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Dossier James Bond
En quatre décennies, James Bond est devenu un modèle inévitable dans le genre « espionnage à grand spectacle ». Dorénavant, chaque nouveau film de ce type doit se positionner par rapport à son image et ce qu'elle véhicule. Du plagiat pur et simple au rejet massif, passage en revue des fils et petits fils du commander Bond. La progéniture étant vaste, nous avons restreint le champ à quelques titres significatifs.
OSS 117 (1957 - 1971)
Non pas la parodie avec Jean Dujardin sortie en salles en 2006, mais ses sources, les films des années 60 adaptés des romans de Jean Bruce. Il est à noter que les premiers titres avec Hubert Bonisseur de La Bath alias OSS 117 ont été réalisés avant le Dr No avec Sean Connery, qui à l'époque cherchait à surfer sur la vague initiée par ce type de films. Ce n'est donc qu'après le succès des premiers Bond que les aventures de l'espion américain s'alignèrent sur ces derniers. Au point d'en perdre peut-être leur singularité. Il n'empêche, cette série de films n'a globalement aucun intérêt, sinon de montrer que, à l'instar des westerns spaghettis, les sous-James Bond fleurissaient à l'époque dans les cinémas de quartier. Et que sans eux, par contraste, 007 n'aurait peut-être pas été aussi prestigieux. Car au fond, qu'est-ce qu'un James Bond, sinon un banal récit feuilletonesque rendu spectaculaire par une débauche de moyens - en cela, les films des années 60 et 70 annonçaient tout un pan du ciné US qui émergea dans les années 80 - et élevé au rang de grand art.
Site à consulter pour en savoir plus: Le site de OSS 117
Modesty Blaise (Joseph Losey, 1966)
Monica Vitti est Modesty Blaise, une James Bond au féminin créée dans une BD signée Peter O'Donnell. Un générique de rêve (en plus de la belle italienne, on y trouve Dirk Bogarde et Terence Stamp), un réalisateur de talent et un scénario sans intérêt. Et le film date de 1966, un année presque érotique et qui a vu défiler une ribambelle de faux 007. C'est léger, sexy et très coloré. En somme, toutes les sixties concentrées en quelques minutes :
Opération Frère Cadet (Alberto de Martino, 1966)
Après Sean, voilà Neil. Le petit frère de Connery tourna dans ce nanar italien au titre évocateur et bourré de référence à l'univers bondien.
Une perle malheureusement trop rare qui aligne à son générique les noms de Lois Maxwell (Miss Moneypenny), Bernard Lee (M), Daniela Bianchi (JB girl de Bons baisers de Russie) et Adolfo Celi (le méchant de Opération Tonnerre).
Se Tutte le Donne del Mondo (Henry Levin et Arduino Maiuri, 1966)
Un milliardaire brésilien veut stériliser la race humaine à l'aide d'un satellite hyperperfectionné, pour ensuite repeupler la terre grâce aux superbes créatures qu'il a faites prisonnières. Mais heureusement un super agent secret américain (Mike Connors alias le Mannix de la TV) et une fille du MI-6 britannique, équipés d'une Rolls pleine de gadgets, parviendront à déjouer ses plans. Ce scénario délirant n'est pas sans évoquer celui de Moonraker, qui sera réalisé 12 ans plus tard ! Un film probablement trop avance sur son temps pour avoir retenu l'attention de ses contemporains, et dont le titre est en soi tout un programme : Si toutes les femmes du monde...
Matt Helm (1966 - 1969)
A l'origine, des romans signés David Hamilton, très violents. A l'arrivée, quatre films avec Dean Martin, le crooner de ses dames, plus proches de la comédie d'espionnage que du hard-boiled. Entre temps, mister Bond était passer par là, avec sa débauche de moyens et ses millions à n'en plus savoir qu'en faire. Il fallait bien surfer sur la vague du succès, quitte à produire des ersatz de toutes sortes. Matt Helm est de ceux-là, au même titre que les OSS 117 des années 60. Où l'on voit que Bond est très rapidement devenu un maître étalon, si je puis m'exprimer ainsi.
Mister Bond (Raj Sippy, 1992)
Un pur produit de Bollywood, l'industrie indienne du cinéma. Celle-ci ne s'encombre pas de problème de droits d'auteur, puisque l'ouverture du film est entièrement pompée sur Jamais plus jamais, le second film adapté du roman Opération tonnerre. Autrement dit, on a à faire à la copie d'un remake d'un film tiré d'un plagiat. La preuve en images, à comparer avec la vidéo du film avec Connery :
True lies (James Cameron, 1994)
Dans ce remake du film français La Totale, Arnold Schwarzenegger joue un espion qui cache à sa femme son véritable travail. Le film s'ouvre sur une mission accomplie dans une ambassade européenne recouverte de neige. Arnold y troque la combinaison de plongée contre le smoking et tout se terminera en course-poursuite explosive. Un morceau de bravoure qui est un hommage déclaré à l'univers de James Bond.
Mission : impossible (Brian De Palma, 1996)
A l'instar de True lies, l'ouverture du film se déroule dans une ambassade située à Prague. La mission de Tom Cruise consiste à s'infiltrer dans une partie sécurisée afin d'en extraire des documents confidentiels. Le film joue avec les smokings, le brouillard et l'atmosphère très « film d'espionnage », pour mieux s'en démarquer par la suite. Cruise crie bien fort que Bond est dépassé,qu'il a pris sa place
et que maintenant, l'action se doit d'être à la fois personnelle (dorénavant, les enjeux concerneront directement et intimement le héros) et élevée à la puissance dix.
XXX (Rob Cohen, 2002)
Quarante ans après son apparition au cinéma, James est passablement crevé. De jeunes loups aux dents longues en profitent pour essayer de prendre sa place et de le faire passer pour un ringard. L'agent XXX incarné par Vin Diesel est de ceux-là. Son créneau ? L'action permanente, et si possible spectaculaire. Du numérique en veux-tu en voilà, des gros bras, des explosions, et un saupoudrage de scénario. Un peu court comme concept, mais ça marche puisqu'une suite verra le jour en 2005. Papy Bond, toujours en quête de rajeunissement, cherchera d'ailleurs à l'imiter dans Meurs un autre jour (un film justement réalisé par Lee Tamahori, « auteur » de XXX 2). Il aurait mieux fait de s'abstenir.
Alex Rider : Stormbreaker (Geoffrey Sax, 2006)
Un ado découvre que son oncle qui vient d'être assassiné était en fait un espion. Il est alors contacté par le MI-6 - qui doit certainement avoir des problèmes de fonds et d'effectifs -, pour approcher le très riche et très dangereux Darrius Sayle. Adapté de romans à succès signés Anthony Horowitz, ce film s'adresse avant tout aux adolescents. Dernier en date dans le genre, il prouve que l'univers de 007, violent et axé sur le sexe, peut être décliné à destination des enfants. Grâce à un jeu avec les situations et les objets, ils reconnaissent les codes et s'en amusent. En retour, ce type de films montre tout l'aspect régressif et simplement jouissif des « vrais » James Bond.
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