A tout seigneur tout honneur : la plupart des acteurs estampillés 007 se sont vus proposer de reprendre le rôle le temps d'une apparition, d'une publicité ou d'un remake. Tous ont accepté, soit pour le plaisir de rejouer avec le Walter PPK, soit pour nourrir le chat et payer les factures. C'est un peu la compétition du « best Bond award ».


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Sean Connery : l'espion est éternel
Habituellement, on différencie les James Bond « officiels » et les autres. Traduisez : les films élaborés sous l'égide d'EON Productions et ceux qui ne le sont pas. Parmi ces derniers, on trouve Jamais plus Jamais (Never say never again, 1983).
En 1959, Ian Felming donne son accord à un jeune producteur, Kevin McClory, pour qu'il mette en chantier un film adapté des aventures de son héros. Un premier scénario est alors rédigé. Le contrat ne sera finalement pas signé par manque d'argent, ce qui n'empêchera pas Ian Fleming de se servir du script pour écrire Thunderball, sans citer ses sources. S'en suit un procès que le producteur gagnera en obtenant que son nom soit rattaché au roman dit dorénavant « d'après un scénario de ». Le producteur obtint ainsi les droits d'adaptation du livre et se vit exceptionnellement associé à EON productions pour le film Opération Tonnerre (1965), tiré du livre de Fleming.
18 ans plus tard, après des années d'imbroglios juridiques entre EON et McClory, ce dernier peut enfin produire son adaptation. On peut dire qu'il avait de la suite dans les idées. Sean Connery, qui n'est plus de la franchise J.B. depuis longtemps, accepte alors de reprendre du service. Il endosse une dernière fois le smoking pour ce remake du film qu'il tourna deux décennies plus tôt. Jamais plus jamais ne contient pas les habituels seconds rôles de la série « officielle » mais aligne à son générique Klaus Maria Brandauer et Kim Basinger. Et Connery, même vieilli, reste le Bond définitif et inégalable. Le film, très efficace, se révèle ainsi un excellent cru, respectant les codes du genre tout en se démarquant par une certaine ironie.
Pour autant, ce James Bond là a le goût du JB, l'aspect du JB mais n'est pas un véritable JB. On peut d'ailleurs s'en apercevoir dès le générique qui reprend les tics des « officiels » en les déclinant autrement. Sigle 007, chanson de générique, action sont bien là, mais comme décalés :

Ajoutons que par au moins deux fois, Connery accepta également de tenir des rôles très référentiels : celui du père d'Indiana Jones dans La dernière croisade (Steven Spielberg, 1989) , Indiana ayant été imaginé par Georges Lucas et Spielberg après que ce dernier eut fait part de son envie de réaliser un James Bond ; et celui d'un ex-agent secret britannique dans Rock (Michael Bay, 1996).

George Lazenby: Le James Bond du pauvre
George Lazenby n'a tourné qu'un seul Bond, Au service secret de sa majesté (1969). Il n'en reste pas moins définitivement associé au rôle. Et c'est ainsi qu'on a pu le voir rejouer au super espion dans un téléfilm des Agents très spéciaux, Return of the man from Uncle, en 1983. En smoking blanc au volant de la très reconnaissable Aston Martin DB 5 de Goldfinger, il vient en aide à au héros de la série, Napoléon Solo. Pour une raison de droit, le personnage n'arbore que ses initiales (ill. cent. et dte).
Apparition clin d'œil qu'il réitérera en 1989 en jouant dans Diamonds Aren't Forever (réf. aux Diamants sont éternels), un épisode de la série Alfred Hitchcock présente. Il y incarne un personnage se faisant appeler James et portant l'inévitable nœud papillon noir (ill. gche).

Roger Moore : l'espion qui s'amusait
Roger Moore n'a jamais piloté l'Aston Martin DB5 durant tout son service officiel auprès de sa Majesté. Il se retrouve pourtant à en conduire une dans Cannonball run, le célèbre film de course-poursuites de 1981. Il y joue Seymour Goldfarb, Jr, un homme qui prétend être Roger Moore et James Bond ! Funny, isn't it ?
Précisons que l'on aurait pu également inclure dans cette liste Moonraker, tant ce film ressort plus de la parodie et du comique que du thriller à grand spectacle. Moore n'y est d'ailleurs plus que l'ombre du personnage.

Timothy Dalton: agent triple zéro
Où était passé Timothy Dalton après Permis de tuer (1989)? De téléfilms en mini-séries, on le pensait fini. Et bien, on avait... raison. Voilà qu'il resurgit en 2003 dans le seul mauvais film de Joe Dante, Les Looney Tunes passent à l'action. En faux acteur sur le retour et vrai espion de bas étage, il fait une apparition aux côtés de l'éternelle Aston Martin. Le film entier est une parodie de la saga bondienne et son apparition tient bien sûr lieu de référence. Mais la magie n'opère pas, réduit qu'il est à jouer le faire-valoir de Brendan Fraser, Bugs Bunny et consorts.
Il a également fait une ridicule publicité pour une marque de cigarettes (cf. ci-dessous), lui qui du temps de Tuer n'est pas jouer (1987) avait refusé une pub où l'on aurait pu voir James arborant son Am-ex. La déchéance, je vous dis !

Pierce Brosnan : La C.B. de J.B.
En 2003, il s'est lui aussi prêté au jeu - bien rémunéré - de la publicité référentielle. S'il n'y joue pas à proprement parler 007, ce spot façon « film d'action », avec Zhang Ziyi en guest star, est néanmoins parsemé de citations extraites de la série. A vous de trouver lesquelles :

Manuel Merlet

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