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Weeds - Saison 1

Weeds : Ecran de fumette


Weeds - Saison 1


Le jeudi soir à 22H 15 sur Canal Plus

Les médias ont dores et déjà décrété que Weeds était la série événement de la rentrée. Le laboratoire de Flu se devait de donc tester la THC et répondre à cette impérieuse question : Weeds est-elle vraiment de la bonne came ?


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Weeds est-elle une série subversive ?
La série décrit le quotidien de types plutôt décomplexés face aux normes : des quadras pépères qui se droguent assez ouvertement et achètent à l'occasion des autorisations thérapeutiques bidons. Des gamines de douze ans vivent leur homosexualité. Faire de la thune en vendant de la drogue -comme le personnage principal Nancy Botwin - ou détester ouvertement sa progéniture n'est pas un problème non plus.
Sur le plan politique, Bush en prend pour son grade quand le beau-frère de Nancy Botwin manque de se faire couper le pied pour participer à une guerre illégale en Irak. Rétrospectivement, American Beauty et son apologie débile du mc job et sa pseuso-diatribe anti-conformiste passe pour un pétard mouillé.
D'un autre côté même si c'est dur, tout le monde y trouve son compte et personne ne moufte. La drogue, comme les séries "poil à gratter", garantit la paix sociale.

Weeds est -elle une série qui fait golri ?
Dotée d'un solide sens de l'absurde qu'affectionnent les fumeurs de pet, Weeds a le sens de la réplique qui déchire : ainsi quand Doug et Andy polémiquent très sérieusement dans le salon sur ce qui sépare la bite du trou du cul, la bonne, appelée en arbitre, rétorque : "une table basse".
Relativement réaliste, la série n'oublie pas les symboles outranciers et donc drôles : comme cette caisse de boissons gazeuses tombée d'un avion qui s'éclate sur le pavillon de Cecilia et figure la violence destructrice du capitalisme.

Weeds peut-elle provoquer une crise d'angoisse ?
A l'instar du stupéfiant du même nom, Weeds peut créer des bons moments de "flip", l'impression sourde que le système vous conduit irrémédiablement vers la marge et que parfois, comme Nancy, on a envie de s'effondrer au réveil ou au volant de sa caisse.

Weeds fout-elle la dalle ?
Grave. Quand Doug et Andy se remplissent des saladiers de saloperie en regardant des programmes de haute volée (video gags), impossible de ne pas se ruer sur son paquet de chips ou son pot de nutella.

Weeds est - elle crédible ?
Comme le note Jean-Pierre Galand, les quadras y fument au moins autant que les jeunes, ce qui mathématiquement est crédible après trois générations de fumeurs décomplexés. A l'inverse de Desperate Housewives, Weeds montre les déboires sentimentaux des personnages sans occulter la frustration sexuelle (cf l'étonnante scène de gode de Nancy). Par ailleurs, l'ambivalence morale des personnages y est moins tranchée que dans les autres séries du genre et donc d'autant plus réaliste.
Gros problème quand même : trouver de la beuh de cette qualité est à notre connaissance un peu plus compliqué. Et avoir un 4X4 rutilant et une confortable maison sans bosser c'est flag.

Weeds aime-t-elle la beuh ?
En tout cas la plupart de ces personnages l'aiment et se défoncent dès qu'ils le peuvent. A noter que le cannabis a pemis à Nancy de développer une très jolie PME, grande source de création d'emplois comme chacun sait. Une solution pour le retour de la croissance ?
Mais les redescentes sont raides : parfois Nancy - qui ne fume pas - a envie de monter une vraie patisserie plutôt que de participer à l'anesthésie collective.

Weeds est - elle addictive ?
S'il est difficile pour le mâle hétéro-basique de décrocher son regard de celui de la délicieuse Nancy et d'être repu au bout d'un épisode de seulement trente minutes, la mécanique dramaturgique un peu convenue ne surprend pas longtemps.

Daniel de Almeida

|   Jean-Pierre Galland (CIRC) >>>