Lorsqu'il s'éteint le 18 juillet 1750, Jean-Sébastien Bach a 65 ans et le monde de la musique perd l'un des plus prolifiques, novateurs et géniaux compositeurs de son histoire. A la lumière de la sortie du coffret "Tout Bach", retour sur la vie et l'oeuvre d'un grand.
Jean-Sébastien Bach naît à Eisenach, en Allemagne, le 21 mars 1685 dans une famille de musiciens. Quatrième fils d'Elisabeth Bach et de Johann Ambrosius, son père est renommé pour sa maîtrise instrumentale et joue pour la ville d'Eisenach ; il initie très tôt son fils aux différents instruments à cordes, et tout spécialement au violon.
Sa mère Elisabeth meurt le 3 mai 1694. Le 27 novembre suivant, Johann se remarie avec une veuve, Barbara Margaretha Bartholomäi, mais décède aussi très vite, le 20 février 1695. Le jeune Bach n'a que dix ans.
Il est pris sous la tutelle de son frère aîné Johann Christoph, organiste à Ohrdruf et qui se chargera de son initiation à cet instrument extrêmement difficile. Très vite pourtant, l'adolescent montre des aptitudes aussi bien dans la pratique des instruments que dans l'étude du latin et de la théologie : tout sa vie, Bach considérera en effet la musique comme "le plus doux présent de Dieu"... et s'il compose pour ses élèves, le Seigneur n'y est jamais en reste.
Au sortir de ses études, Jean-Sébastien devient violoniste dans l'orchestre du duc de Weimar. Il s'épanouit en tant que musicien et explore alors sans entraves les possibilités musicales qui lui sont offertes. Il se fait bientôt nommer organiste de la ville d'Arnstadt, en 1704 à 19 ans !
Il quitte Arnstadt en 1707 pour Mülhausen où il se marie avec sa cousine Maria Barbara. Il s'en retourne à Weimar l'année suivante et en devient l'organiste officiel. En 1714, il est nommé Konzertmeister. Usant de toutes les sonorités et de tous les timbres offerts par les grands orgues de la ville de Weimar, son jeu virtuose, aussi riche que varié, émerveille ses contemporains. Mais Bach brûle d'envie de quitter cette ville dans laquelle il s'ennuie. Apprenant la nouvelle, le Duc de Weimar le fait aussitôt emprisonner.
En 1717, le prince Leopold d'Anhalt-Köthen, grand amateur de musique, le fait libérer et l'invite à sa cour pour en faire le compositeur attitré. Il y trouve tout le confort pécunier et amical qu'il désire. Mais la mort de sa femme Maria Barbara le bouleverse et le fait songer à quitter lacour du prince. Sa décision est renforcée de plusisuers motifs : le prince Léopold étant calviniste, Bach ne peut composer de musique sacrée, ce qui lui manque énormément. La femme du prince le détournait régulièrement des arts. Et le prestige de Bach resterait forcément limité dans une cour, tandis qu'un poste de Kantor (une sorte de prêcheur musical, chargé de l'éducation par la musique, proche du pasteur, le Kantor collabore à l'organisation du culte afin de relier le chant d'assemblée à la prédication) dans la ville de Leipzig reste vacant.
Bach se remarie donc en 1721 à Anna Magdalena, fille d'un grand musicien et choriste à la cour, avant de convoler à Leipzig pour y devenir Kantor en 1723. Il restera à Leipzig jusqu'en 1750, et c'est là qu'il composera le gros de son œuvre.
Sa production est très riche, très variée, et surtout très régulière tout au long de sa vie : Bach n'a rien du génie torturé. La musique a toujours été un moyen d'expression naturel et positif à ses yeux, tandis même que sa recherche musicale est à contrecourant de ce que font ses contemporains. Considérant ce "don de Dieu", il l'exploite en explorant toujours plus avant les possibilités mélodiques, les ruptures harmoniques, les nuances, tandis que ses pairs élaborent des règles de plus en plus strictes sur les formes que la musique "doit" revêtir, produisant plusieurs sortes de moules (comme quoi, l'uniformisation des musiques n'est pas une nouveauté). Autant de moules que Bach se plait à faire voler en éclats.
En d'autres temps, plus obscurs et dans d'autres pays, il aurait pu être considéré comme hérétique (en dépit de sa foi réelle et sincère) tant ses compositions semblent faire fi des usages alors de mise dans la musique, spécialement dans la musique religieuse.
Un second facteur de son influence sur le monde musical réside peut-être dans le caractère à la fois intemporel et trans-genre de sa musique. Au-delà des échos que l'on peut y trouver dans la musique classique et contemporaine, Bach est totalement "intégrable" dans les musiques populaires d'aujourd'hui : Jacques Loussier par exemple, dans son album Take Bach, joue ses plus grands thèmes à la façon du jazz et la sensation est toujours la même : ça fonctionne parfaitement, cette musique vieille de presque trois siècles semble avoir été écrite pour le jazz. De même, Pink Floyd dans "Atom Heart Mother" exploite des harmonies bachiennes en diable (dans la partie orgue + violon) comme avant eux les Beatles dans "Eleanor Rigby". Plus récemment encore, la bande son d'une publicité mariait à merveille rythme hip-hop et la première suite pour violoncelle seul.
Les exemples jalonnent massivement toute la musique occidentale depuis sa mort pour montrer et démontrer une chose : Jean-Sébastien Bach est LE compositeur.
Sur le web
Sur le Web :
- le catalogue des oeuvres de Bach
- le tag Bach sur Archive.org, avec des morceaux dedans
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