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"J'étais là en 1968. J'étais là au premier concert
de Can à Cologne. Je perds le fil pour les explorateurs d'Internet qui peuvent me citer chaque membre de chaque bon groupe de 1962 à 1978. J'étais là quand Captain Beefheart a lancé son premier groupe. Je lui ai dit "Ne le fais pas comme ça. Tu ne feras jamais un centime." J'étais là." chante cranement James Murphy, co-fondateur de DFA Records dans "Losing My Edge", l'hymne originel de LCD Soundsystem. Et que l'on aime ou pas sa musique de "punk-funk sucker", on aime James Murphy pour ça : l'aptitude à faire résonner dans nos cœurs la passion de la musique. A la manière d'un Nick Hornby électro, Murphy et Tim Goldsworthy (également parti prenante du projet UNKLE) sont restés des fans transis et leurs mines d'anti-héros de l'électro nous enchantent.
Et pourtant, qui aurait cru, il y a 4 ans, que ce single barré allait exploser toutes les barrières entre genre ? LCD Soundsystem et DFA records, c'est le punk rock qui rencontre l'électro. Une house crade, plus proche des expérimentations de Can ou de The Fall que de n'importe quel producteur de l'époque. Il suffisait alors de jeter un œil sur les pochettes des deux premiers maxis ("Yeah !" compris) pour capter l'idée derrière LCD Soundsystem. Un groupe de fans, découvrant l'acid house sur le tard et décidant de se lancer dans la danse (c'est le cas de le dire) ! Au final, une réussite. L'esprit à la fois déconneur et agressivement prétentieux du projet ne pouvait que séduire un public techno en mal de personnalités sulfureuses à adorer.
Depuis LCD Soundystem l'album, les commandes affluent. DFA est le label qui a fait découvrir The Raptures (qui les a quitté il y a peu), mais qui signe aussi les projets les plus improbables, comme le krautrock planant de Delia Gonzales & Gavin Russom (l'incroyable Days of Mars), mais aussi les proches de The Liars, Black Dice ou encore les étranges The Juan Maclean. Bref, une belle brochette de barjots, totalement inadapté aux lois du marché. Autre fait d'arme d'importance, DFA est le seul duo de producteur qui rende écoutable la pire daube, commerciale ou non. Pour preuve, ce Chapter 2 de la collection de remixes réalisés par Murphy et Goldsworthy.

Il est vrai que l'on peu frémir à la vue du line up de ce DFA Remixes Chapter Two. L'auditeur a ainsi le choix entre le "Shake Your Coconuts" de Junior Senior (qui ?) ou l'abominable "Far From Home", titre qui - pour le coup - nous pousserait presque à dire du mal de nos amis homosexuels (je me comprends). Voilà pour le côté pile. Côté face, en revanche, on trouve le "In A State" d'UNKLE, "She wants To Move" des excellents N.E.R.D, le "Slide In" de Goldfrapp, deux bons titres de Hot Chip et de Chromeo et, cerise sur le gâteau, "The Hand That Feeds" de Nine Inch Nails. C'est là qu'intervient le miracle DFA. Tous ces titres sont transcendés. Du pire (Junior Senior, Tiga et pour certains, Chromeo) au meilleur (N.E.R.D. ou NIN), le son DFA résonne dans les dents des danseurs potentiels que nous sommes. Les basses (la grande recette DFA) claquent et ronronnent tour à tour, éclipsant les maigres ressources des groupes sus-cités. Au final, l'opus se révèle presque indispensable, illustrant encore une fois l'adage selon lequel la foi peut tout surmonter. Un miracle, vous dis-je !
DFA Remixes Chapter Two
James Murphy et Tim Goldsworthy
DFA / EMI / Labels
Sur le Web :
- le blog myspace du DFA Remixes (2 morceaux du premier chapitre, 2 du second)
- le site officiel de DFA
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