Rien ne sera plus pareil après l'accident de moto. Dylan est décidé à se débarrasser de son image de prophète d'une génération et va s'y employer de la manière la plus radicale.
La convalescence de [people]Bob Dylan[/people sera productive : il remonte le second documentaire que D.A. Pennebacker lui a consacré pour en faire le film expérimental Eat The Document et, surtout, il s'enferme avec les Hawks dans une maison baptisée Big Pink, où ensemble ils enregistrent quotidiennement reprises et compositions originales dans un état d'esprit détendu et informel, sans album en vue.
Il en ressort deux pierres angulaires de la musique populaire américaine : les Basement Tapes, premier bootleg largement diffusé (qui finira par sortir officiellement en 1975) et The Band, les Hawks devenus une entité indépendante.
Quand il fait son retour public fin 1967, Dylan est décidé à prendre son public à revers avec une série de disques déstabilisants qui n'ont rien de la fulgurance des précédents ou de la décontraction des Basement Tapes : l'austère John Wesley Harding, le country Nashville Skyline et surtout le volontairement médiocre Self Portrait. Le fait que public et critiques de l'époque ne sachent que penser d'un disque qui apparaît rétrospectivement clairement comme un doigt d'honneur montre à quel point Dylan avait besoin de leur ramener les pieds sur terre.
L'album suivant, l'anecdotique New Morning (1970), est donc perçu comme un retour en forme. La bande son du film de Peckinpah, Pat Garrett & Billy The Kid, sera bien meilleure, ne serait-ce que pour "Knockin on Heaven's door". En 1974 sort Planet Waves, album de la réunion avec le Band qui sera suivi d'une énorme tournée. Public et critique se sont habitués à un Dylan seventies plus terre à terre, moins prolifique et surtout moins bon que lors de la décennie précédente. Pourtant, lorsqu'à la fin de la tournée sa séparation d'avec Sara Lownds est rendue publique, son album à venir devient l'objet des plus grandes espérances.
Quand il sort enfin en 1975, Blood on The Tracks est effectivement le meilleur travail de Dylan depuis Blonde on Blonde. Bien que les paroles ne traitent de la rupture que de façon oblique, que le couple ne divorcera que deux ans plus tard et que son auteur lui même en ait nié l'aspect autobiographique, le disque est inextricablement lié à cet événement. Depuis sa sortie, chaque nouvel album de Dylan, s'il n'est pas trop raté, se voit affublé du titre de "meilleur depuis Blood On The Tracks". On a en réalité déjà bien de la chance quand il s'agit du meilleur depuis Desire, l'album suivant, témoignage studio de la Rolling Thunder Review, une tournée chaotique avec un ensemble de musiciens/artistes allant de Joan Baez à Allen Ginsberg.
En 1979, Dylan prend son public et l'Eglise par surprise en se déclarant Born Again Christian. Il sort trois albums de chansons religieuses assez mauvais (seul le premier, Slow Train Coming, mérite d'être sauvé) et pendant un temps refuse de jouer ses vieilles chansons "séculières" en concert. Quand il revient à des préoccupations plus terre à terre, les années quatre vingt ont déjà commencé et, comme beaucoup d'artistes de sa génération, Dylan connait une période qu'on qualifiera avec indulgence d'inégale. Partagées entre modestes projets entre amis (Dylan & The Dead, Traveling Wilburys) et tentatives de réactualisation qui ont mal vieilli (Empire Burlesque, Oh Mercy) ces années n'ont globalement d'intérêt que pour les fans complétistes (et l'album Infidels). On retiendra surtout qu'en 1988 il lance la bien nommée Never Ending Tour, dans laquelle il revisite son répertoire depuis bientôt vingt ans.
C'est - encore une fois - quand on ne l'attendait plus vraiment que Dylan signe un excellent album en 1997 avec Time Out of Mind, une série de réflexions amères sur l'amour et la mort auxquelles un récent accident cardiaque vient donner un poids supplémentaire. Pour une fois, le titre de "meilleur album depuis Blood on The Tracks" n'est pas volé. Mieux encore, en 2001 l'excellent Love and Theft montre un artiste rajeuni, loin des ruminations morbides du disque précédent, qui s'amuse à revisiter différents style de musique américaine et ravit le titre tant convoité de son prédécesseur. Entre la sortie de cet album et l'annonce de son successeur cinq ans plus tard (le plus long vide dans la discographie de Dylan), il n'aura pas arrêté de tourner, et les attentes pour Modern Times sont au plus haut, tandis qu'on doute de plus en plus que Dylan mourra un jour.
Sur le web
Sur le Web :
- Le site officiel de Bob Dylan sur Columbia Records
- Le blog Myspace de Dylan (quatre standards en écoute)
ROCK || HIP HOP || REGGAE || ...
Lee Hazlewood / Courtney Love / Patrice /
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Afficher par : naissance / nationalité / métier / genres / labels

|
|
|
| + | Les Proies : des places de ciné à gagner |
| + | Des maxis de Mangrove à gagner |
| + | Les Promesses de l'ombre : des DVD à gagner |
Zoom sur
Busta Rhymes / Alain Bashung / Radiohead / Coldplay / Jamie Lidell / Amy Winehouse / Portishead / Prince / Nerd / Etienne Daho / Lou Reed / The Roots
L'abécédaire des titres
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Tous les titres, les paroles, albums et titres par années
- All Angels Gone 4 Juillet à La Scène Basti...
- Clips et copncerts de Bob Marley
- Forum Guitare
- les havrais
- All Angels Gone 4 Juillet à La Scène Basti...