peu rémunéré et à faible statut, cumul entre vie professionnelle et vie familiale... A cause de sa vulnérabilité sur le marché du travail et par peur que ce ne soit interprété comme un manque de compétence et de professionnalisme, la femme au travail ne dénonce pas ces agressions qui détruisent sa santé physique (troubles musculo squelettiques (TMS), problèmes respiratoires, problèmes de menstruation, cancers professionnels) et mentale (syndrome de stress post-traumatique : nausée, insomnie, honte, culpabilité, anxiété... dépressions et suicides).

- Droit à un environnement sain pour chaque salarié et toute la population

- Obligation d'évaluation systématique, interdiction et substitution des produits dangereux, mise en application effective du principe de précaution pour mettre fin à l'impunité des capitalistes qui portent atteinte à la santé tant de leur personnel que des consommateurs

- Arrêt des productions les plus polluantes ou les plus nuisibles avec un plan de reconversion des salariés sans perte de qualification ni de revenu : arrêt du nucléaire, réduction de la production de pesticides, arrêt de la production de nombreuses substances chimiques cancérogènes

- Reconnaissance comme maladies professionnelles des conséquences des effets psychosociaux du travail

- Véritable responsabilité financière et pénale des employeurs pour les maladies professionnelles et les accidents du travail

- Interdiction de la sous-traitance et de la précarité dans les sites à risques, embauche par le donneur d'ordre

- Droit de veto des salariés sur l'organisation du travail

- Tolérance zéro contre toutes formes de violences, avec mise en cause et sanctions contre les vrais agresseurs : le patronat et le système capitaliste.

IV. Droit à un environnement sain, nos vies pas leurs profits

Le capitalisme n'exploite pas seulement les hommes et les femmes, il détruit aussi leur environnement en saccageant la planète provocant une crise écologique globale qui menace la survie même de l'humanité. Cette crise a de multiples dimensions et se déploie à une échelle planétaire : crise climatique, impasse énergétique, réduction de la biodiversité, raréfaction relative de ressources essentielles à la vie comme l'eau ou certains végétaux.

Sur chacun de ces points, la lutte résolue pour inverser la tendance à l'œuvre se heurte rapidement au fonctionnement même du système. La hausse continue de la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère entraîne un réchauffement climatique menaçant de produire des bouleversements écologiques catastrophiques. Le protocole de Kyoto n'est absolument pas à la hauteur des enjeux, la situation continuerait seulement à empirer ... un peu moins vite.

L'indispensable et urgente stabilisation de la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère implique dans les pays industrialisés une réduction drastique des émissions, c'est à dire un bouleversement de grande ampleur du système de production industriel et agricole, du système de transports, du système énergétique, de la gestion et la répartition des ressources naturelles. Ce bouleversement ne saurait être conduit par le jeu du marché : au contraire il suppose que les populations arrachent à la minorité privilégiée qui le détient son pouvoir de décision sur ces pans entiers de la vie commune.

Dans l'agriculture

Il faut en finir avec le pouvoir de l'agrobusiness source de pollutions, d'éro­sions, de destruction de petites exploitations, de gaspillage d'eau, de catastrophes sanitaires, et générant des produits peu diversifiés et potentiellement dangereux.

- Interdiction des OGM

- Une politique publique visant au développement et non à la réduction de l'emploi agricole, au soutien à la petite paysannerie,

- Des normes drastiques en terme d'utilisation de pesticides et d'engrais chimiques, de consommation d'eau et de diversification des productions.

- La suppression des subventions à l'exportation.

Les transports

Le fonctionnement du capitalisme tend à accroître démesurément l'usage des transports de marchandises et à privilégier les modes les moins coûteux mais aussi les plus polluants. Le transport routier avec son bas prix du carburant et ses conditions sociales calamiteuses favorise le développement de la sous-traitance, la politique de stock zéro et de flux tendu.

- Développement du transport de marchandises par chemin de fer, voie d'eau ou mer

- Interdiction du transport routier de marchandises longue distance

- Développement et gratuité des transports en commun, en priorité les moins polluants, permettant une réduction importante du recours à l'automobile, et réorganisation urbaine en conséquence.

L'énergie

La dilapidation de ressources fossiles ou minières (à consommation actuelle, quelques décennies pour l'uranium, le pétrole ou le gaz, deux siècles pour le charbon) privera les générations futures de ces ressources non renouvelables. On pollue à grande échelle, on accumule des déchets nucléaires hautement dangereux que l'on ne sait pas traiter.

- Arrêt du nucléaire le plus rapidement possible, avec :

- La mise au point d'un plan de réorganisation de la production énergétique qui place en son cœur les énergies renouvelables de manière à sortir progressivement du pétrole et à ne pas retomber dans le charbon

- Un plan d'économies d'énergie de grande ampleur

- Un plan d'équipement massif en éolien, solaire, et hydrolien

- Priorité à la recherche dans ces secteurs, développement de capa­cités de production à base d'énergies fossiles avec les techniques les moins polluantes et les plus efficaces comme la co-génération pendant la phase transitoire.

Sur Flu :
- La biographie de Olivier Besancenot
- Voir les fils d'actu présidentielles 2007, LCR, candidats, gauche antilibérale sur le blog politique.

Sur le web :
Site officiel de la LCR
Site de campagne d'Olivier Besancenot



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