Elargir - avec ou sans contrepartie - assouplir, ou carrément supprimer ? De la LCR au Front National, passage en revue du point de vue des candidats à la Présidentielle sur les 35 heures.
A droite
Bien que critiques, les deux principales formations évitent un déboulonnage en règle du principe.
L'UDF
"La manière dont les 35 heures ont été imposées n'est pas seulement une erreur, c'est une faute. La société française en a été profondément marquée, même si beaucoup de salariés ont trouvé un nouvel équilibre de vie dans cette organisation du temps de travail." François Bayrou
Dans ce débat, l'UDF avance toujours la même proposition depuis 2002, celle de François Bayrou: maintenir à 35 heures la durée légale du travail, rémunérer les quatre premières heures supplémentaires à 125% au-delà de 35 heures et exonérer les charges sociales en proportion pour les entreprises. Le but ? Casser "la logique infernale de la réduction du temps de travail" (sic) et permettre de travailler plus à ceux qui le souhaitent avec un mécanisme simple. La prime d'heures supplémentaires serait de 35 % pour tous les salariés, alors qu'actuellement elle n'est que de 10 % dans les entreprises de moins de 20 salariés et de 25 % dans les autres.
L'UMP
"La seule idée inexportable c'est les 35 heures." Nicolas Sarkozy.
Thierry Breton a beau voir dans le principe la cause de tous les maux (et surtout la croissance "zéro" du pays au dernier semestre...), l'UMP ne veut pas être l'épouvantail du progrès social. Du coup, comme à l'UDF, on vide la loi de sa substance mais sur le papier elle existe.
A gauche
Les partis de la gauche traditionnelle étaient réunis au sein de l'entité "gauche plurielle "du gouvernement Jospin lors du vote de la loi Aubry. Les avis divergent un peu aujourd'hui, le parti socialiste étant le plus prudent sur le dispositif Aubry
Le PC
Dès 1996, le parti communiste français propose à l'assemblée un ambitieux projet de loi sur la réduction du temps de travail avec passage aux 35 heures mais aussi ouverture de négociations par branches et entreprises pour aller vers une durée de 32 ou 30 heures, voire une semaine de quatre jours. Sa position est grosso modo toujours la même aujourd'hui.
LE PS
« les 35 heures ont été un progrès pour une majorité de salariés, mais une régression pour d'autres ». Ségolène Royal.
Merci de l'info, Ségolène. Officiellement, le parti socialiste veut pourtant généraliser les 35 heures mais lors des débats il provoqua de (légères) discordes : seul Laurent Fabius, suivant en cela le projet écrit, était clairement pour. Ségolène Royal, très attentive à l'opinion publique, a préféré noter les disparités d'application et la flexibilité accrue demandée aux salariés. Bon alors, qu'est-ce qu'on fait ? Pas de réponse pour l'instant...
LES VERTS
"Il y a quelque chose d'indécent dans la violence des charges qu'on entend chaque matin dans le poste contre les 35 heures". Dominique Voynet
Membres de la gauche plurielle, Les Verts avaient évidemment voté la loi Aubry et avaient vivement contesté les aménagements mis en place par la droite. Dernièrement Dominique Voynet s'est émue - et c'est bien la seule - des attaques obscènes selon elle dont faisait l'objet le principe même de la RTT. Elle propose de "relancer la lutte" pour "travailler tous, travailler moins, travailler mieux".
Extrême gauche
LO
"Si l'on doit ne travailler que 30 heures, on ne travaillera que 30 heures." Arlette Laguiller
Arlette fut contre les 35 heures à l'origine. D'après la candidate, elles rimaient avec flexibilité accrue et annualisation du temps de travail pour les salariés et cadeau sous forme d'aides pour les entrepreneurs. Elle est aussi contre le patronnat et les élus de droite qui veulent abroger la loi et s'en prend aux grands groupes ultrabénéficiaires qui dénoncent les accords RTT en faisant du chantage à l'emploi. Elle préconise la généralisation sans cadeau et sans flexibilité et la transformation de tous les contrats précaires en CDI.
LCR
Une réduction radicale du temps de travail, à 32 heures, voire 30 heures par semaine, est urgente. Tant que le chômage existe, la réduction du temps de travail doit se poursuivre jusqu'au retour au plein emploi.Olivier Besancenot".
Même position qu'Arlette Laguiller. Passage immédiat à 35 heures dans les entreprises de moins de vingt salariés, la marche vers les 32 heures sans perte de salaire ni exigeance de flexibilité, et embauches correspondantes obligatoires.
Extrême droite
FRONT NATIONAL
"Le socialisme étatiste rejoint ici le capitalisme financier dans son hostilité à l'entreprise familiale, à taille humaine et au métier libre." Jean-Marie Le Pen
Mot d'ordre : la liberté. Dans son discours de projet présidentiel, Jean-Marie Le Pen veut donner la possibilité d'avoir une activité quand on est à la retraite, travailler plus de 35 heures si on le souhaite, moins si on consent à se priver d'une retraite à taux plein. En gros le front prône un individualisme total dans la relation sociale sans trop évoquer le rapport de force employeur/employé dans un tel contexte. Dans le collimateur également : l'indemnisation du chômage.
MPF
"Plus de travail, pour moins d'impôts, l'artisanat plutôt que l'assistanat" Philippe de Villiers
Au plus simple : la suppression des 35 heures. Et une fixation populiste comme le Front national sur la toute petite entreprise.
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