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chronique de My name is Earl
Marié deux enfants :
Milieu des années 80, pendant que dans
Quoi de neuf docteur, le fils Mike rentre à 22H (oulala) après avoir fait le mur, une série s'apprête à foutre le feu au salon de la
middle-class américaine.
Marié deux enfants narre le quotidien d'une tribu
white-trash :Al, vendeur de chaussures, sa femme dépensière et feignasse, son fils puceau et sa fille nympho.
Sur un marché de la famille déprimé, la valeur morale chute sévèrement : la mobilité sociale et le confort du rêve américain laissent place à l'abus de confiance, la paresse et l'instrumentalisation de son prochain.
Le plus : Sur le plan formel, la série avance déguisée en sitcom de fin d'après-midi : unité de décor en carton, rires enregistrés, trame narrative calibrée en usine. Sauf que tout le monde est moche.

Seinfeld (1991) :
Peut-on faire rire avec de l'humour juif à l'intérieur d'une série qui parle de rien.
"Euh... et sans bébé qui parle ?" se demandent les industriels du divertissement.
NBC rafle la mise,
Seinfeld réunit dux ans plus tard 30 millions de téléspectateurs rien qu'aux Etats-Unis.
Le plus :
Seinfeld pousse à son paroxysme l'univers artificiel de la sitcom tout en lui proposant une bouffée d'oxygène philosophique. Moralité : La série intelligente ça marche.
Friends confirme dans la foulée.

Malcolm :
Encore une famille de dingues. Moins
white trash qu'il n'y parait,
Malcolm reprend en mode absurde les codes de l'
american way of life que les classes moyennes en plein effondrement social ne peuvent plus suivre. Du coup pour dépasser leur condition, parents et enfants sont forcés à la surenchère.
Life is unfair nous dit le générique.
Le plus : trop chtarbée pour ne pas être à l'étroit dans un pavillon, la sitcom prend l'air : Fêtes foraines et ranch du Middle West enrichissent le potentiel comique, du coup on peut se passer des rires enregistrés.

Arrested developpment :
Le paternel de la famille Blooth part en taule pour liberté prise à l'égard d'à peu près toutes les lois régissant le business (jusqu'au délire : des contrats avec Saddam Hussein pour construire des pavillons en Irak). Le fils aîné reprend les rennes de la PME familiale où tout le monde tape dans la caisse; son aîné pour financer une carrière de magicien, sa (géniale)bimbo de frangine pour se lancer dans de délirantes lubies caritatives. Moins vénal, le dernier rejeton est castré par une mère vampirique.
Bref, impossible à résumer
Arrested development reprend pour mieux les éclater tous les thémes habituels (la famille, le rêve américain, le déclassement social). La surenchère vaut aussi pour le comique de situation basé sur d'innombrables quiproquos et autres irrésistibles lapsus. Une course à l'absurde qui laisse vite le téléspectateur KO : après un démarrage parfait et un gros succès critique la série se crashe au baromètre audience.
Le plus : y a que du plus mais si vous y tenez c'est souvent tourné caméra à l'épaule. La classe on vous dit.

My name is Earl :
Après le sommet
Arrested development, cette série de la Fox tente une dernière fois le cocktail mais le propose moins épicé - et honnêtement moins bon. N'empêche ça marche mieux. La France reste sceptique et seul le cable propose une diffusion via Paris Première. La refilera-t-elle ensuite à tutelle M6 ?
Le plus : Fluctuat a été jusqu'à lui consacrer une
chronique.