FPS sur Xbox 360 - Sortie le 10 Novembre 2006
Le prestige de l'uniforme a toujours la côte chez les éditeurs. Ce troisième épisode de Call of Duty se propose de vous faire revivre la libération de Paris. Des tranchées boueuses de Flétan-les-Crasseuses jusqu'aux Champs-Elysées, la route est longue et parsemée de soldats allemands qui ne se laissent pas impressionner par un vulgaire débarquement.
La série repose avant tout sur des situations épiques inspirées de films de guerre célèbres dont les ponts étaient trop loin et les salopards se comptaient par 12. On nous avait promis pour cette fois des innovations graphiques et un gameplay très remanié pour faire oublier le pillage filmographique. Qu'en est-il, soldat ? Au rapport.
Les allemands sont un excellent fond de commerce pour le FPS. C'est un ennemi passe-partout que l'on peut utiliser à volonté pour n'importe quel scénario à ambiance seconde guerre mondiale. Les vert-de-gris sont donc à nouveau les anti-stars du jeu, qui cette fois-ci vous met en devoir d'atteindre Paris. Parce que vous êtes le dernier espoir de libérer Michel Chevalier, les écoles de mime et les cafés de Montmartre, vous allez devoir ramper dans la boue et raser un à un les bunkers de l'axe qui parsèment votre chemin. Vous aurez à cœur de faire dégonfler méthodiquement toutes les poches de résistance, car vous n'êtes pas qu'un défenseur de la bonne cause, vous êtes aussi un prédateur.

Ce dont souffre le plus Call of Duty 3, c'est que ses prétendues innovations tombent à plat face au gameplay 12 ans d'âge. Les jolis nuages de fumée que l'on nous a vanté sont tristement statiques, et l'herbe qui se couche reçoit le prix d'anecdotisme de l'année. Ces détails ne vous feront pas oublier que l'eau ne clapote pas, que la boue ne s'imprime d'aucune trace de pas, que les murs ne marquent pas et que vous régénérez de vos blessures en soufflant deux secondes derrière un talus. Votre soldat de plomb encaisse comme un tank, une capacité que les autres protagonistes vous envieraient. Nous partîmes 500, mais par un prompt tir de barrage, nous nous vîmes 2 pèlerins en arrivant au port.
La mortalité élevée de ceux qui vous entourent est d'ailleurs souvent due à l'IA catastrophique, quand par exemple, ils se coinceront à 4 dans un chambranle de porte. Vous ne pourrez même pas passer votre exaspération sur eux. En effet, la gestion du friendly fire aurait pourtant donné un peu plus de finesse dans les escarmouches ou dans l'utilisation des grenades, qu'on lance en pagaille sous les pieds des camarades pour dégager le terrain. Ce niveau d'absurdité fait écho au scriptage très contraignant des évènements qui font que les ennemis reviendront indéfiniment jusqu'à ce que vous avanciez de quelques mètres vers l'objectif. Un bon indice : Quand vous venez de tuer Hans pour la 40e fois de derrière son sac de sable, c'est que vous êtes trop loin de là où le jeu veut vous voir. Les snipers pointent à l'ANPE et les tacticiens sombrent dans la dépression nerveuse.
La progression est privé de toute liberté. Les décors sont très cloisonnés, nous donnant une sensation de rail frustrante. Ce défaut qui se révèle un archaïsme dans Gears of War, s'avère être une recette de fainéantise sur Call of Duty 3, dont les chemins sont encore plus étriqués. On se surprend à soupirer à chaque apparition d'allemand taquin, au détour d'une embuscade. C'est le même problème qui a nuit à Doom 3. On savait très vite que le moindre coin d'ombre contenait un monstre et que chaque bouton poussé déclencherait l'apparition d'un démon. Ce systématisme tuait toute surprise, en dépit de la débauche de subterfuges employés pour plonger le joueur dans l'ambiance. Même combat pour Call of Duty 3, qui ne brille pas plus qu'une rediffusion du cable.
Vous pouvez vous dispenser de jouer les héros, pour une fois. Oubliez Maurice Chevalier et laissez Paris Brûler.

Call of Duty 3 : En marche vers Paris
Edité par Activision
Disponible sur xbox 360, Xbox, Wii, PS2, PS3
Développé par Treyarch
Sortie le 10 novembre sur Xbox 360