Philippe Caubère présente les six volets du cycle « L'homme qui danse » au Théâtre du Rond-Point. 18 heures de saga, seul en scène, pour dérouler, encore et encore, le fil d'une existence tout entière vouée au théâtre. 18 heures de saga où il campe Claudine, sa mère, Ariane, son Pygmalion, Ferdinand, son double de théâtre, et tous les autres. C'est tordant, émouvant, intelligent.


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« Etre raconteur d'histoires, magicien d'Oz, diseur de bonne aventure, chanteur et tout ce que cela suppose... En tout cas, être ce fameux personnage, carrefour d'états, de visions, de jeux et dialogues en tous genres ». Ainsi commencent les Carnets d'un jeune homme, journal intime de Philippe Caubère, écrit entre 1976 et 1981 et publié en 1999. Un journal aux allures de manifeste, qui porte déjà les bases de l'art de Caubère, expérience profonde à nulle autre pareille, et qui tient en une phrase : « Parler de moi, que ce soit quand même une histoire, et que ça sorte sous mille figures ». C'est ce que fait le comédien, clown brillant, depuis 25 ans, alors qu'il pensait, à l'origine, y passer cinq ou six ans seulement.

25 ans donc, qu'il déroule le fil d'une autobiographie aux allures d'épopée, avec humour, émotion, cruauté parfois. 25 ans qu'il enfile des masques invisibles et que, par une seule posture, une inflexion de voix, une cape ou une couronne enfilée, il incarne, seul, les mille et un personnages qui ont jalonné son existence. 25 ans qu'il puise dans ses souvenirs, justes, fantasmés, romancés, extrapolés parfois, la matière de ses improvisations truculentes, puis de textes au cordeau, derrière une légèreté apparente.

Après Le Roman d'un acteur, en 1993, place aujourd'hui à l'Homme qui danse, né d'une première mouture, La danse du diable. En trois volets de deux fois trois heures chacun, sur un plateau presque nu, il convoque fantômes et êtres bien vivants pour raconter, tour à tour, sa naissance, la découverte de ses deux idoles, Johnny et Gérard Philipe - chacun disputant à l'autre la première place du panthéon -, ses premiers cours de théâtre, une révolution culturelle avortée à Avignon ou encore son incarnation de Molière sous l'œil amusé, agacé, affectueux de sa maman, Claudine.

A la manière des héros beckettiens de Fin de partie, on pourrait s'interroger : ça ne finira jamais, ça va peut-être finir, ça va finir. Oui, mais comment ? La création de l'épilogue, prévue au festival d'Avignon cet été, a été reportée. Sine die. Philippe Caubère avouait récemment avoir eu beaucoup de mal à boucler ce cycle autobiographique, comique et fantastique. La part d'inachevé...
Il confiait en tout cas réfléchir, voilà peu, à une nouvelle saga qui pourrait mettre en scène, cette fois, son père. Ce serait une autre histoire. Ça ne finira donc sans doute jamais, et c'est tant mieux. L'homme danse, l'homme joue sa vie. Intensément, totalement.

L'Homme qui danse ou la vraie Danse du diable
Philippe Caubère
Comédie fantastique en six épisodes écrits, mis en scène et joués par Philippe Caubère après avoir été improvisés vingt ans plus tôt devant Jean-Pierre Tailhade et Clémence Massart.
Au Théâtre du Rond-Point
Du 15 septembre au 30 décembre 2006

Nedjma Van Egmond



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Sur le Web :
- le site de Philippe Caubere
- le site officiel du Théâtre du Rond Point.

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