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Exposition au Centre Pompidou - 11 octobre-6 novembre 2006
Fabrique à images, à sons, à slogans, à processus interactifs : le sous-sol de Beaubourg propose une plongée dans « Fabrica », laboratoire italien de recherche en communication, créé en 1994 par Luciano Benetton et Oliviero Toscani.
Design, musique, cinéma, photo, nouveaux médias sont autant de disciplines explorées par des créateurs de 18 à 25 ans, venus des quatre coins du monde. Choc et provoc à première vue, l'expo, un peu brouillonne, recèle pourtant quelques points d'intérêt, et vous donnera surtout envie d'en apprendre plus. Ailleurs et autrement.
Choc et provoc. On se souvient tous des campagnes United Colors of Benetton qui, dans les années 90, avaient fait hurler un certain nombre de tenants de l'ordre moral. C'est à Fabrica qu'on les devait. De l'italien « atelier », le laboratoire de recherches en communication voyait le jour en 1994, à l'initiative de l'industriel Luciano Benetton et du designer Oliviero Toscani. Objectif originel, servir la stratégie publicitaire de la marque. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que le but a été atteint. Mais Fabrica ce n'est pas seulement ça.
C'est d'abord un site, créé en pleine campagne près de Trévise par l'architecte japonais Tadao Ando. Là-bas, dans une bâtisse futuriste, une ruche créative, la réunion de jeunes créateurs du monde entier, âgés de 18 à 25 ans et sélectionnés chaque année, sur dossier, pour venir enrichir la fabrique de leur inspiration fulgurante. Ils sont 450 à s'y être succédés depuis les débuts de Fabrica.
Pub privée et nobles causes
Ce sont des campagnes de publicité privée, mais aussi de communication pour des organisations non lucratives, car Fabrica a fait siennes la défense de nobles causes, de la liberté de la presse à la lutte contre le racisme, de la défense de la sécurité routière à la lutte contre la faim. Ainsi Reporters sans Frontières, l'Organisation mondiale de la santé, le Programme alimentaire mondial, SOS Racisme ou encore la FAO (Food and Agriculture organization) font appel à ses services, régulièrement.
Et elle conserve, d'une certaine façon les mêmes recettes -choc et efficaces- pour vendre un pull-over, ou lutter contre l'insécurité routière. Avec une prédilection toute particulière pour le rouge. Ici, un visage baigné de sang voisine avec un micro qui affiche « News ». Là, une main en serre une autre, totalement faite en fils barbelés. « Welcome to the Usa » s'inscrit en lettres majuscules. Un homme noir a le bras amputé. En prolongement de son coude, une cuiller et le slogan « Food for life ». Pas de doute, ça marque.
Parcours de l'exposition
Au niveau moins un du centre Pompidou, l'exposition Fabrica : les yeux ouverts nous ouvre donc les yeux sur un processus de création qui a largement montré son utilité. Un parcours divisé en quatre zones.
- La première, évoquée ci-dessus, fait surtout la part belle à la communication visuelle. Elle aligne les campagnes de communication sur les thèmes : communication visuelle, la nourriture pour la vie, ou la violence.
- La seconde zone, dont le but avoué est de « dénoter l'ouverture sur le monde caractéristique des activités de Fabrica » présente des reportages photos réalisés aux quatre coins de la planète et regroupés sous le titre « I see ». Particulièrement intéressantes, les séries Life and death d'Ashley Gilbertson, qui explore cérémonies de deuil et rites de naissance en Autriche et Under the weather, sur l'évolution inquiétante du climat en Chine, entre extension des déserts, et assèchement des rivières.
- La troisième zone met en avant les expérimentations interactives. Un peu gadget et anecdotique, à l'exception du saisissant Evidence de Godfrey Reggio. Sur la musique lancinante, inquiétante de Philip Glass, des enfants regardent fixement dans notre direction, mine hagarde, apeurée, et sourcils froncés. L'auteur dresse un parallèle avec des personnes plongées dans la stupeur, dans des hôpitaux psychiatriques ou sous l'emprise de la drogue. Les gamins sont en fait en train de regarder la télé...
- Enfin, dans la quatrième zone, on se plonge plus en profondeur sur l'identité de Fabrica : visite virtuelle de ses bâtiments, autoportraits vidéos de ses boursiers, très inspirés pour certains.
Il a des allures d'installation en chantier, il se décline assez confusément, ce parcours. On imaginera que c'est précisément pour montrer les chantiers permanents qui occupent les membres de Fabrica. Il aura en tout cas éveillé la curiosité concernant cette entité riche et singulière et donné envie d'aller plus avant, notamment en se baladant sur son site web, lui, très riche et intelligemment conçu.

"Fabrica : les yeux ouverts"
Exposition au Centre Pompidou
Du 11 octobre au 6 novembre 2006
Sur le web :
- Le site du Centre Pompidou
- Le site web de l'expo La Fabrica (en anglais)
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